COMMUNIQUÉ N°IC/CP/05/13 Journée nationale du souvenir de la déportation (Résumé. – Le directeur de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation a rencontré trois signataires de l'appel du 15 mars 2005 pour le souvenir de la déportation homosexuelle, signé par trois formations politiques proches de la majorité ou de l'opposition et par 19 associations LGBT. Au terme de leur rencontre qui portait sur les sept chefs de discussion formulés le 15 mars, le directeur de la Fondation et ces trois signataires conviennent de diffuser le résultat de leurs échanges par le présent compte rendu commun, dans le désir d'oeuvrer à la sérénité des Journées du souvenir de la déportation – en 2005 et après)
Mardi 5 avril, trois des signataires de cet appel étaient reçus par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD), représentée par son directeur, Yves Lescure. La Fédération des CGL était représentée par deux de ses secrétaires nationaux, Matthieu et David Auerbach. Les "Oublié(e)s" de la Mémoire étaient représentés par leur président, Jean-Marc Astor, et par leur vice-président, Philippe Couillet. Les Flamands roses étaient représentés par leur présidente, Cécile Trotreau. Cette délégation accueillait également Michel Celse – normalien, agrégé d'Allemand, auteur de l'article "Nazisme" dans le "Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes" (paru aux éditions Larousse en 2003), auteur avec Pierre Zaoui de l'article "Négation, dénégation : la question des triangles roses" dans "Consciences de la Shoah : critique des discours et des représentations" (paru aux éditions Kimé en 2000). La délégation de signataires expose les chefs de discussion formulés avec l'appel du 15 mars : 1°/ Concernant le premier chef de discussion, relatif à la préparation des cérémonies des Journées du souvenir de la déportation, en 2005 et après, le directeur de la Fondation considère comme normal et légitime que les Services départementaux de l'ONAC (Office national des anciens combattants et victimes de guerre), les Préfectures, les Mairies, et les autres organismes éventuellement en charge de la préparation des cérémonies, tiennent les organisations porteuses de la mémoire des victimes homosexuelles du système concentrationnaire informées de leur déroulement (et recueillent leurs éventuelles suggestions). Toutefois, ces organisations n’étant pas représentatives du monde combattant, il lui paraît plus difficilement acceptable qu’elles soient associées en tant que co-organisatrices. La délégation de signataires de l'appel du 15 mars en convient pleinement. 2°/ Concernant le deuxième chef de discussion, relatif à la participation aux cérémonies, le directeur de la Fondation considère également comme normal et légitime que des invitations soient envoyées aux mêmes organisations pour leur permettre de s’associer officiellement aux commémorations et à l’hommage rendu aux déporté/es. C'est la Fondation qui a permis, en publiant le 15 novembre 2001 le rapport du colonel Mercier, la reconnaissance officielle du fait historique d'une déportation pour homosexualité ayant touché plusieurs dizaines de personnes parties de France et notamment d'Alsace-Moselle annexée de fait (ou parties d'autres départements français, requises du travail en Allemagne, puis déportées d'Allemagne). La délégation de signataires de l'appel du 15 mars observe que la faiblesse relative de leur nombre ne peut excuser l'occultation de la mémoire de leur déportation. Le directeur de la Fondation en convient et renouvelle toutefois sa recommandation d'éviter tout ce qui peut être de nature à choquer les déportés à l'occasion des cérémonies. Il invite au tact et à la diplomatie à leur égard. Il se dit cependant préoccupé par l'écho médiatique parfois exagéré donné en France à la déportation des homosexuels, au détriment des autres victimes de déportation, ce qui donne alors une vision déformée de la réalité historique. Puisque la déportation pour homosexualité concerne plusieurs dizaines des 162.700 personnes déportées parties de France, soit environ 1 pour 1.000, une juste vision de l'histoire doit tenir compte de ce fait sans l'occulter ni l'exagérer. La délégation de signataires de l'appel du 15 mars en convient pleinement mais observe qu'un tel écho résulte presque toujours d'incidents locaux visant à occulter ou écarter la mémoire de la déportation pour homosexualité – dont la juste reconnaissance redonnerait la sérénité souhaitable aux cérémonies. Le directeur de la Fondation en convient volontiers. 