COMMUNIQUÉ N°IC/CP/05/16 Journée nationale du souvenir de la déportation (Résumé. – Un mois après
un premier entretien le 11 mars dernier, le cabinet du ministre délégué
aux anciens combattants a reçu trois signataires de l'appel du
15 mars 2005 pour le souvenir de la déportation homosexuelle, signé
par trois formations politiques proches de la majorité ou de l'opposition
et par vingt associations LGBT. Le 8 avril, le ministre délégué
a signé une circulaire plus favorable à ce souvenir que
celle de l'année précédente. Le même jour,
le directeur général de l'ONAC a signé une autre
circulaire favorable à ce souvenir. Les engagements pris le 11
puis le 30 mars ont ainsi été globalement tenus. Cependant,
les signataires de l'appel du 15 mars doivent rester mobilisés :
le 24 avril n'est pas encore passé...)
Lundi 11 avril, trois des signataires de cet appel étaient reçus une heure durant par le cabinet du ministre délégué aux anciens combattants (MIDAC), Hamlaoui Mekachera. La Fédération des CGL était représentée par un de ses secrétaires nationaux, David Auerbach. Les "Oublié(e)s" de la Mémoire étaient représentés par leur vice-président, Philippe Couillet. Les Mélo'Men étaient représentés par leur vice-président chargé des relations externes, Laurent Bellini. Cette délégation accueillait également Michel Celse – normalien, agrégé d'Allemand, auteur de l'article "Nazisme" dans le "Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes" (paru aux éditions Larousse en 2003), auteur avec Pierre Zaoui de l'article "Négation, dénégation : la question des triangles roses" dans "Consciences de la Shoah : critique des discours et des représentations" (paru aux éditions Kimé en 2000). [La délégation de signataires a indiqué que les lettres-types annexées à l'appel du 15 mars avaient effectivement été envoyées par 17 des associations signataires ou affiliées*** à trois maires, un président de conseil général, environ 158 parlementaires, 12 préfet/es, 9 directeurs départementaux de l'ONAC, une délégation territoriale de la FMD et au moins 19 associations locales de déporté/es.] La délégation a ensuite évoqué l'évolution des chefs de discussion formulés avec l'appel du 15 mars : 1°/ Concernant le premier chef de discussion, relatif à la préparation des cérémonies des Journées du souvenir de la déportation en 2005 et après, la délégation a fait état du dialogue ouvert avec l'ONAC (Office national des anciens combattants et victimes de guerre) sur l'invitation du cabinet du MIDAC. Le directeur général de l'ONAC a signé le 8 avril une circulaire aux directions départementales de l'ONAC, afin qu'elles tiennent les "associations rappelant la mémoire de personnes déportées en raison de leur homosexualité" informées "des décisions prises à l'occasion de réunions de préparation départementale" des cérémonies. Toutefois, cette circulaire ne reprend pas explicitement le souhait formulé avec l'appel du 15 mars en vue de permettre à ces associations de formuler des suggestions sur cette préparation. 2°/ Concernant le deuxième chef de discussion, relatif à la participation aux cérémonies, la délégation a fait état du dialogue ouvert sur ce point avec l'ONAC. La circulaire de son directeur général demande également à ses directions départementales de "permettre à ces associations d'être invitées aux cérémonies selon un protocole à définir notamment en relation avec le Préfet". Simultanément, une circulaire du MIDAC en date du 8 avril demande aux mêmes préfet/es de "veiller à ce que ces cérémonies permettent d'évoquer l'ensemble des victimes de la déportation", et ajoute que "toutes les associations qui les représentent doivent donc y être conviées". La délégation a souligné que cette dernière formulation pouvait être interprétée dans un sens excluant les associations rappelant la mémoire des personnes déportées en raison de leur homosexualité. Le cabinet de Monsieur Mekachera a indiqué que cette formulation incluait bien ces associations et s'est engagé à prendre contact avec les préfectures où subsisteraient des difficultés. En même sens, dans un entretien publié le 15 avril par le magazine "Illico", le MIDAC a déclaré que "toutes les catégories de victimes sont identiques", que "chacune de ces catégories est respectable" et que les cérémonies doivent "évidemment lui rendre hommage au même titre qu'aux autres". Hamaloui Mekachera a ajouté que "tout le monde sera invité" et que "des associations homosexuelles le seront aux cérémonies officielles au même titre que les autres". 