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INTER CENTRES LGBT
Fédération française des CGL et des bénévoles qui se destinent
à l'accueil des personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans)

LES "OUBLIÉ(E)S" DE LA MÉMOIRE
Association nationale civile homosexuelle
du devoir de mémoire

       

COMMUNIQUÉ N°IC/CP/05/18
Lyon, le samedi 23 avril 2005

Journée nationale du souvenir de la déportation
L'UNDIVG ET LA FNDIRP OUVRENT UN DIALOGUE CONTRASTÉ AVEC LES SIGNATAIRES DE L'APPEL DU 15 MARS SUR LE SOUVENIR DE LA DÉPORTATION POUR HOMOSEXUALITÉ

(Résumé. – L'UNDIVG a reçu deux signataires de l'appel du 15 mars 2005. Par ailleurs, la FNDIRP a écrit à l'ensemble des signataires de cet appel. Enfin, le colonel Mercier, auteur du rapport publié le 15 novembre 2001 par la Fondation pour la mémoire de la déportation, a rencontré un signataire de cet appel. Au terme de ces échanges, la FNDIRP envisage que le thème du concours national de la résistance et de la déportation puisse porter, une année, sur la déportation des minorités. Cette avancée est réelle. Elle reste en deçà des perspectives ouvertes en 2001 par le Premier ministre puis en 2005 par le président du Sénat)



     

Loi du 14 avril 1954
consacrant le dernier dimanche d'avril
au souvenir des victimes de la déportation...

© 1954, JORF

   
Dimanche 24 avril sera célébrée la prochaine Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. Soixante ans après la libération des camps et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, cette commémoration verra, plus encore que d'habitude, la nation se rassembler pour pérenniser la mémoire de la déportation et célébrer les valeurs qui en sont issues. En signant l'appel du 15 mars 2005, trois formations politiques et vingt associations LGBT* ont appelé les déporté/es, les élu/es et l'État à laisser une place au souvenir de la déportation pour homosexualité partie de France durant la Seconde Guerre mondiale.

Mardi 12 avril, deux des signataires de cet appel étaient reçus deux heures durant par l'UNDIVG (Union nationale des déportés, internés et victimes de guerre), représentée par son président, Monsieur René Clavel. La Fédération des CGL était représentée par un de ses secrétaires nationaux, David Auerbach. Les "Oublié(e)s" de la Mémoire étaient représentés par leur vice-président, Philippe Couillet. Cette délégation accueillait également Michel Celse – normalien, agrégé d'Allemand, auteur de l'article "Nazisme" dans le "Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes" (paru aux éditions Larousse en 2003), auteur avec Pierre Zaoui de l'article "Négation, dénégation : la question des triangles roses" dans "Consciences de la Shoah : critique des discours et des représentations" (paru aux éditions Kimé en 2000). Mercredi 20 et jeudi 21 avril, Monsieur Clavel recevait de nouveau, deux heures durant au total, David Auerbach.

Mercredi 13 avril, la FNDIRP (Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes), représentée par son secrétaire général, Monsieur Robert Créange, adressait une lettre aux signataires de l'appel du 15 mars.

Jeudi 14 avril, un des signataires de cet appel était reçu deux heures durant par le colonel Claude Mercier, auteur du rapport publié le 15 novembre 2001 par la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD), qui a permis la reconnaissance officielle du fait historique d'une déportation pour homosexualité ayant touché plusieurs dizaines de personnes parties de France (qu'elles soient parties d'Alsace-Moselle annexée de fait, ou parties d'autres départements français, car requises du travail en Allemagne, puis arrêtées en Allemagne). La Fédération des CGL était représentée par David Auerbach. Cette délégation accueillait également Michel Celse.