3°/ Concernant le troisième chef de discussion, relatif au "message" lu à l’occasion des cérémonies, le directeur de la Fondation précise que ce message est le fruit d’un travail commun des fédérations et associations de déporté/es, auquel la Fondation participe dans la mesure du possible au même titre que les autres. Compte tenu de cette réserve, il accepte volontiers de rappeler aux membres du groupe de rédaction l’évocation de la déportation homosexuelle, au même titre que celle des autres minorités, Tziganes, témoins de Jéhovah, noir/es africain/es ou antillais/es... De façon générale, il estime utile de faire "oeuvre pédagogique" en rappelant ce qui a motivé les persécutions homophobes, et en permettant une mise en perspective historique qui la rende plus perceptible ou lisible aux yeux de nos concitoyen/nes. 4°/ Sur le quatrième chef de discussion, relatif au co-financement de la gerbe, le directeur de la Fondation considère que le co-financement de la gerbe par des associations porteuses de la mémoire des persécutions homophobes va dans le sens de l’unicité de gerbe souhaitée par les déporté/es eux-mêmes, et ne voit pas de raisons pour refuser cette proposition. Il émet toutefois des réserves quant à la participation effective de représentant/es de ces associations au dépôt de la gerbe, qui doit être laissé aux ancien/nes déporté/es eux-mêmes, pour autant qu’ils le souhaiteront. La délégation de signataires de l'appel du 15 mars affirme sa volonté que la première place soit effectivement laissée aux déporté/es, ces associations n’ayant nullement pour vocation de se substituer à eux. 5°/ Sur le cinquième chef de discussion, relatif à la mention de la déportation homosexuelle sur le site Internet de la "Mission du soixantième anniversaire de la libération des camps et de la fin de la [Seconde] Guerre mondiale [en Europe]", le directeur de la Fondation, sans avoir personnellement consulté ce site, estime cependant qu’une mention de la déportation d’homosexuel/les se justifierait effectivement. Il en fera aussi la suggestion aux responsables de la Mission. 6°/ Le sixième chef de discussion, relatif aux recherches sur la déportation homosexuelle, a nécessité de plus longs débats. Le directeur de la Fondation a expliqué que depuis la parution du rapport Mercier, les recherches se poursuivaient à Caen au sein d’un groupe remodelé, comportant désormais des personnes relevant de l’Université de Caen et deux personnes relevant de la Fondation (deux membres du groupe de chercheurs qui a contribué à la réalisation du Livre-Mémorial). Leur travail consiste notamment en un examen plus systématique des dossiers dits "dossiers-statuts" (dont 30% environ ont pu être explorés jusque là). Ce travail a déjà montré que le rapport Mercier n’est qu’un rapport d’étape dont certaines données doivent être précisées voire actualisées. D’autres fonds archivistiques inexplorés, cités par la délégation de signataires de l'appel du 15 mars, sont encore peu accessibles à la recherche historique et restent évidemment à explorer (archives de la Police et de la Justice, archives militaires, archives départementales des trois départements annexés, archives allemandes situées à Coblence, les sept kilomètres et demi d'archives françaises saisies en 1940 par les autorités allemandes puis en 1944 ou 1945 par les autorités soviétiques et dont la remise à la France a été décidée en 1992 par Boris Eltsine...). Mais les contraintes juridiques sont très restrictives, notamment pour ce qui concerne les archives de la Police et de la Justice. Le directeur de la Fondation ajoute que certains récits de témoins qu’il a pu lire évoquent le sort particulier réservé aux homosexuels dans certains camps et kommandos, et mériteraient d’être mieux connus. La délégation de signataires de l'appel du 15 mars estime en même sens que ces témoignages méritent d'être mis