Gabriele d'Annunzio
Né en 1863, mort en 1938, tour à tour dandy, poète, amant (l'un n'exclut pas
l'autre : "Mon poème est chaud de toi", écrit-il à une maîtresse), député du
parti de la Beauté, vainqueur de Fiume où il établit une Constitution pour
l'époque utopique, mais quasi réalisée de nos jours en tout cas en France,
prince de Montenevoso, il est un des plus grands esprits du début de ce
siècle. Son exil à Paris en 1910 pour cause de scandale et de dettes est
marqué au début par la rencontre avec le comte Robert de Montesquiou-Fezensac,
illustre rejeton de D'Artagnan et non moins illustre (en tout cas à l'époque)
homosexuel écrivain . Le couple de dandys éveillait alors bien des rumeurs.
Mais D'Annunzio, c'est d'abord les femmes et ensuite les femmes. Il
continue ses frasques en France tout en obtenant l'admiration d'un nombre
incalculable d'artistes et d'écrivains du début de siècle aussi différents
que Barrès ou Gide. Personne apparemment dans les salons littéraires parisiens
ne résiste à son esprit lors de son séjour, si bien qu'il a dû fuir en
Province pour pouvoir travailler. C'est Montesquiou qui a conseillé
D'Annunzio sur le choix de Debussy pour mettre en musique son drame sacré
Le Martyre de Saint Sébastien.
Musique