3°/ Concernant le troisième chef de discussion, relatif au "message des associations" lu à l'occasion des cérémonies, la délégation a fait état du dialogue ouvert avec deux associations de déporté/es, la FNDIR (Fédération nationale des déportés et internés de la résistance) et l'UNADIF (Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus), ainsi qu'avec la Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD). Le message des associations qui sera lu dimanche 24 avril est déjà écrit et n'évoquera pas les différents motifs de déportation. En revanche, celui qui sera lu dimanche 30 avril 2006 pourrait faire l'objet d'une concertation. Par ailleurs, la circulaire du MIDAC annonce qu'il adressera un "message aux anciens déportés et au monde combattant". La délégation estime que ce "message ministériel" devra, pour être en cohérence avec la circulaire ministérielle et avec l'entretien publié le 15 avril, "évoquer l'ensemble des victimes de la déportation" et notamment de la déportation pour homosexualité. Le cabinet de Monsieur Mekachera n'a donné aucune assurance sur ce point. 4°/ Sur le quatrième chef de discussion, relatif à la participation au financement de la "gerbe unique" déposée au cours des cérémonies, la délégation a fait état du dialogue ouvert sur ce point avec la FNDIR, l'UNADIF et la FMD. Toutefois, vendredi 15 avril, les signataires de l'appel du 15 mars ont appris que la FNDIR, l'UNADIF, l'ADIR (Association des déportées et internées de la résistance) et la FNDIRP (Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes) leur refusaient de participer au financement de la gerbe unique déposée à Paris au cours de la cérémonie "nationale". La délégation estime que ce refus remet en cause le principe de la gerbe unique et espère que d'autres villes (comme Biarritz ou Marseille en 2004) ne suivront pas Paris sur ce point. Elle rappelle que ce refus légitime le dépôt d'une gerbe distincte après les cérémonies officielles, si ce n'est au cours de ces cérémonies (comme au Mans en 2004). 5°/ Sur le cinquième chef de discussion, relatif au site Internet de la "Mission du soixantième anniversaire de la libération des camps et de la fin de la Deuxième guerre mondiale", la délégation constate que ce site ne mentionne toujours aucune occurrence des termes "homosexuel/le/s", "noir/e/s" ou "rom/s". Elle estime que pour se placer en cohérence avec l'esprit des déclarations ministérielles du 8 et du 15 avril, la Mission doit combler cette lacune. Le cabinet du MIDAC s'engage à s'occuper rapidement de cette question. 6°/ Concernant le sixième chef de discussion, relatif aux recherches sur la déportation homosexuelle, la délégation a fait état du dialogue ouvert sur ce point avec la FMD. Elle a indiqué que selon la FDM, il se confirme que "le rapport Mercier est un rapport d'étape dont certaines données doivent être précisées voire actualisées", notamment par l'étude de "fonds archivistiques inexplorés" et "encore peu accessibles à la recherche historique". Le cabinet de Monsieur Mekachera a cependant exclu toute commande publique permettant l'exploration de ces fonds. 7°/ À propos du septième chef de discussion, relatif au concours national de la résistance et de la déportation, la délégation a fait état du dialogue ouvert sur ce point avec la FMD. * Les trois formations politiques signataires de
l'appel du 15 mars sont : "Aujourd'hui, autrement",
"On est là !" et la Commission nationale
LGBT des Verts.