en valeur et mieux connus. Le directeur de la Fondation s’engage à les rechercher et à en communiquer les sources aux intéressé/es. 7°/ À propos du septième chef de discussion, relatif au concours national de la Résistance et de la Déportation, le directeur de la Fondation rappelle qu'historiquement ce concours est issu d’une proposition de la CNCVR (Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance), faite en mai 1958 au ministre de l’Éducation nationale, et qu'initialement il était centré exclusivement sur la Résistance, l'introduction d’une réflexion sur la déportation étant plus récente. Le principe d'une alternance dans la dominante du thème entre résistance et déportation est à peu près admis, le Jury national définissant un thème général que déclinent à leur tour en sujets plus restreints des jurys départementaux. Ce concours réunit en moyenne 50.000 candidats par an, avec des dépassements et des étiages selon la mobilisation obtenue par le corps enseignant (le directeur de la Fondation espérant une participation plus importante pour le concours 2005). Pour ce qui est du thème, il lui paraît irréaliste de proposer un thème sur la déportation homosexuelle, qui serait beaucoup trop spécialisé et n’aurait selon lui aucune chance d’être retenu par le Jury national. En revanche, il lui paraît possible de proposer au Jury national un thème invitant à une réflexion sur ce qui a conduit les responsables nazis à envoyer dans le système concentrationnaire des minorités comme les homosexuel/les, les noir/es, les Tziganes, les Bibelforscher (témoins de Jéhovah), les religieux, les "asociaux" et d'autres encore, ce qui favoriserait une réflexion globale sur des aspects moins connus du système concentrationnaire, incluant la persécution des homosexuel/les. 8°/ La Fédération des CGL, les "Oublié(e)s" de la Mémoire et Michel Celse évoquent ensuite brièvement, à titre personnel, le souhait de certaines associations de voir apposée une plaque à la mémoire des déportés homosexuels au camp de Natzweiler-Struthof, et de voir décernée la légion d’Honneur à Pierre Seel (unique témoin connu encore vivant parmi les déportés recensés par le rapport Mercier). Sur le premier point, le directeur de la Fondation estime nécessaire de vérifier la réalité historique d'une déportation pour homosexualité dans ce camp (après vérification, il apparaît que parmi les déportés recensés par le rapport Mercier, l'un au moins y est décédé). Sur le second point, le directeur de la Fondation reste prudent, en raison de la participation de l’intéressé aux combats de la Wehrmacht en tant que "malgré nous". L’entretien porte enfin sur les pratiques homosexuelles imposées ou proposées, au moyen de chantages odieux, par certain/es détenu/es de "l'encadrement interne" mis en place par les SS. Chez certain/es déporté/es, les démarches des associations oeuvrant pour la mémoire des persécutions homophobes peuvent raviver douloureusement certains souvenirs liés à ces pratiques. Le directeur de la Fondation rejoint le directeur général de l'ONAC (rencontré le 30 mars par une autre délégation de signataires de l'appel du 15 mars) pour reconnaître que ces pratiques n’ont pas à être amalgamées avec le sort des homosexuel/les envoyé/es en tant que tel/les en camp de concentration. Les persécutions des nazis à l'encontre des homosexuel/les d’où qu’ils viennent sont d’un autre ordre et font à un autre titre partie de l’histoire et de la mémoire des camps de concentration. On ne peut cependant empêcher les mémoires individuelles de faire resurgir certaines souffrances cruellement ressenties aujourd’hui encore : il convient aussi de les respecter. La délégation de signataires de l'appel du 15 mars en convient pleinement. En conclusion de cet entretien, Yves Lescure rappelle que le sort général des détenu/es était d’être traité/es en "sous-homme" et qu’il ne saurait y avoir de nouveau des "sous-hommes", ni dans la mémoire, ni dans l’histoire, ni aujourd’hui. Se réjouissant de ces trois heures de discussion franche et enrichissante, il précise ce qui lui semble l’essentiel : l’engagement de chaque individu pour le respect de la dignité de la personne humaine, de TOUTE personne humaine.