1°/ À titre personnel, le colonel Mercier s'est prononcé favorablement sur les chefs de discussion formulés avec l'appel du 15 mars. Il a rappelé que son rapport "a été approuvé sans abstention ni opposition par les associations de déporté/es" – précisant toutefois que "l'UNDIVG n'a jamais voulu s'associer à quelque travaux de mémoire que ce soit de la FMD depuis la création de cette dernière" (précision corroborée le 22 avril par l'actuel directeur de la FMD). Le colonel Mercier a ensuite évoqué les suites concrètes de son rapport et notamment l'apposition du triangle rose, aux côtés des six autres triangles et des deux étoiles de David de la déportation, sur l'oriflamme et sur la stèle du mémorial de l'île de la Cité. Il a enfin estimé qu'outre Pierre Seel, certaines des personnes recensées dans ce rapport étaient encore vivantes à ce jour, mais qu'il serait impossible de les amener à témoigner, car elles étaient au soir d'une vie passée pour l'essentiel dans un "contexte social et moral très rigoriste" (aux termes même de son rapport, page 10). La délégation en est convenue et a rappelé que ce contexte avait été nourri par la législation homophobe promulguée par le maréchal Pétain puis confirmée par le général de Gaulle et abrogée le 4 août 1982 seulement.

2°/ Pour sa part, concernant le deuxième chef de discussion relatif à la participation aux cérémonies, le président de l'UNDIVG a indiqué qu'il accueillerait avec plaisir les personnes rappelant la mémoire des déporté/es pour homosexualité, si elles participaient aux cérémonies en mémoire de tou/tes les déporté/es, et si elles ne portaient pas de "signe distinctif" à cette occasion.

3°/ Concernant le troisième chef de discussion, relatif au "message des associations" lu à l'occasion des cérémonies, le président de l'UNDIVG a estimé que ce message ne pouvait pas citer les huit motifs de déportation évoqués par le ministre délégué aux anciens combattants le 15 avril dernier. Monsieur Clavel s'est interrogé sur le caractère officiel de ces huit motifs. En même sens, la FNDIRP a estimé que cela n'était "pas souhaitable" car ces "différents motifs [...] sont très divers". Cet argument circulaire paraît surprenant car les noms des camps sont souvent énoncés un par un au cours des cérémonies sans que leur "diversité" constitue un obstacle. En outre, c'est précisément parce que ces motifs sont "très divers" qu'il conviendrait de les citer. Notamment, évoquer ainsi la déportation pour homosexualité contribuerait à "faire oeuvre pédagogique en rappelant ce qui a motivé les persécutions homophobes, et en permettant une mise en perspective historique qui la rende plus perceptible ou lisible aux yeux de nos concitoyen/nes" (communiqué n°IC/CP/05/13 du 14 avril).

4°/ Les 12, 20 et 21 avril, sur le quatrième chef de discussion relatif à la participation au financement de la "gerbe unique" déposée au cours des cérémonies, le président de l'UNDIVG a indiqué qu'il accueillerait "comme un frère" un/e déporté/e pour homosexualité/e parti/e de France qui voudrait participer au financement voire au dépôt de la gerbe unique. Il a cependant constaté que la délégation ne comprenait aucun/e déporté/e pour homosexualité. Il a ajouté qu'il ne connaissait aucun/e déporté/e pour homosexualité parti/e de France. La délégation a rappelé les conclusions du rapport du 15 novembre 2001 et ajouté que les rares déporté/es pour homosexualité encore vivant/es à ce jour n'ont jamais témoigné de leur déportation, à tout le moins de son motif, et n'en témoigneront plus maintenant qu'ils sont au soir de leur vie (comme l'a souligné le colonel Mercier). Le seul à avoir brisé ce silence, Pierre Seel, est aujourd'hui âgé de 81 ans et serait selon certaines associations gravement malade sinon mourant. Dès lors, exiger qu'un autre Pierre Seel se manifeste après soixante années de silence, c'est faire obstacle à la mémoire des déporté/es pour homosexualité. Monsieur Clavel a cependant refusé de se prononcer sur la validité du rapport publié par la FMD (laissant penser qu'il n'était pas certain de sa neutralité)... Il a rappelé qu'il n'avait jamais connu, ni durant sa déportation, ni après, de déporté/e pour homosexualité parti/e de France (laissant penser qu'il estimait qu'il n'y avait pas eu de déporté/e pour homosexualité parti/e de France)... Il a noté que Pierre Seel avait reçu une carte de déporté politique et non de déporté pour homosexualité (laissant penser qu'il estimait que l'État ne reconnaissait pas l'existence de cas de déportation pour homosexualité partie de France)... La délégation a mis en avant les déclarations de Lionel Jospin, Premier ministre, le 26 avril 2001, de Christian Poncelet, président du Sénat, le 5 avril 2005, de Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants, le 15 avril 2005. Le président de l'UNDIVG n'est pas revenu sur ses positions (laissant penser qu'il estimait que ces déclarations ne valaient pas reconnaissance de l'existence de cas de déportation pour homosexualité partie de France)...