[a] Voir le communiqué
n°IC/CP/05/15 du 20 avril : "La FNDIR et l'UNADIF
prennent connaissance de l'appel du 15 mars pour le souvenir de la déportation
homosexuelle". [b] Voir les sites Internet
consacrés aux commémorations de la déportation homosexuelle
en France par la Fédération des CGL, l'association Hexagone
gay et les Gais et lesbiennes branchés : [c] Circulaire du 8 avril 2005 du ministre délégué aux anciens combattants : "Liberté - Égalité - Fraternité/ République française/ Ministère de la défense/ Le Ministre délégué aux Anciens Combattants/ Paris, le 08 avril 2005/ n°556A/ Le ministre délégué aux anciens combattants/ à/ Mesdames et messieurs les préfets/ Objet : Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation/ 60ème anniversaire de la libération des camps/ L'hommage que la France rend chaque année aux victimes et aux héros de la Déportation aura lieu, cette année, le dimanche 24 avril./ Pour marquer le 60ème anniversaire de la libération des camps de concentration et d'extermination, le Gouvernement souhaite donner une ampleur exceptionnelle à cette journée./ À Paris, le Président de la République présidera la principale cérémonie nationale. Dans votre département, conformément aux dispositions de la loi n°54-415 du 14 avril 1954, il vous appartiendra de prendre toutes les mesures nécessaires pour que soient organisées les manifestations officielles. Vous ferez en sorte qu'elles revêtent cette année une solennité particulière. Vous voudrez bien inviter les maires à faire de même. Je vous saurais gré de ne pas ménager l'appui des autorités civiles et militaires. Je vous demande par ailleurs de veiller à ce que ces cérémonies permettent d'évoquer l'ensemble des victimes de la déportation. Toutes les associations qui les représentent doivent donc y être conviées./ Pour cette circonstance, j'adresserai un message aux anciens déportés et au monde combattant, que vous voudrez bien leur lire comme le veut l'usage pour ce type de manifestation patriotique./ Les bâtiments publics seront pavoisés aux couleurs nationales et une minute de silence et de recueillement sera observée sur tous les stades où se dérouleront des compétitions sportives./ Je souhaite que la population et, tout spécialement la jeunesse, soit très largement associée et puisse participer à cet hommage national. Cette journée du souvenir doit offrir l'opportunité d'organiser pour les élèves des établissements scolaires des rencontres avec les témoins de cette époque, permettant ainsi aux jeunes générations d'oeuvrer pour le devoir de Mémoire que nous devons aux victimes du nazisme./ Enfin, vous veillerez à ce que les manifestations, leur horaire, leur contenu, soient le mieux connus possible de la presse écrite et audiovisuelle, afin que le relais de l'information joue pleinement son rôle./ Si vous deviez rencontrer des difficultés dans l'organisation des cérémonies relevant de votre responsabilité, je vous saurais gré de bien vouloir m'en rendre compte sous le présent timbre./ Hamlaoui MEKACHERA". [d] Circulaire du 8 avril 2005 du directeur général de l'ONAC : "Direction des Missions/ Département de la Mémoire Combattante/ ASP/FMC/2005 - N°278/ Paris, le 8 avril 2005/ Le Directeur Général/ à/ Mesdames et Messieurs les Directrices et Directeurs/ des services départementaux/ Objet : "Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation"/ Le 30 mars dernier, j'ai reçu monsieur David AUERBACH, secrétaire national de la Fédération française des centres gais et lesbiens et des bénévoles qui se destinent à l'accueil des personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (INTER CENTRES LGBT) et monsieur Philippe COUILLET de l'association nationale civile homosexuelle du devoir de mémoire "Les "Oublié(e)s" de la Mémoire"./ Certains d'entre-vous ont aussi été sollicités par des associations portant le souvenir de la déportation homosexuelle partie de France*./ S'agissant d'associations rappelant la mémoire de personnes déportées en raison de leur homosexualité, il convient de prendre en compte leurs demandes :/ - en les tenant informées, d'une part, des décisions prises à l'occasion de réunions de préparation départementale de la "Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation" notamment le 24 avril prochain,/ - et d'autre part, de permettre à ces associations d'être invitées aux cérémonies selon un protocole à définir notamment en relation avec le Préfet de votre département./ Bien entendu vous ferez en sorte de préserver la dignité et la solennité qui sied à cette cérémonie d'hommage, rendue au nom de la Nation toute entière, aux victimes et aux héros de la déportation./ Si vous rencontrez des