[a] Voir le communiqué n°IC/CP/05/12 du 5 avril dernier :
"L'appel du 15 mars pour le souvenir de la déportation
homosexuelle a déjà permis d'ouvrir un dialogue constructif
avec le gouvernement et avec l'ONAC". [b] Communiqué du collectif Homoboulot du 5 avril dernier : "Journée nationale du souvenir de la déportation/ LE COLLECTIF HOMOBOULOT APPROUVE L'APPEL DU 15 MARS POUR LE SOUVENIR DE LA DÉPORTATION HOMOSEXUELLE/ Le collectif Homoboulot a pris connaissance de l'appel pour le souvenir de la déportation homosexuelle lancé le 15 mars dernier par dix associations et formations politiques (communiqué n°IC/CP/05/10 signé par la Fédération des CGL, le Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits, les "Oublié(e)s" de la Mémoire, la Coordination InterPride France, les Flamands roses, Mélo'Men, les Gais et lesbiennes branchés, "Aujourd'hui, autrement", "On est là !" et la Commission nationale LGBT des Verts)./ Le collectif Homoboulot – composé de douze associations professionnelles lesbiennes, gaies, bi et trans : 3HVP, Les Affranchis, AFMGL, Comin-G, CGay, EnerGay, Flag!, Gare!, Homobus, Personn'Ailes, Rainbhôpital et Les Telles & Tels – contresigne aujourd'hui le premier compte rendu des démarches entamées suite à cet appel (communiqué n°IC/CP/05/12 également signé par la Fédération des CGL et les "Oublié(e)s" de la Mémoire)./ Le collectif Homoboulot entend ainsi manifester son approbation des sept chefs de discussion formulés avec l'appel du 15 mars, et proposer de joindre sa signature à celles de ses dix auteurs./ Pour le collectif Homoboulot,/ Le Porte-parole,/ Yves Nida/ presse@homoboulot.org". mOules-frItes est la fédération française des associations de jeunes et d'étudiant–e–s LGBTQ. Réseau de pairs informel dès 2001 puis fédération structurée, soutenue par la DGS et l'INPES, elle partage ses activités sur plusieurs pôles : la lutte contre l'homophobie avec des actions ciblées sur l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, la promotion de l'estime de soi et ses liens avec la prévention VIH/IST par la conception d'outils adaptés, le développement du tissu associatif jeune et étudiant et la formation de ses bénévoles. Elle est co-responsable de l'organisation des événements de juin 2005, "Homosexualité et Sida", dans le cadre "Sida Grande Cause nationale". mOules-frItes est composée de quinze associations jeunes et étudiantes, lesbiennes et gaies : À jeu égal (Grenoble), Angel (Montpellier), Commune Vision (Rennes), Dégel (Université de Jussieu, Paris), Etudiants contre le Sida (Lyon), H'open U' (Nîmes), Homonormalité (HnL, Écoles Normales Supérieures, Lyon), Homonormalité (HnT, École Normale Supérieur Ulm, Paris), Homozygote (Reims), Contre-Courant (Campus de Gif-sur-Yvette), EsCaPe (ESCP-EAP, Paris), Homos et Bis d'Orsay - HBO (Université d'Orsay, Paris), MAG (Paris), Moove ! (Lyon), Wake Up ! (Bordeaux). Le collectif Homoboulot est composé
de douze associations professionnelles lesbiennes, gaies, bi et trans :
3HVP, Les Affranchis, AFMGL, Comin-G, CGay, ÉnerGay, "Flag
!", "Gare !", Homobus, Personn'Ailes, Rainbhôpital
et Les Telles & Tels.
L'INTER CENTRES LGBT fédère
les CGL de France et leurs Membres associés.
Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les sept CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris et Reims, et leurs 30 Membres associés à Amiens, Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Massy, Marseille, Mont-de-Marsan, Montpellier, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes, Rivière-Salée, Rouen et Sarreguemines, au Tampon, à Toulouse, Tours, Troyes, Valence et Versailles. Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans à travers toute la France. Ils accueillent environ 30.104 personnes par an (données 2003/2004 recueillies auprès de 21 Membres). L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le SNEG et par Connection. Elle est membre du Collectif pour une autorité indépendante universelle de lutte contre les discriminations, du Collectif "Jerusalem World Pride 2005" et des Gais et lesbiennes branchés.
INTER CENTRES LGBT PRESS RELEASE No.IC/CP/05/13 National Day of Remembrance for the Deportation (Summary. The Foundation for Remembrance of the Deportation met with three signatories to the 15th of March 2000 appeal for Remembering the Homosexual Deportation. This had been signed by three political organisations, aligned either with the right-wing majority in Parliament or with the opposition, and by 19 LGBT associations. At the end of their meeting, which dealt with the seven points for discussion set out on the 15th of March, the Foundation and the three signatories agreed to make the results of their discussions widely known by means of this press release, sharing a desire to work towards dignified National Days of Remembrance for the Deportation in 2005 and beyond.) The next National Day of Remembrance for the Victims and Heroes of the Deportation will be held on Sunday, the 24th of April. Sixty years after the liberation of the camps and the end of the Second World War in Europe, this commeration will involve, more than usual, the nation coming together to preserve the Memory of the Deportation and to celebrate the values which stemmed from it. On the 15th of March, desiring to participate in this coming together under the best possible conditions, three political organisations, aligned with either the majority in Parliament or the opposition, ("Aujourd'hui, autrement", "On est là!", the Greens' National LGBT Committee) and seven LGBT associations (the French Federation of GLCs, the Collective against Homophobia and for Equality, the "Forgotten" of Remembrance, Coordination InterPride France, the Pink Flemings, Mélo'Men, and the Gais and Lesbiennes branchés), joined on the 5th of April by the Homoboulot Collective, appealed to Deportees and elected representatives to make room for remembering the deportation from France for homosexuality during the Second World War. On Tuesday the 5th of April, three signatories to this appeal were welcomed to the Foundation for Remembrance for the Deportation by their Director, Yves Lescure. The Federation of GLCs was represented by two of its national secretaries, Matthieu and David Auerbach. The "Forgotten" of Remembrance were represented by their President, Jean Marc Astor, and their Vice-President Philippe Couillet. The Pink Flemings were represented by their President, Cécile Trotreau. This delegation also included Michel Celse, an expert on Germany and the author of the article "Nazism" in the "Dictionary of Gay and Lesbian Culture" (issued by Larousse in 2003) and, with Pierre Zaoui, of the article "Refusal and Denial: the pink triangle question" in "Imagining the Shoah: a critique of discussions and representations" (issued by Kimé in 2000). The delegation from the signatories set out the points for discussion stated in the 15th of March appeal: 1. The first point of discussion concerned preparations for 2005 and beyond of the National Days of Remembrance for the Deportation. The Foundation's Director thought it perfectly normal that the the local offices of ONAC (the National Bureau for Veterans and War-victims), Prefects, Mayors and the other bodies currently in charge of preparations for the ceremonies, would keep those organisations dedicated to maintaining the memory of homosexual victims of the concentration camps informed of their progress, and would listen to possible suggestions. However, as those organisiations did not represent actual combatants, it seemed to him to be more difficult for them to be accepted in a role of co-organisers. The signatories to the 15th of March appeal fully agreed. 