Le 13 avril, en même sens, la FNDIRP a estimé que "le financement et le dépôt des gerbes lors de la cérémonie d'hommage aux héros et aux martyrs de la déportation doit rester le fait des anciens déportés et de leurs descendants" car "ces gerbes honorent l'ensemble des déportés". Cet argument paraît pour le moins contradictoire car si les gerbes uniques honorent l'ensemble des déporté/es, alors l'ensemble des personnes qui souhaitent honorer la mémoire de l'ensemble des déporté/es doit pouvoir participer ne serait-ce qu'au financement de ces gerbes... sauf à les voir cesser d'être "uniques". Par ailleurs, chacun/e sait que les déporté/es pour homosexualité, qu'ils aient ou non eu des enfants, n'ont à l'exception de Pierre Seel jamais rien dit de leur déportation, à tout le moins de son motif, et n'en diront rien maintenant qu'ils sont au soir de leur vie. Dire que "le financement et le dépôt des gerbes lors des cérémonies doit rester le fait des déportés et de leurs descendants", c'est faire obstacle à la mémoire des déporté/es n'ayant pas eu d'enfants, c'est faire obstacle à la mémoire des déporté/es qui ont dû se taire à jamais parce que le motif de leur déportation était socialement dévalorisant : homosexuels, asociaux, chômeurs... C'est faire un tri entre de "bon/nes" déporté/es, dignes de mémoire, et de "mauvais/es" déporté/es.

Le 14 avril, pour sa part, le colonel Mercier a rappelé son attachement au principe de la "gerbe unique" déposée avec un bandeau bleu blanc rouge en mémoire de "tou/tes les déporté/es parti/es de France". La délégation a manifesté son attachement à ce principe, rappelant toutefois que la "communauté de sort" partagée par les déporté/es quel que soit leur motif de déportation impliquait selon elle une "communauté de financement" de cette gerbe entre les associations rappelant la mémoire des déporté/es... quel que soit leur motif de déportation.

6°/ Concernant le sixième chef de discussion, relatif aux recherches sur la déportation pour homosexualité, le colonel Mercier a rappelé que son rapport s'était d'emblée présenté comme un rapport d'étape appelant à des recherches plus approfondies (notamment en ses pages 4, 9 et 10). Pour sa part, le président de l'UNDIVG s'est déclaré favorable à de telles recherches puis a conclu l'entretien en s'affirmant "de tout coeur" avec la délégation, se prononçant "pour la liberté et le droit de l'individu" et "pour le respect de l'individu quel qu'il soit".

7°/ À propos du septième chef de discussion, relatif au thème du concours national de la résistance et de la déportation, la FNDIRP a conclu sa lettre en estimant que "peut-être pourrait-il, une année, être question de la déportation des minorités".

Ces deux dernières prises de position de la FNDIRP et du président de l'UNDIVG se démarquent de l'homophobie, ce qui souligne le caractère complexe voire paradoxal de l'ensemble de leur réflexion qui paraît parfois s'en démarquer moins. Ce caractère, déroutant, rend plus nécessaire encore le dialogue tous azimuts ouvert après l'appel du 15 mars. Ce dialogue suppose à l'évidence d'être mené dans le respect de l'expérience vécue par les déporté/es. Pour autant, il ne suppose pas que les associations qui le mènent renoncent à leurs convictions. Entre respect et convictions, il est ardu. Il est possible parce que l'honneur et l'unité de la communauté nationale demandent qu'elle reconnaisse les violences subies par ses membres sans distinguer selon leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

* Les trois formations politiques (proches de la majorité ou de l'opposition) signataires de l'appel du 15 mars sont "Aujourd'hui, autrement", "On est là !", et la Commission nationale LGBT des Verts. Les vingt associations LGBT signataires sont la Fédération des CGL, le Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits, les "Oublié(e)s" de la Mémoire, la Coordination InterPride France, les Flamands roses, Mélo'Men et les Gais et lesbiennes branchés, rejointes par le collectif Homoboulot et par la fédération nationale jeune et étudiante mOules-frItes.

 

     

 

 

 

Pour l'INTER CENTRES LGBT,
Matthieu
Alexandre

Porte-parole délégués
porteparolat@inter-centres-lgbt.org

 

Pour les "Oublié(e)s" de la mémoire,
Le Président,
Jean-Marc Astor
+33 (0)4 91 50 50 12
ajma@mac.com

 

[a] Voir le communiqué n°IC/CP/05/17 du 22 avril dernier : "Christian Poncelet, président du Sénat, "souhaite que le souvenir de la déportation homosexuelle ait sa place le 24 avril"".
http://inter-centres-lgbt.org/11R/11Rcp11.html

[b] Voir les sites Internet consacrés aux commémorations de la déportation homosexuelle en France par la Fédération des CGL, l'association Hexagone gay et les Gais et lesbiennes branchés :
http://inter-centres-lgbt.org/trianglesroses2004.html
http://www.france.qrd.org/texts/rubrique.php3?id_rubrique=14

[c] Lettre de la FNDIRP du 13 avril dernier : "Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes/ 10 rue Leroux – 75116 PARIS/ Tel : 01 44 17 38 38 – Fax : 01 44 17 38 44/ par e-mail : [contact@inter-centres-lgbt.org]/ Paris, le 13 avril 2005/ Mesdames, Messieurs,/ Le 10 février 2005, une délégation au plus haut niveau de la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes – créée il y a 60 ans, à la libération des camps – composée de Messieurs Maurice Cling, Président-délégué, Jacques Debord et Maurice Voutey, membres de la Présidence, et Robert Créange, Secrétaire Général, ont rencontré une délégation des organisations homosexuelles (MDH et Inter-LGBT)./ Au cours de cette rencontre chaleureuse, la FNDIRP a exposé sa position concernant différents problèmes./ Il nous semble donc pas utile de rencontrer d’autres associations, d'autant plus qu'il en existe un nombre important et qu'une rencontre nous semble suffisante. C'est la décision prise par notre Bureau Exécutif réuni le mardi 12 avril 2005./ Les positions de la FNDIRP y ont été rappelées :/ - le financement et le dépôt des gerbes lors de la cérémonie d'hommage aux "héros et aux martyrs de la déportation" doit rester le fait des anciens déportés et de leurs descendants ; ces gerbes honorent l'ensemble des déportés ;/ - en ce qui concerne le message pour ce même jour – commun aux différentes fédérations de déportés – il ne nous semble pas souhaitable de citer les différents motifs de déportation, ils sont très divers ;/ - le thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation ne peut concerner une seule catégorie de déportés. Peut-être pourrait-il, une année, être question de la déportation des minorités./ Nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, à l'assurance de nos sentiments les meilleurs./ Robert CRÉANGE/ Secrétaire Général de la FNDIRP".


mOules-frItes est la fédération française des associations de jeunes et d'étudiant–e–s LGBTQ. Réseau de pairs informel dès 2001 puis fédération structurée, soutenue par la DGS et l'INPES, elle partage ses activités sur plusieurs pôles : la lutte contre l'homophobie avec des actions ciblées sur l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, la promotion de l'estime de soi et ses liens avec la prévention VIH/IST par la conception d'outils adaptés, le développement du tissu associatif jeune et étudiant et la formation de ses bénévoles. Elle est co-responsable de l'organisation des événements de juin 2005, "Homosexualité et Sida", dans le cadre "Sida Grande Cause nationale". mOules-frItes est composée de quinze associations jeunes et étudiantes, lesbiennes et gaies : À jeu égal (Grenoble), Angel (Montpellier), Commune Vision (Rennes), Dégel (Université de Jussieu, Paris), Etudiants contre le Sida (Lyon), H'open U' (Nîmes), Homonormalité (HnL, Écoles Normales Supérieures, Lyon), Homonormalité (HnT, École Normale Supérieur Ulm, Paris), Homozygote (Reims), Contre-Courant (Campus de Gif-sur-Yvette), EsCaPe (ESCP-EAP, Paris), Homos et Bis d'Orsay - HBO (Université d'Orsay, Paris), MAG (Paris), Moove ! (Lyon), Wake Up ! (Bordeaux).

Le collectif Homoboulot est composé de douze associations professionnelles lesbiennes, gaies, bi et trans : 3HVP, Les Affranchis, AFMGL, Comin-G, CGay, ÉnerGay, "Flag !", "Gare !", Homobus, Personn'Ailes, Rainbhôpital et Les Telles & Tels.

L'INTER CENTRES LGBT fédère les CGL de France et leurs Membres associés.
Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les sept CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris et Reims, et leurs 30 Membres associés à Amiens, Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Massy, Marseille, Mont-de-Marsan, Montpellier, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes, Rivière-Salée, Rouen et Sarreguemines, au Tampon, à Toulouse, Tours, Troyes, Valence et Versailles.
Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans à travers toute la France. Ils accueillent environ 30.104 personnes par an (données 2003/2004 recueillies auprès de 21 Membres).
L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le SNEG et par Connection. Elle est membre du Collectif pour une autorité indépendante universelle de lutte contre les discriminations, du Collectif "Jerusalem World Pride 2005" et des Gais et lesbiennes branchés.


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INTER CENTRES LGBT
French Federation of Gay and Lesbian Centres and volunteers dedicated to supporting LGBT people (lesbians, gays, bi- and trans-sexuals)

LES "OUBLIÉ(E)S" DE LA MÉMOIRE
(The "Forgotten" of Remembrance - a civilian association of homosexuals with a duty for remembrance)

PRESS RELEASE No.IC/CP/05/18
Lyons, Satursday, the 23rd of April 2005

National Day of Remembrance for the Deportation
UNDIVG AND FNDIRP OPEN UP CONTRASTING DIALOGUES WITH THE SIGNATORIES TO THE 15th OF MARCH APPEAL ON REMEMBERING DEPORTATIONS FOR HOMOSEXUALITY

(Summary. UNDIVG met two signatories to the appeal of the 15th of March 2005. Meanwhile, FNDIRP wrote to all the signatories to the appeal. Finally, Colonel Mercier, the author of the report, published by the Foundation for Remembering the Deportation on the 15th of November 2001, met one of the signatories to this appeal. At the end of these exchanges, FNDIRP thought that the set theme for the national essay comion on the resistance and the deportation could some year be on the deportation of minorities. This is a real step forwards. It is not going as far as the ideas initiated by the Prime Minister in 2001 and then by the Senate President in 2005.)

On Sunday the 24th of April the National Day of Remembrance for the Victims and Heroes of the Deportation will be held. Sixty years after the liberation of the camps and the end of the Second World War, this commemoration will witness the country coming together, more than usually, to maintain the memory of the deportation and to celebrate the values that stem from it. By signing the appeal of the 15th of March 2005, three political organisations and twenty LGBT associations* called upon the deportees, elected representatives and the government to make room for remembering the deportations from France for homosexuality during the Second World War.

On Tuesday the 12th of April, two of the signatories to this appeal held a two hour meeting with UNDIVG (National Union of Deportees, Internees and War-victims) represented by its president Mr René Clavel. The Federation of GLCs was represented by one of its national secretaries, David Auerbach. Les "Oublié(e)s" de la Mémoire was represented by its vice-president, Philippe Couillet. This delegation also included Michel Celse, graduate of a top University and a specialist in German studies. He is the author of the article on "Nazism" in the "Dictionary of Gay and Lesbian Cultures" (published by Larousse in 2003), and co-author, with Pierre Zaoui, of the article "Refusal and Denial: the pink triangle question" in "Imagining the Shoah: a critique of discussions and representations" (issued by Kimé in 2000). On Wednesday the 20th and Thursday the 21st of April Mr Clavel met David Auerbach once again for two hours.

On Wednesday the 13th of April, FNDIRP (National Federation of Deportees, Internees, Resistance fighters and Patriots), in the person of Mr Robert Créange, its Secretary General, sent a letter to the signatories of the 15th of March appeal.

On Thursday the 14th of April one of the signatories to this appeal had a two hour meeting with Colonel Claude Mercier, author of the report published by the Foundation for Remembering the Deportation (FMD) on the 15th of November 2001. This allowed official recognition to be given to the deportations from France for homosexuality which affected several dozen people. (Some of these had been deported from the annexed provinces of Alsace and the Moselle; others had been deported to work in Germany and had subsequently been arrested there.) The Federation of GLCs was represented by David Auerbach, and also involved Michel Celse.

1. On a personal level Colonel Mercier commented favourably on the points of discussion set out in the 15th of March appeal. He stated that his report "had been approved by the associations of deportees without abstention or opposition" - explaining however that "UNDIVG had never wanted to be associated with any work of remembrance by FMD, ever since the latter's creation". (This was confirmed on the 22nd of April by FMD's current Director.) Colonel Mercier then mentioned some real consequences of his report, especially the addition of a pink triangle to the banner and memorial plaque on the Île de la Cité, joining the six other triangles and the two stars of David representing deportees. He suggested that, apart from Pierre Seel, several other persons mentioned in his report were still living. It would, however, be impossible to get them to speak up, since they were now at the end of a life which had been lived for the most part "within a very strict social and moral context" (as his report says on page 10). The delegation agreed and stated that this context had been sustained by the homophobic legislation passed by Marshal Pétain and confirmed by General de Gaulle, only being rescinded on the 4th of August 1982.

2. UNDIVG's president referred to the second point of discussion concerning participation in the ceremonies and indicated that, for his part, he would with pleasure welcome people who wanted to remember the homosexual deportations, provided they were participating in memory of all deportees and so long as they did not wear any "distinctive badge" at these events.

3. The third point of discussion concerned the "message from the associations" to be read during the ceremonies. The UNDIVG president felt that this message could not mention all the eight reasons for deportation highlighted by the Minister for Veterans on the 15th of April. Mr Clavel queried the official nature of these eight reasons. Similarly, FNDIRP felt that this "was not desirable" as these "different reasons... were so diverse". This circular argument seemed surprising, as the names of the camps are often read out one by one during the ceremonies without their "diversity" constituting an obstacle. Furthermore, it is precisely because the reasons are "so diverse" that it would be right to read them out. In particular, mentioning deportation for homosexuality would "be very educational in recalling what had led to the persecution of homosexuals, putting these in an historical perspective which would make them more clearly understood by fellow citizens" (Press Release No.IC/CP/05/14 of the 14th of April)

4. On the 12th, 20th and 21st of April, the UNDIVG president discussed the fourth point of discussion - that of contributing to the "communal wreath" to be laid during the ceremonies - He indicated that he would welcome "as a brother" anyone deported from France for homosexuality who wished to contribute to or indeed participate in the laying of a communal wreath. He did nonetheless observe that that the delegation included no-one who had been deported for homosexuality. He added that he did not know anyone who had been deported from France for homosexuality. The delegation referred to the conclusions of the report of the 15th of November 2001. They added that those few people deported for homosexuality still living had never spoken up about their experience, or at least about the reason for it, and would not do so now that they are at the end of their days (as Colonel Mercier had highlighted). The only one to break this silence, Pierre Seel, is now eighty one years old and, according to some associations, is seriously ill, if not dying. Given that, demanding that another Pierre Seel should show up after sixty years of silence is to put an obstacle in the way of remembering those deported for homosexuality. Mr Clavel nevertheless declined to comment on the validity of the report published by FMD (leaving us to think he was not convinced of its impartiality). He stated that he had never, during his deportation or afterwards, knew of anyone deported from France for homosexuality (leaving us to think he felt that there never had been anyone deported from France for homosexuality). He noted that Pierre Seel's deportation card was for political reasons and not for homosexuality (leaving us to think he felt that the government did not recognise the existence of deportations for homosexuality). The delegation referred to the declarations of the Prime Minister, Lionel Jospin, on the 26th of April 2001, of the Senate President, Christian Poncelet, on the 5th of April 2005 and of the Minister for Veterans, Hamlaoui Mekachera on 15th of April 2005. The UNDIVG president did not go back on his comments (leaving us to think he felt these declarations did not validate the recognition of the existence of cases of deportations from France for homosexuality).