difficultés dans l'application de cette circulaire, je vous invite à en rendre compte à mademoiselle Anne-Sophie POTTIER, Chef du département de la mémoire combattante (01 49 55 62 38)./ Guy COLLET/ * Certains d'entre-vous ont déjà été sollicités par la Fédération nationale des Centres gais et lesbiens, le Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits, les "Oublié(e)s" de la mémoire, la Coordination InterPride France, les Flamands roses, Mélo'Men, les Gais et Lesbiennes branchés, "Aujourd'hui, autrement", "On est là !" et la Commission nationale LGBT des Verts". [e] Entretien du ministre délégué aux anciens combattants avec le magazine "Illico" publié le 15 avril 2005 (propos recueillis par Jean-François Laforgerie) : "Anciens combattants : Aucune différence entre les victimes/ Ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera répond en exclusivité pour "Illico" sur les demandes des associations concernant la déportation homosexuelle. Q. - Chaque année, les cérémonies de commémoration du souvenir de la déportation connaissent des incidents, notamment en régions, où les associations homosexuelles sont rarement intégrées aux cérémonies officielles. Que comptez-vous faire, cette année, pour éviter les problèmes ? R. - Nous ne faisons aucune différence entre les victimes, c'est la politique de mon ministère. Toutes les catégories de victimes [il en existe huit officiellement] sont pour moi identiques. Chacun doit considérer que l'hommage lui est rendu dès lors qu'il a été victime du nazisme et cela quel qu'en soit le motif : racial pour certains, le fait d'être homosexuel ou tzigane pour d'autres./ Chacune de ces catégories est respectable et on doit évidemment lui rendre hommage au même titre qu'aux autres. Ce n'est ni dans l'intérêt des homosexuels ni d'ailleurs dans celui d'autres catégories de se distinguer par rapport aux autres. Ceci est notre culture et c'est ce que nous appliquons et que nous appliquerons à l'occasion des cérémonies du 24 avril. Tout le monde sera invité et des associations homosexuelles le seront aux cérémonies officielles au même titre que les autres. Une circulaire dans ce sens sera d'ailleurs adressée aux préfets./ Aujourd'hui, les chiffres que nous possédons concernent 210 déportés pour homosexualité. Nous ne tenons pas compte du fait de savoir si ces déportés étaient résidants dans des territoires annexés ou non, nous rendons hommage à tous ceux qui ont été persécutés. Cette catégorie de déportés a été persécutée pour des choses qui sont naturelles et qui les regardent. C'était leur liberté individuelle qui était en jeu et nous leur devons le respect que l'on doit à toutes les victimes du nazisme. Q. - Jusqu'à présent, une seule enquête officielle a été conduite en France sur la déportation des homosexuels. Souhaitez-vous relancer des recherches sur cette question ? R. - Ce sont les associations qui s'intéressent aux homosexuels qui doivent le faire. Je n'y verrai que des avantages, cela enlèverait ce côté étatique et le soupçon que l'État puisse faire dire n'importe quoi aux chiffres. D'ailleurs, cela fait partie de l'objet même de certaines de ces associations. Q. - Mais vous savez qu'elles n'auront pas accès à un certain nombre d'archives et seule une autorisation gouvernementale peut lever cet obstacle ? R. - Je ne peux pas vous répondre parce que vous supposez que l'on va leur interdire l'accès aux documents, leur interdire de faire de la recherche librement. C'est une simple supposition de votre part. Je ne détiens pas les archives. Et je vous répète que je ne vois pas d'inconvénients à ce que des associations se lancent dans cette recherche comme d'autres le font pour d'autres aspects de notre mémoire. La vérité ne devrait porter atteinte à personne. Cela étant, la recherche est aussi un travail de spécialistes, de chercheurs, homosexuels ou non, qui souhaitent s'investir dans ce domaine. Cela évite souvent que les résultats ne soient ni sous dimensionnés, ni surdimensionnés. Q. - Les associations homosexuelles demandent aujourd'hui
la pose au camp alsacien du Struthof d'une plaque commémorant la
déportation des homosexuels. Y êtes-vous favorable ?
R. - Sur ce point, je ne peux pas vous répondre actuellement.
Nous sommes aujourd'hui investis dans l'avancée du chantier du
Centre européen du résistant déporté qui sera
inauguré à l'automne. Une fois que le mémorial sera
achevé et inauguré, nous aborderons d'autres sujets. Il
faudra de toute façon qu'une étude faite par une commission
soit réalisée à la demande du ministère. Je
sais qu'il existe dans ce camp un mur comportant déjà d'autres
plaques commémoratives mais je ne l'ai pas vu. J'irai le voir.