2. The second point of discussion concerned participation in the ceremonies. The Director of the Foundation considered it equally legitimate and normal that invitations should be sent to these organisations so that they could officially join in with the ceremonies and in the homage given to deportees. It was, in fact, the Foundation itself which, by publishing Colonel Mercier's report on the 15th of November 2001, allowed the nation to include in its history the 210 men sent from France (that is from within its pre-war boundaries, including Alsasce and the Moselle) because of their homosexuality. The signatories to the 15th of March appeal pointed out that the relative smallness of their numbers should not excuse the total exclusion from memory of their deportation. The Foundation Director agreed, but again recommended the avoidance of anything which might be shocking to the deportees during the ceremonies. He counselled tact and diplomacy with respect to them. He was especially worried about the media coverage given to the homosexual deportation. This was often disproportionate, at the expense of media coverage available for the memory of other deportations. The homosexual deportations involved 210 out of the 162,700 deported from France, that is 1.3 per 1000. A proper view of history needs to take account of this fact, without either blanking it out or exaggerating it. The delegation from the 15th of March appeal agreed wholeheartedly and indicated that, if anything untoward happened, it was when the existence of these 210 was denied. Or when they were refused explicit participation in the national remembrance for the deportation (however much they had all "shared the same destiny" as others). A fair recognition for this deportation would help the ceremonies go ahead properly and peacefully. It would also lead to it being treated in proper proportion by the media. The Foundation Director agreed. 3. As regards the third point of discussion, the message to be read out at the ceremonies, the Director explained that this message was the result of the Deportee organisations working together, to which the Foundation contributed as much as possible, on the same terms as the others. Given this note of reservation, he willingly agreed to remind the editorial group which was developing the message of the homosexual deportations, as he would of those for Roma, Jehovah's Witnesses, Blacks (both of African and West Indian origin). In general, he felt it would be useful to "take an educational approach" by reminding people of the motives behind homophobic persecution. It would also put things in historical perspective and make it more easily understood by fellow citizens. 4. On the fourth point of discussion, that is co-financing a wreath, the Foundation Director felt that the idea of the associations dedicated to preserving the memory of the homosexual deportations contributing to the communal wreath was in line with the Deportees' own wish to have a single wreath. He saw no reason to decline this request. He had however some reservations on the question of the associations' participation in the laying of the wreath. This had to be left to the Deportees themselves, as far as they would want it. The delegation of the signatories to the 15th of March appeal confirmed their desire that first place should always be given to the deportees. They had absolutely no wish to take their place. 5. The fifth point of discussion related to a possible reference to the homosexual deportations on the Internet site of the "Mission for the 60th Anniversary of the Liberation of the Camps and the end of the Second World War (in Europe)". The Foundation's Director, without himself having looked at the site, felt nonetheless that some reference to the homosexual deportations would indeed be justified. He would therefore pass on this suggestion to those in the "Mission" with this responsibility. 6. Longer discussion was needed for the sixth point, relating to research on the homosexual deportations. The Foundation's Director explained that ever since Mercier's report, work had been carried out by a group at Caen University, including two connected to the Foundation (who had contributed to the production of the Book of Remembrance). Their work consisted in a more detailed examimation of the so-called "statutory files" (those required to be made available to individual deportees), of which some 30% have so far been examined. This work has already shown that Mercier's report is just one stage in a work in which some data need to be further refined or explored. Other unexplored archives, cited by the signatories of the 15th of March appeal, are still not very accessible to historical research and obviously remain to be explored. Example are the Police and Court archives, those of the military, the local archives of the three annexed départements, the German archives at Coblenz, the seven and a half kilometres of French archives seized by the Germans in 1940 and then, in 1944 or 1945 taken by the Soviets. Boris Yeltsin agreed in 1992 to return them to France. Judicial constraints are however very restrictive, especially for the Police and Court archives. The Foundation's Director added that some of the eye-witness accounts he had read deal with the fate of homosexuals in specific camps or labour-gangs, and should be more widely known. The delegation of the signatories to the 15th of March appeal suggested that these testimonies, little-known for too long, ought to be made public (after having been anonymised if necessary). The Director agreed to look them up and pass on their sources to interested parties. 7. The seventh point of discussion concerned the national essay comion on the Resistance and Deportation. The Director recalled that historically this comion had been the result of a suggestion from CNCVR (the National Confederation of Free Resistance Fighters), made to the Minister for Education in May 1958. It had been initially focused on the Resistance, the Deportation being added more recently. The principle of alternating the set theme between Resistance and Deportation is more or less accepted. The National Judging Panel sets out a general theme and this is refined into particular subjects by the local Panels. This comion attracts on average 50,000 candidates each year, with peaks and troughs depending on how successful teachers are in getting candidates to come forward. (The Foundation hopes for a higher participation rate in 2005.) As for the set theme, it seemed to him unrealistic to suggest one on the homosexual deportations, which would be far too specialist and would have no chance of being accepted by the National Panel. On the other hand, it seemed to him possible to suggest a theme to the National Panel which asked for a consideration of what led the Nazis to send minorities such as homosexuals, blacks, Roma, Jehovah's Witnesses, religious people, "anti-social" people and others to the camps. This would promote consideration of less well known aspects of the concentration camps, including the persecution of homosexuals. 8. The Federation of GLCs, the "Forgotten" of Remembrance and Michel Celse then briefly raised, of their own accord, the desire of some associations to set up plaque in memory of homosexual deportees in Natzweiler-Struthof Camp. They also wanted the Légion d'Honneur to be awarded to Pierre Seel (the only known living witness to the 210 deportees listed in Mercier's report). On the first point, the Director indicated, without wishing to make any pronouncement, that it did not seem to him to have been established that there had in fact been anyone deported for homosexuality to Natzweiler. This camp had been established first of all, as far as he was aware, in response to the resistance in Europe. He therefore felt it necessary to check the historical facts in the first instance. (On checking, it seems that one of the 210 listed by Mercier had indeed met his death at Natzweiler.) On the second point, the Director wanted to reflect on matters, because the person suggested had fought in the Wehrmacht, albeit, like all those from the annexed provinces, "against his will" ("malgré nous"). Discussion then turned to the sexual demands, accompanied by the threat of physical mistreatment, made by "trusties" on fellow prisoners. For some deportees, the steps taken by associations working to preserve the memory of homophobic persecutions revive most unhappilly the memory of these dreadful crimes. The Foundation's Director agreed with the Director General of ONAC (who had met another delegation of signatories to the 15th of March appeal on the 30th of March) that these practices should not be mixed up with the fate of homosexuals sent to the camps merely for being homosexual. Nazi persecution of homosexuals, wherever they came from, was of a different order and deserves to be written into the history and memory of the camps. But no-one can prevent individual memories stirring up sufferings still cruelly felt today. It is appropriate to respect these. The delegation of the signatories to the 15th of March appeal fully agreed. At the end of this meeting, Yves Lescure reminded us that the common fate of those detained was to have been treated as "sub-human" and that he did not wish to have once again "sub-humans", neither in Remembrance, nor in history, nor today. Looking back with pleasure on the three hours of frank and enriching discussion, he summed up what seemed to him to be the essential thing – the committment of every individual to respect for the human person, for EACH human person. [a] Re. press release No.IC/CP/05/12
on last April 5th: "The 15 March appeal to remember the deportation
of homosexuals has already allowed us to open up a constructive dialogue
with the government and with "ONAC"". [English translation of the above French original text. In the event of any differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated by T.E.] The Foundation for Remembrance for the Deportation opens unified front with the signatories of the 15th of march appeal
V11IC__200504141616ICPI/V10IC__200504141331FMD_/ La Fondation pour la Mémoire
de la Déportation engage une démarche concertée avec
les signataires de l'appel du 15 mars pour le souvenir de la déportation
homosexuelle
http://inter-centres-lgbt.org/11R/11Rcp07.html Mis en ligne le 14 avril 2005 INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o J'En Suis, J'Y Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Sept Membres titulaires : CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, J'En Suis, J'Y Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-cinq Membres associés : An Nou Allé ! (CGL Martinique), Arc-en-ciel 31 (Toulouse), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François de l'ancienne Maison de l'homosocialité de Bordeaux, Bernadette de l'ancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), Émergence 57 (Sarreguemines), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 11 octobre 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à l'utilisation des données du présent site Internet. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |
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