Similarly, on the 13th of April FNDIRP felt that "the financial arrangements for, and the laying of, wreaths during the ceremonies of homage towards the heroes and martyrs of the deportations should be left to former deportees and their descendants" as "these wreaths honour all deportees". This argument appears at the very least contradictory, since, if the communal wreaths are meant to honour all deportees, everyone who wishes to honour the memory of all of the deportees should be able to help, if only financially, with the wreaths - otherwise they would cease to be "communal". Besides, everyone knows that those who were deported for homosexuality, whether or not they have children, have, with the exception of Pierre Seel, never said anything about their deportation, at least not about the reason for it. Nor will they say anything about it now that they have reached the end of their days. To say that "the financial arrangements for, and the laying of, wreaths during the ceremonies should be left to former deportees and their descendants" is to put an obstacle in the way of remembering those deportees who do not have children, and to put an obstacle in the way of remembering those deportees who have to remain forever silent because the reason for their deportation carries a social stigma - homosexuals, the marginal, unemployed... It means choosing between "good" deportees, worthy of remembrance and "bad" deportees.

On the 14th of April, Colonel Mercier, for his part stated his commitment to the principle of a "communal wreath", laid with a red, white and blue ribbon in memory of "all those deported from France". The delegation declared its commitment to this principle. Nonetheless, they stated that the "common fate" of all deportees no matter what the reason for their deportation called, according to them, a "common financial contribution" for this wreath from all associations remembering the deportations - whatever the reason for their deportation.

6. On the sixth point of discussion, concerning research on deportations for homosexuality, Colonel Mercier stated that his report had been produced as a preliminary report calling for more detailed research (especially on pages 4, 9 and 10). For his part, UNDIVG's president said he was himself well disposed towards such research. He then ended the meeting by confirming he was "whole heartedly" with the delegation in declaring himself "in favour of the freedom and rights of the individual" and "for respect for the individual, no matter who he or she might be".

7. On the seventh point of discussion - that of the set theme for the national essay comion on the resistance and the deportations - FNDIRP ended its letter in suggesting that "perhaps some year it could be on the deportation of minorities".

These last two positions taken by FNDIRP and the president of UNDIVG do not appear homophobic. This highlights the complex, indeed paradoxical, character of the totality of their thoughts, which sometimes seem more so. This, somewhat disconcerting, character again necessitates the multi-point dialogue which was opened following the 15th of March appeal. This dialogue was obviously supposed to be carried out with respect for the experiences undergone by the deportees. Nonetheless, it is not to be supposed that the associations involved have given up on their beliefs. Between respect and beliefs, dialogue is very difficult. But it is possible because the honour and unity of the whole community of the nation demands that it recognise the violence suffered by its members without distinction of orientation or gender identity.

* The three political associations (aligned with either the parliamentary majority or the opposition) which signed the 15th of March appeal were: "Aujourd'hui, autrement", "On est là !" and the Greens' National LGBT Committee. The twenty LGBT associations which signed the 15th of March appeal were: the Federation of GLCs, the Collective against Homophobia and for Equal Rights, the "Forgotten" of Remembrance, Coordination InterPride France, Pink Flemings, Mélo'Men and Smart Gays and Lesbians, joined by the Homoboulot Collective and the national youth and student federation mOules-friItes.

[a] Re. press release No.IC/CP/05/17 on April 22th: "Christian Poncelet, president of the Senate, "would like the memory of homosexual deportations to have its due place on 24 april"".
http://inter-centres-lgbt.org/11R/11Rcp11.html#en

[English translation of the above French original text. In the event of any differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated by T.E.]

UNDIVG and FNDIRP open up contrasting dialogues with the signatories to the 15th of March appeal on remembering deportations for homosexuality

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V03IC__200504191133MIDA/V02IC__200504181008CMER/V01IC__200504171453ICR_

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L'UNDIVG et la FNDIRP ouvrent un dialogue contrasté avec les signataires de l'appel du 15 mars sur le souvenir de la déportation pour homosexualité
http://inter-centres-lgbt.org/11R/11Rcp12.html
Mis en ligne le 23 avril 2005

INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés
Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003)
contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/
c/o J'En Suis, J'Y Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille
Sept Membres titulaires : CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, J'En Suis, J'Y Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie
Vingt-cinq Membres associés : An Nou Allé ! (CGL Martinique), Arc-en-ciel 31 (Toulouse), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires),
Mimi (Nice), Siegfried  des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François de l'ancienne Maison de l'homosocialité de Bordeaux, Bernadette  de l'ancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux),
Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), Émergence 57 (Sarreguemines), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs)
Données à jour au 11 octobre 2004
UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES
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