Je regarderai en toute objectivité ces plaques. Si toutes les catégories
de déportés sont honorées à égalité
par une plaque, je ne vois pas pourquoi, dans ce cas, je dirais non." [f] "L'Inter-LGBT
et le MDH demandent aux pouvoirs publics des actes forts pour le souvenir
de la déportation homosexuelle" (communiqué du
1er avril 2005) : "Au delà de la prochaine Journée
du souvenir, le soixantième anniversaire de la libération
des camps doit être l'occasion d'inscrire durablement dans la mémoire
nationale le souvenir de la déportation des homosexuels./ L'Inter-LGBT
et le Mémorial de la déportation homosexuelle ont été
reçus au cabinet du Ministre délégué aux anciens
combattants le 31 mars 2005./ Les deux associations ont souligné
la nécessité de clarifier les instructions qui seront prochainement
adressées aux préfets pour l'organisation des cérémonies
de la Journée nationale du souvenir : rappelant les conclusions
de la rencontre récente avec la FNDIRP, elles demandent que le
souvenir des déportés homosexuels, comme de tous les déportés,
puisse être célébré dans les meilleures conditions
dans toutes les villes. Le MDH et ses délégations régionales
resteront vigilants, quant au contenu de ces instructions et à
leur application par les préfets./ Au delà des cérémonies
du souvenir, les associations souhaitent que le travail de mémoire
soit poursuivi par des recherches historiques et par la pose d'une plaque
commémorative./ La question de la constitution des fichiers d'homosexuels
par la police française et de leur transmission aux forces allemandes
en Alsace-Moselle doit être élucidée par des historiens.
Le MDH, dont le ministère a accepté d'examiner le projet
de recherches, a demandé que les moyens soient dégagés
afin de permettre de réunir une équipe d'historiens sur
ce sujet, de façon analogue au précédent travail
effectué par la Fondation pour la mémoire de la déportation./
Enfin, les associations ont souhaité que le Ministre, en tant que
président de la commission exécutive du camp du Struthof,
soutienne leur demande d'autoriser la pose dans ce camp d'une plaque à
la mémoire des personnes déportées en raison de leur
homosexualité. La France, contrairement à bien d'autres
pays, ne dispose toujours pas, 60 ans après la libération
des camps, de de la moindre plaque de ce type./ Le MDH et l'Inter-LGBT
souhaitent qu'une telle plaque rejoigne cette année, sur le Mur
du souvenir du Struthof, la vingtaine de plaques à la mémoire
des autres victimes de la déportation, des martyrs inconnus aux
déportés tziganes./ Le MDH et l'Inter-LGBT continueront
à oeuvrer pour que soit levé tout malentendu qui pourrait
subsister [de la part d]es organisateurs officiels des cérémonies
du 24 avril, afin qu'il soit rendu hommage à toutes les victimes
de la déportation, de manière égale sur tout le territoire,
lors de la Journée nationale du Souvenir de la déportation". mOules-frItes est la fédération française des associations de jeunes et d'étudiant–e–s LGBTQ. Réseau de pairs informel dès 2001 puis fédération structurée, soutenue par la DGS et l'INPES, elle partage ses activités sur plusieurs pôles : la lutte contre l'homophobie avec des actions ciblées sur l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, la promotion de l'estime de soi et ses liens avec la prévention VIH/IST par la conception d'outils adaptés, le développement du tissu associatif jeune et étudiant et la formation de ses bénévoles. Elle est co-responsable de l'organisation des événements de juin 2005, "Homosexualité et Sida", dans le cadre "Sida Grande Cause nationale". mOules-frItes est composée de quinze associations jeunes et étudiantes, lesbiennes et gaies : À jeu égal (Grenoble), Angel (Montpellier), Commune Vision (Rennes), Dégel (Université de Jussieu, Paris), Etudiants contre le Sida (Lyon), H'open U' (Nîmes), Homonormalité (HnL, Écoles Normales Supérieures, Lyon), Homonormalité (HnT, École Normale Supérieur Ulm, Paris), Homozygote (Reims), Contre-Courant (Campus de Gif-sur-Yvette), EsCaPe (ESCP-EAP, Paris), Homos et Bis d'Orsay - HBO (Université d'Orsay, Paris), MAG (Paris), Moove ! (Lyon), Wake Up ! (Bordeaux). Le collectif Homoboulot est composé
de douze associations professionnelles lesbiennes, gaies, bi et trans :
3HVP, Les Affranchis, AFMGL, Comin-G, CGay, ÉnerGay, "Flag
!", "Gare !", Homobus, Personn'Ailes, Rainbhôpital
et Les Telles & Tels.
L'INTER CENTRES LGBT fédère
les CGL de France et leurs Membres associés.
Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les sept CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris et Reims, et leurs 30 Membres associés à Amiens, Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Massy, Marseille, Mont-de-Marsan, Montpellier, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes, Rivière-Salée, Rouen et Sarreguemines, au Tampon, à Toulouse, Tours, Troyes, Valence et Versailles. Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans à travers toute la France. Ils accueillent environ 30.104 personnes par an (données 2003/2004 recueillies auprès de 21 Membres). L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le SNEG et par Connection. Elle est membre du Collectif pour une autorité indépendante universelle de lutte contre les discriminations, du Collectif "Jerusalem World Pride 2005" et des Gais et lesbiennes branchés.
INTER CENTRES LGBT LES "OUBLIÉ(E)S" DE LA MÉMOIRE
- THE "FORGOTTEN" OF REMEMBRANCE MÉLO'MEN PRESS RELEASE No.IC/CP/05/16 National Day of Remembrance for the Deportation (Summary. A month after their first meeting on the 11th of March, the office of the Minister responsible for veterans met with three signatories to the 15th of March appeal for remembering the deportation of homosexuals. This had been signed by three political associations linked either to the parliamentary majority or to the opposition as well as by twenty LGBT associations. On the 8th of April the Minister had signed an official circular which was much more sympathetic to this memory that last year's. The same day the Director General of ONAC signed another circular favourable to this memory. Their undertakings of the 11th and the 13th of March have therefore been almost totally fulfilled. Nevertheless, the signatories to the 15th of March appeal need to stay alert - the 24th of April has not yet come and gone.) On Sunday the 24th of April, the next National Day of Remembrance for Victims and Heroes of the Deportation will be celebrated. Sixty years after the liberation of the camps and the end of the Second World War, this commemoration will witness, more than usual, the nation coming together to preserve the memory of the deportations and to celebrate the values that have stemmed from these. On March the 15th, wishing to participate in this coming together under the best conditions, three political organisations linked either to the parliamentary majority or to the opposition* and seven LBGT** associations, joined by the Homoboulot Collective, called upon deportees, elected representatives and government to make space for remembering deportations from France for homosexuality during the Second World War. On Monday the 11th of April, three of the signatories to this appeal spent an hour in the offices of the Minister responsible for veterans (MIDAC), Hamlaoui Mekchera. The Federation of GLCs was represented by one of its national secretaries, David Auerbach. 'The "Forgotten" of Remembrance' were represented by their vice-president, Philippe Couillet. Mélo'Men were represented by their vice-president in charge of external affairs, Laurent Bellini. This delegation also included Michele Celse, graduate of a top University and a specialist in German studies. He is the author of the article on "Nazism" in the "Dictionary of Gay and Lesbian Cultures" (published by Larousse in 2003), and co-author, with Pierre Zaoui, of the article "Refusal and Denial: the pink triangle question" in "Imagining the Shoah: a critique of discussions and representations" (issued by Kimé in 2001). The delegation indicated that the standard letters attached to the 15th of March appeal had indeed been sent (by 14 of the signatory associations or their affiliates***) to two mayors, one president of a general council, 131 members of parliament, 8 prefects, 7 regional directors of ONAC and at least 17 local associations of deportees. The delegations then brought up developments in the points of discussion set out in the 15th of March appeal. 1. The first point dealt with preparations for the ceremonies on the Day of Remembrance in 2005 and beyond. The delegation brought up the dialogue they had opened with ONAC (the National Bureau for Veterans and War-victims) on the invitation of MIDAC. The Director General of ONAC had signed an official circular on the 8th of April aimed at its regional directors. It asked them to keep "associations dedicated to the memory of persons deported for their homosexuality" informed "of decisions taken at meetings held to prepare for the ceremonies in their areas". Nonetheless, the circular did not repeat the request set out in the 15th of March appeal for these associations to be permitted to put forward suggestions for these preparations. 2. The second point of discussion concerned participation in the ceremonies. The delegation discussed the dialogue which it had opened up on this point with ONAC. The Directors circular to regional offices also asked them to "allow these associations to be officially invited to the ceremonies in line with regulations to be defined, in liaison particularly with the Prefect". At the same time, a circular from MIDAC of the 8th of April asked the same prefects to "make sure the ceremonies allowed for the mention of all victims of the deportations" and added that "all associations who represented them should be asked to attend". The delegation highlighted that this way of putting things could be interpreted to exclude the associations dedicated to the memory of persons deported for their homosexuality. Mr Mekachera's office indicated that the circular fully intended to include these associations and agreed to get in touch with any prefectures where any difficulties remained. In a similar manner, MIDAC had declared, in an interview published on the 15th of April in the magazine "Illico", that "all categories of victims are identical", that "each category is worthy of respect" and that the ceremonies "should obviously render each the same homage as to others". Hamaloui Mekachera added that "everyone will be invited" and that "homosexual associations will be at the official ceremonies in the same capacity as everyone else". 3. The third point concerned the "message from the associations" to be read during the ceremonies.The delegation covered discussions with two deportee associations, FNDIR (National Federation of Deportees and Internees of the Resistance) and UNADIF (National Union of Associations of Deportees, Internees and Families of the Disappeared) as well as the Foundation for Remembrance of the Deportation.. The message from the associations which is to be read on the 24th of April has already been written and does not mention the different reasons for deportation. On the other hand, that to be read on the 30th of April 2006 could be the focus of a consultation. At the same time, in its circular MIDAC announced that it would send a "message to former deportees and all who took part in the fighting". The delegation felt that this "ministerial message" should "mention all victims of the deportations", especially that of homosexuals, so as to be in line with the ministerial circular and the interview published on the 15th of April. Mr Mekachera's offices did not give any assurances on this point. 4. The fourth point related to contributing to financing the communal wreath to be laid during the ceremonies. The delegation went over their discussions with FNDIR, UNADIF and FMD. Nevertheless, on 15th of April the signatories to the 15th of March appeal found out that FNDIR, UNADIF, ADIR (Association of Deportees and Internees of the Resistance) and FNDIRP (National Federation of Deportees, Internees, Resitors and Patriots) had refused to allow them to contribute to the communal wreath to be laid at the "national" ceremony in Paris. The delegation felt that this brought into question the whole principle of a communal wreath and hoped other cities (such as Biarritz or Marseille in 2004) would not follow Paris on this point. They stated that this refusal warranted the laying of a separate wreath following the official ceremonies, if not during the ceremonies (as at Mans in 2004). 5. The fifth point dealt with the Internet site of the "Mission for the 60th Anniversary of the Liberation of the Camps and the end of the Second World War". The delegation pointed out that the site still made no mention of the terms "homosexual", "blacks" or "Roma". They felt that, to be coherent with the ministerial declarations of the 8th and the 15th of April, the Mission needed to address these gaps. The office of MIDAC agreed to attend very soon to this issue. 6. The sixth point covered research on the deportation of homosexuals. The delegation went over discussions they had held on this point with FMD. They pointed out that, according to FDM, "the Mercier report was only one stage of a work, whose data need to be further clarified and analysed", particularly in studying "unexplored archives" which were "still inaccessible to historical research". Mr Mekachera's office, however, excluded any public order to make these sources to be explored. 7. With regard to the seventh point of discussion, the national essay comion on the resistance and the deportation, the delegation went over their discussions with FMD on this point. * The three political associations which signed
the 15th of March appeal were: "Aujourd'hui, autrement",
"On est là !" and the Greens' National LGBT
Committee. [a] Re. press release No.IC/CP/05/15
on April 20th: "FNDIR and UNADIF respond to the 15th of March
appeal on remembering the homosexual deportations". [English translation of the above French original text. In the event of any differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated by T.E.] The government and ONAC ask the prefects and regional offices of ONAC to make sure ceremonies on the 24th of April also commemorate those victims deported for their homosexuality
V4IC__200504201830ICPI/ R11-2 / 3-7 Le gouvernement et l'ONAC demandent
aux préfet/es et aux services départementaux de l'ONAC de
veiller à ce que les cérémonies du 24 avril commémorent
aussi les victimes de la déportation pour homosexualité
http://inter-centres-lgbt.org/11R/11Rcp10.html Mis en ligne le 20 avril 2005 INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o J'En Suis, J'Y Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Sept Membres titulaires : CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, J'En Suis, J'Y Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-cinq Membres associés : An Nou Allé ! (CGL Martinique), Arc-en-ciel 31 (Toulouse), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François de l'ancienne Maison de l'homosocialité de Bordeaux, Bernadette de l'ancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), Émergence 57 (Sarreguemines), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 11 octobre 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à l'utilisation des données du présent site Internet. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |