COMMUNIQUÉ N°IC/CP/05/07 Journées nationales pour la prévention
du suicide (Résumé. - À l'initiative du CGL Lille, la Fédération des CGL, Ligne Azur - Sida Info Service, Aides, Act Up-Paris, Warning et le sociologue Jean-Marie Firdion déplorent l'inaction de l'État face à la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre. Des témoignages extérieurs au mouvement LGBT, comme celui de SOS Suicide Phénix Paris, attestent pourtant de l'ampleur de cette sursuicidalité. Les signataires appellent l'État à assumer sa mission d'acteur de santé publique en commençant par mener, enfin, une étude épidémiologique en concertation avec les acteurs concernés)
Tabou dans le tabou, le suicide des personnes lesbiennes, gaies, bi ou trans et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre ne fait l'objet d'aucune mention sur le site Internet de l'UNPS. Or, il représenterait chaque année une part plus que significative des 12.000 suicides et 160.000 tentatives de suicide en France. Le 7 mars dernier, la Fédération française des Centres gais & lesbiens et de leurs Membres associés (qui regroupent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans) avait cru pouvoir estimer cette part de 40 à 60% (alors que ces personnes ne représenteraient que 10% de la population). Cette estimation reste à valider mais n'a pas été contestée par l'État et s'est même vue évoquée devant le Parlement, le 21 décembre, par le sénateur du Nord Jean-René Lecerf qui s'exprimait sur le suicide des jeunes. Que fait l'État contre la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre ? Le ministère de la santé n'en dit rien dans le dossier consacré au suicide sur son site Internet... Pourtant, Christine Boutin elle-même en parlait dans son rapport sur l'isolement et le suicide adressé au Premier ministre le 15 septembre 2003. Las, le gouvernement n'a toujours pas lancé l'étude épidémiologique qu'elle demandait alors (page 152 de son rapport) sur le lien entre suicide et homophobie. Il est vrai que la députée des Yvelines n'a guère insisté... Bien au contraire, le 7 décembre dernier, elle s'est opposée à la pénalisation des propos homophobes qu'elle demandait aussi le 15 septembre 2003 (page 150 de son rapport). Chaque jour en France, quelque trente personnes se suicident et 400 environ tentent de le faire. Combien sont lesbiennes, gaies, bi ou trans ? Combien sont en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre ? Dans chacune des associations membres de la Fédération des CGL, chaque bénévole connaît une personne qui a mis fin à ses jours ou tenté de le faire (restant parfois lourdement handicapée). Dans d'autres associations n'appartenant pas au mouvement LGBT, des bénévoles témoignent de la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre : SOS Suicide Phénix Paris indique que "les associations spécialisées dans la prévention du suicide et l'écoute téléphonique en direction des personnes suicidaires sont confrontées chaque jour à ce problème", ajoutant qu'une "forte proportion des appels émanent de gays et lesbiennes ne trouvant plus que le refuge d'une ligne téléphonique anonyme (non spécialisée dans l'écoute de la population LGBT) pour exprimer leur désespoir comme alternative au geste suicidaire" (communication du 13 février) ; Sida Info Service fait état du mal-être évoqué par les personnes qui appellent sa Ligne Azur (service d'écoute téléphonique anonyme et confidentiel destiné aux personnes qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle ou identité de genre), 7,2% parlant de pulsions suicidaires, 3,3% évoquant une tentative de suicide (rapport d'activité 2003). L'homophobie est le facteur clef de la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre. Comme le souligne en substance le sociologue Jean-Marie Firdion dans le "Dictionnaire de l'homophobie", notre société "laisse proliférer des attitudes négatives ou agressives" à leur encontre, "autant de facteurs favorisant la désespérance, la dépression, la tentative de suicide et le suicide". L'État doit assumer sa mission d'acteur de santé publique, et mettre un terme à son apathie face à l'ampleur du suicide des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre sauf à laisser penser qu'il s'en accommode.
[a] Concernant
l'estimation avancée le 7 mars dernier par la Fédération,
selon laquelle de 40 à 60% des suicides et tentatives de suicide
en France seraient le fait de personnes LGBT (ou de personnes en interrogation
sur leur orientation sexuelle ou identité de genre) :
l'État n'ayant commandé aucune étude épidémiologique
sur la sursuicidalité de ces personnes, la Fédération
avait souhaité disposer d'un référentiel lui permettant
de quantifier, à titre au moins indicatif et provisoire, un mal
sinon difficile à saisir dans sa globalité. Pour ce faire,
elle avait tenu compte d'études scientifiques menées à
l'étranger (pouvant laisser penser que le taux précité
serait d'environ 40%) et d'observations diverses recueillies en France
(pouvant laisser penser que ce taux serait d'environ 60%) pour retenir
un taux moyen de 50%. Ce résultat avait évidemment une valeur
symbolique et non scientifique, le premier objectif de la Fédération
étant d'obtenir qu'une étude épidémiologique
publique lui permette de disposer d'un référentiel mieux
étayé. Il est possible de préciser ici que ce taux
serait, s'il était validé, compatible avec cinq hypothèses
prises ensemble : 1/ population de 60 millions de personnes ;
2/ taux annuel de suicide de 2 pour 10.000 impliquant 12.000 morts
par an ; 3/ taux de personnes LGBT (et de personnes en interrogation
sur leur orientation sexuelle ou identité de genre) de 10% (soit
6 millions de personnes) ; 4/ taux annuel de suicide parmi ces
dernières de 10 pour 10.000 (soit cinq fois plus que la moyenne)
impliquant 6.000 morts par an ; 5/ taux annuel de suicide parmi
les autres (soit 54 millions de personnes) de 1,11... pour 10.000 (soit
neuf fois moins que le taux précédent et 1,8 fois moins
que la moyenne) impliquant 6.000 morts par an. Il est également
possible d'indiquer ici que ce taux minore certaines observations, comme
ce témoignage d'un membre du personnel de santé d'un centre
d'accueil de jeunes suicidant/es ou suicidaires à Bordeaux :
"Presque tous les garçons que nous accueillons ici s'interrogent
sur leur identité sexuelle..." (cf. infra, Verdier et
Firdion, p. 19). Voir notre communiqué n°IC/CP/04/03 du 7 mars
dernier : "Homophobie / LGBTphobies : les gouvernements
"attendent", Jean-Pierre, Sébastien et 6.000 suicidées
par an "n'attendent" plus". [b] Le 21 décembre,
évoquant le taux avancé par la Fédération
le 7 mars, le sénateur du Nord Jean-René Lecerf a affirmé
"que le suicide chez les jeunes atteint dans notre pays des proportions
considérables", et que "la part des jeunes homosexuels
dans cette triste statistique est évaluée à près
de 50%". Voir notre communiqué
n°IC/CP/05/03 du 8 janvier : "Pour leur onzième
AG, les acteurs sociaux du mouvement LGBT se réjouiront de l'adoption
de la loi "Nouchet" mais s'inquièteront de la reprise
de l'épidémie de VIH/sida". [c] Communication
de l'association SOS Suicide Phénix Paris (ligne d'écoute
permanente : 01 40 44 46 45), le 13 février
2005 à 19h29 : "Tous les travaux portant sur le
suicide en lien avec l'homosexualité, montrent sans ambiguïté
que la population gay et lesbienne est particulièrement concernée
par la problématique du suicide. En effet, tous les chiffres (voir
le premier ouvrage français paru sur cette question en 2003 :
"Homosexualités & suicide", Jean-Marie Firdion et
Eric Verdier) mettent en évidence le risque nettement aggravé
de passage à l'acte suicidaire encouru par les gays et lesbiennes,
tout particulièrement en ce qui concerne les adolescents et les
jeunes adultes./ Les associations spécialisées dans la prévention
du suicide et l'écoute téléphonique en direction
des personnes suicidaires comme SOS Suicide Phénix Paris sont confrontées
chaque jour à ce problème, une forte proportion des appels
émanent de gays et lesbiennes ne trouvant plus que le refuge d'une
ligne téléphonique anonyme (non spécialisée
dans l'écoute de la population LGBT) pour exprimer leur désespoir
comme alternative au geste suicidaire.../ Il s'agit là d'un réel
problème de santé publique qui impose une prise de conscience
urgente de la nécessité de lever le double tabou que représente
l'homosexualité et le suicide et nécessite une action impérative
tant en termes de prévention que de prise en charge de cette population
fortement exposée" (Monique Planté, Présidente). [d] Rapport
d'activité 2003 de la Ligne Azur (0810 20 30 40),
service d'écoute téléphonique anonyme et confidentiel
destiné aux personnes qui se posent des questions sur leur orientation
sexuelle ou identité de genre, assuré par Sida Info Service : [e] Site Internet
de l'UNPS : "[Le suicide] est la première cause
de décès chez les jeunes adultes. [...] Le nombre de décès
par suicide a connu, en France, une augmentation importante au cours des
20 dernières années pour se stabiliser, actuellement, aux
alentours de 12.000 par an. Depuis près de 15 ans, il y a plus
de décès par suicide que par accident de la circulation.
L'incidence annuelle des tentatives de suicide a pu, quant à elle,
être estimée il y a quelques années par l'INSERM,
à partir de diverses enquêtes épidémiologiques,
surtout hospitalières. Elle serait de 2 à 2,5 pour 1.000
habitants de 15 ans et plus, soit entre 90.000 et 115.000 tentatives de
suicide. Certaines études allèguent même le chiffre
de près de 150.000 tentatives chaque année, en France. Mais,
il s'agit là d'une estimation minimum, dans la mesure où
les tentatives de suicide ne sont pas systématiquement recensées
et où un certain nombre d'entre elles ne font pas l'objet d'une
hospitalisation." [f] Dossier
consacré au suicide sur le site Internet du ministère de
la santé (à jour en septembre 1999) : "Le
suicide est un grave problème de santé publique : on
recense annuellement en France 12.000 décès par suicide
et on estime à environ 160.000 le nombre de tentatives de suicide.
Ces statistiques sont vraisemblablement sous-estimées en raison
de deux sources possibles d'erreurs : l'une est la dissimulation
du caractère suicidaire de l'acte, l'autre tient à l'incertitude
quant à l'intentionnalité de l'acte (conduisant à
considérer qu'il s'agit, soit d'un accident, soit d'un décès
d'origine indéterminée, soit d'un suicide). Le sous-enregistrement
du suicide est estimé actuellement à un peu moins de 20%,
soit environ 2.000 cas de suicide qui ne seraient pas enregistrés.
[...] Actuellement, la France se situe parmi les 10 pays les plus concernés
dans le monde, avec l'Estonie, l'Autriche, la Suisse, le Danemark, la
Russie, la Belgique, la Slovénie, la Lituanie et la Finlande." [g] Pour une
analyse du fait LGBT dans le rapport de Christine Boutin sur le suicide :
"A Le rapport sur l'isolement et le suicide remis
le 29 septembre 2003 par Christine Boutin contient une analyse intéressante
mais trouble du suicide LGBT en France : intéressante, parce
qu'elle y reprend (rapidement) les thèses des associations LGBT
qu'elle a rencontrées. Trouble, parce qu'elle y révèle
un fond LGBTphobe mal liquidé. B Les six propositions
ensuite émises par la députée des Yvelines dans son
rapport seraient utiles mais sont présentées sans conviction.
Utiles parce qu'elles amèneraient des changements profonds de la
société française (une loi contre les LGBTphobies,
une AAI, une amélioration du statut des séropositifs/ves,
une enquête publique sur le lien entre suicide et sexualité,
des espaces d'accueil pour les personnes victimes de LGBTphobies et une
plaquette d'information dans l'école et dans les entreprises) ;
Présentées sans conviction, parce que sans dispositif d'accompagnement,
sans engagement personnel et sans calendrier alors que 6.000 personnes
LGBT se suicideraient chaque année (soit 16 par jour). C La
"pasionaria anti-PaCS" semble avoir, dans une démarche
finalement assez intime proche de la pénitence, tenté de
réparer le mal fait durant la querelle du PaCS. Elle laisse aux
militantes LGBT une base précieuse à leurs revendications,
sans plus les convaincre ni peut-être se convaincre, et sans laisser
augurer, cinq mois après, d'une intensification prochaine des politiques
publiques de lutte contre le suicide LGBT" (David Auerbach, 6
mars 2004). [h] Au cours
de la deuxième séance du 7 décembre dernier à
l'Assemblée nationale, Christine Boutin s'est opposée à
la pénalisation des propos homophobes au motif que les "enfants
trisomiques" n'étaient pas concernés, ce qui pouvait
"exacerber l'homophobie"... Voir notre communiqué
n°IC/CP/04/33 du 8 décembre dernier : "La majorité
parlementaire échappe de peu à ses homophobes - Le Sénat
doit confirmer le vote de la chambre basse et confirmer les amendements
Boutin sur la handiphobie". Voir également le compte rendu intégral
de cette séance : "Ce texte [pénalisant
les propos homophobes] instaure un véritable régime communautariste
en France, niant l'égalité de tous devant la loi, au mépris
de notre principe constitutionnel. [...] Comment pouvons-nous être
à l'origine d'une telle rupture d'égalité ?
A trop vouloir saucissonner la discrimination en fonction de revendications
communautaristes, on finit par créer des formes de discriminations
inédites. L'égalité républicaine devant la
loi serait entamée par la création de ce genre de privilège.
[...] Remettre en cause l'homosexualité comme modèle de
sexualité, refuser le mariage homosexuel ou l'adoption d'enfant
pourront-ils être considérés comme une provocation ?
[...] N'êtes-vous pas étonnés de congovernmentr que la
France glisse peu à peu sur des chemins qui renient les principes
qui en ont fait la grandeur ? En réalité, ces s
pas successifs ne sont que la traduction insidieuse de l'idéologie
du gender" (Christine Boutin). A contrario, voir le rapport sur l'isolement et le
suicide adressé par Christine Boutin au Premier ministre le 15
septembre 2003, remis le 29 septembre 2003 : "Les discriminations,
quelles soient sexistes, homophobes, racistes, antireligieuses,
ou contre les personnes handicapées, sont nombreuses. Une loi densemble
(complétant et modernisant lactuelle loi sur la presse) pénalisant
les propos discriminatoires serait une première étape pour
favoriser le respect mutuel" (p. 150). [i] Bibliographie sommaire sur la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle et identité de genre : Michel Dorais, "Mort ou fif - La face cachée du suicide chez les garçons - Contextes et mobiles de tentatives de suicide chez des adolescents et jeunes hommes homosexuels ou identifiés comme tels et perspectives de prévention", 2000, VLB, Montréal, Québec, Canada (126 pp.). Éric Verdier et Jean-Marie Firdion, "Homosexualités & suicide - Études, témoignages & analyse - Les jeunes face à l'homophobie", 2003, H&O, Montblanc (34) (230 pp.). Jean-Marie Firdion, article "Suicide" dans le "Dictionnaire de l'homophobie" dirigé par Louis-Georges Tin, 2003, Presses universitaires de France, Paris (p. 391). Didier Éribon, article "Suicide" dans le "Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes" dirigé par Didier Éribon, 2003, Larousse, Paris (p. 450). Christine Boutin, "Pour sortir de l'isolement,
un nouveau projet de société - Rapport au Premier ministre",
15 septembre 2003, Documentation française, Collection des rapports
officiels, Paris (348 pp., voir pp. 65 et s., 150 et 152). Didier Appourchaux, de SOS suicide, "La France
et lisolement - Suicide, récidive et prise en charge - Réponse
à la lettre de mission du Premier ministre à Christine Boutin
dans le cadre de sa mission sur lisolement et le suicide",
in Boutin, op. cit., p. 189. Jean-Luc Romero, des Élus locaux contre le sida,
"Réponse à la lettre de mission du Premier ministre
à Christine Boutin dans le cadre de sa mission sur lisolement
et le suicide", in Boutin, op. cit., p. 213. Éric Verdier, "Lhomophobie, troisième
pilier du rejet de la différence - Réponse à la lettre
de mission du Premier ministre à Christine Boutin dans le cadre
de sa mission sur lisolement et le suicide", in Boutin,
op. cit., p. 220. Dominique Boren, Claude Chantereaux et Marie-Lys Moulin,
du CGL Paris, Claude Lejeune, de l'Association des médecins gais,
"Réponse à la lettre de mission du Premier ministre
à Christine Boutin dans le cadre de sa mission sur lisolement
et le suicide", in Boutin, op. cit., p. 228. Florence Perrot et Olivier Nostry, du CGL Reims (Ex Æquo),
"La "sur-suicidalité" chez les jeunes lesbiennes,
gays, bi et trans - Réponse à la lettre de mission du Premier
ministre à Christine Boutin dans le cadre de sa mission sur lisolement
et le suicide", in Boutin, op. cit., p. 283. Nicolas Noguier et Dominique Garet, du Refuge, "Le
rejet social comme origine du suicide - Réponse à la lettre
de mission du Premier ministre à Christine Boutin dans le cadre
de sa mission sur lisolement et le suicide", in Boutin,
op. cit., p. 286. David Auerbach, du CGL Metz (Couleurs gaies), "Le
fait LGBT dans le rapport de Christine Boutin sur le suicide",
6 mars 2004. Thierry Schaffauser, d'Act Up-Paris, "Quand homophobie = Sida", Lettre sur le sida du groupe d'études sur le sida de l'Assemblée nationale, n°3, été 2004 ("La non reconnaissance par les pouvoirs publics de légalité des droits, même les plus élémentaires, associée à un certain laxisme en matière de campagnes de prévention efficaces, contribuent à lintériorisation des inégalités et des discriminations et empêchent les LGBT de bien se protéger./ Les chiffres sont là, les LGBT sont un des groupes les plus menacés par le sida, un des groupes qui se contamine le plus. 15 à 20% des homosexuels masculins seraient séropositifs et la communauté transsexuelle serait proportionnellement la plus touchée par l'épidémie. C'est aussi parmi les jeunes gays et lesbiennes que les tentatives de suicides sont les plus nombreuses : 4 à 7 fois plus que pour les hétéros au même âge (16/24 ans). Ceci n'est pas dû à un prétendu mal-être identitaire imaginé par des homophobes et transphobes. C'est bien l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie qui poussent à des conduites à risque"). Michel Foucault, "Un plaisir si simple",
Gai Pied, n°1, avril 1979, Paris. [j] Quelques pages Internet sur la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle et identité de genre : "Discriminations vécues ou craintes chez
les jeunes et conduites à risque létal - Recherche-action",
rapport rendu par Éric Verdier pour la Ligue des droits de l'homme
le 14 décembre 2004 : "Ce rapport inclut un état
des lieux national sur la question de lhomophobie auprès
des acteurs de terrain, et la mise en place dune dizaine de groupes
de parole pour des jeunes se sentant "différents" sur
lensemble du territoire français. Ces groupes de parole poursuivent
leur travail en 2004-2005 sur une dizaine de villes en France (Arras,
Bordeaux, Cherbourg, Évreux, Le Mans, Les Lilas-Paris, Marseille,
Nancy, Poitiers et Villeurbanne-Lyon)." "Suicide et dépression chez les adolescents
homosexuels, l'urgence d'une action !!!", Homo Édu, Emagazine
du respect pour tous. "Le placard de Benoît - Pour sa mémoire",
Jean-Gabriel , Membre associé, Correspondant local de la Fédération
des CGL à Troyes. "Bien être des jeunes - De la quête
de son orientation sexuelle à lacceptation de soi (Dossier
pour les intervenantes en éducation à la sexualité)",
rédigé par le GLUB (Association gay et lesbienne de l'université
de Bourgogne, ex-AEGL-Lys), relu par le CGL Dijon (CIGaLes, ex-Membre
associé, Association affinitaire de la Fédération),
2003, 45 pp. (voir pp. 15 et 22 à 27). "L'ordre moral contre le suicide : le remède
pire que le mal ?", Homosexualités et socialisme, communiqué
de presse du 22 avril 2003 : "Homosexualités et Socialisme
(HES) émet de vives réserves en apprenant que le premier
ministre, Jean-Pierre Raffarin, a confié à Christine Boutin
(députée ex-UDF devenue UMP) une mission sur les causes
du taux de suicide particulièrement élevé en France,
spécialement chez les jeunes./ Pour avoir travaillé sur
le sujet depuis quelques années, HES recommande à la chargée
de mission la lecture du remarquable ouvrage d'Éric Verdier et
Jean-Marie Firdion, "Homosexualités & Suicide", qui
pourrait lui éviter des contre-sens concernant le cas des jeunes
à orientation sexuelle "non conventionnelle" et l'aider
à proposer des réponses pertinentes. On peut en effet s'indigner
de la nomination d'une députée qui fut la pasionaria traditionaliste
des anti-Pacs et la thuriféraire de la Bible à l'Assemblée
nationale, craindre une analyse biaisée de la réalité
sociale et s'inquiéter du texte même de la lettre de mission : la famille traditionnelle et la religion y sont déjà érigées
comme un rempart contre le suicide des jeunes./ Afin d'être vraiment
constructif, il conviendrait de renforcer les moyens de l'Union Nationale
pour la Prévention du Suicide (UNPS) qui co-organise depuis 7 ans
la Journée Nationale de Prévention du Suicide (JNPS). Cette
association structurée et compétente pourrait, sans dogmatisme
ni intolérance, conseiller utilement ce gouvernement pour qu'il
mette enfin en place une politique de prévention du suicide, comme
le recommandait déjà en 2001 la DREES du ministère
de la Santé (rapport n°109 d'avril 2001) et comme avait commencé
à le faire Bernard Kouchner, avec par exemple la circulaire du
6 avril 2002 (DGS/SD6C n°2002-258)./ Ce n'est pas de la compassion
ni des larmes d'une représentante des ultra-conservateurs que la
société française a besoin en matière de prévention
du suicide, mais d'une véritable politique laïque et multi-référentielle
dotée de réels moyens financiers." "Homosexualité et isolement : ensemble
ne plus avoir peur - Le CGL Paris a pris connaissance du rapport de Madame
Christine Boutin", CGL Paris, communiqué de presse du
3 octobre 2003 : "On ne peut que saluer les préconisations
touchant à lorganisation sociale de notre pays et visant
à revaloriser les liens, quils soient familiaux ou citoyens.
Rappelons sur ce sujet que le CGL Paris contribue depuis longtemps à
cette urgence sociale puisquil met à disposition de ses usagers
des permanences de soutien psychologique et juridique et quune assistante
sociale, salariée à plein temps, répond aux situations
disolement et de précarité les plus aiguës. [...]
Ce rapport étudie dune manière très concrète
le rôle des associations et des travailleurs sociaux comme facteur
de cohésion sociale : mettre fin à la précarité
budgétaire pour pérenniser les actions, créer un
véritable "statut du bénévole", reconnaître
aux associations de terrain une "utilité sociale"...
Au moment où les Pouvoirs Publics opèrent des coupes sombres
dans les budgets des associations (pour mémoire la subvention accordée
au CGL Paris par la DASS est passée de 55.000 euros en 2002 à
15.000 euros en 2003), on ne peut que souhaiter que soient lues et retenues
les propositions de ce rapport." "Dossier suicide", le Gage - Étudiant/es
gai/es, Gageure, n°65, mai/septembre 1996 : "Le
suicide du jeune gai, réalité ou mythe? "Gageure"
publie en exclusivité un dossier complet sur ce projet qui monopolise
depuis plusieurs mois l'attention de nombreux militants. La bibliographie
a été réalisée avec le département
de sociologie de l'université de Chicago." "Si fragile... si féminin", Yves
Roussel, in Gageure, op. cit. : "De temps en temps,
j'ai envie de demander des comptes à des gens intelligents au sujet
de ce qu'ils racontent. À des gens intelligents comme par exemple
François Vauglin, de la fédération Gemini, qui expliquait
dans le journal de la Lesbian and Gay Pride, en mars 1996, que la proportion
des jeunes homos dans les chiffres du suicide était effarante :
"Ils seraient de cinq à dix fois plus nombreux en proportion
à se suicider que les jeunes hétéros."/ À
quoi ça rime, ce chiffre effectivement effarant ? Effarant
de naïveté ou de mauvaise foi. Il y avait déjà
le Gymnase Club pour se gonfler les muscles, il y a maintenant des responsables
associatifs pour muscler les statistiques." "Pour un Centre Gai et Lesbien au Purgatoire",
Benoît Godefroid, in Gageure, op. cit. : "L'idée
est bien sûr que la méchante société est homophobe
envers ses s gais qui se suicident. Parce qu'évidemment à
13 - 15 ans on a une vision très claire et très affirmée
de sa sexualité mais on se sent tellement brimé que l'on
ne peut pas la vivre./ Ainsi, la communauté gaie se légitime.
Elle se veut un peu comme une seconde famille, sauf qu'elle est vachement
plus sympa. Et voilà qu'elle trouve par ce biais, cette tromperie,
une utilité à son existence. La communauté doit être
forte et reconnue, voire subventionnée directement par l'État
(si, si, on l'entend) pour sauver ces adolescents perdus dans leur vie.
J'oppose à ces idées le fait que le modèle communautaire
tel qu'il est déployé en ce moment n'est pas forcément
le salut providentiel pour les jeunes qui cherchent à vivre une
sexualité plus épanouie./ Le suicide des jeunes existe évidemment
mais je ne sais pas s'ils sont gais, bi, hétéros. Personne
ne le sait. Ce qui est vrai c'est qu'ils rejettent le plus souvent un
modèle, un carcan. La solution n'est sûrement pas de leur
en proposer un autre, qui plus est en marge de la société.
C'est justement le contraire qu'ils recherchent : s'intégrer dans
la société malgré ses défauts. Le modèle
communautaire renforce les discriminations qui existent déjà,
accentue les différences, les oppositions. Drôle de réconfort
pour des jeunes qui souffrent le plus souvent d'isolement et de solitude.
Ce qui me choque plus encore, c'est la façon dont on peut récupérer
le malheur et la mort des personnes. Une personne qui se donne la mort
n'appartient à personne. On peut tout de même mourir libre." Belgique : "Le suicide", Mouvement des homosexuel/les
pour le changement : "Les adolescents gays et les jeunes
lesbiennes se suicident 6 à 10 fois plus que les jeunes se sentant
hétérosexuels. C'est ce que le professeur québécois
Michel Dorais a indiqué à l'issue du colloque organisé
sur ce sujet ce 17 juillet 2001 par l'Observatoire socio-épidémiologique
du SIDA et des sexualités des Facultés Saint-Louis de Bruxelles..." "Homosexualité et suicide : liaisons dangereuses ?", Nicolas Miest : "Traiter ce sujet ne fut pas
chose aisée... Il touche en effet à un double tabou : le
suicide et lhomosexualité. On connaît le climat de
peur, de honte et de rejet entourant le suicide. L'homosexualité
quant à elle est lobjet dune polémique aiguë
entre ceux qui la considèrent comme une pathologie mentale - jusquil
y a peu, lhomosexualité était cataloguée comme
perversion dans les manuels psychiatriques -, et ceux qui la considèrent
comme une expression de la diversité et de la liberté humaine.
Mon propos ne sera pas ici de prendre parti pour lune ou lautre
de ces théories mais bien de rendre compte, le plus objectivement
possible, dune réalité socio-familiale et individuelle
souvent difficile, "lexpérience homosexuelle" et
le mal-être qui lui est trop souvent lié." Canada : "Gai Écoute et la prévention du
suicide chez les personnes homosexuelles" : "Mort
ou fif, une étude commandée par Gai Écoute, se penche
sur les mobiles de tentatives de suicide chez les jeunes hommes homosexuels
ou identifiés comme tels. Présentation de Laurent McCutcheon,
président de Gai Écoute, lors de la conférence de
presse du 22 février 1999 qui annonçait le début
de l'étude (aujourd'hui réalisée) intitulée
Mort ou fif." Liban : "Homosexualités et suicide : témoignages
cliniques et contribution au débat à partir du Liban",
Jean-Luc Vannier : "Le choix dobjet homosexuel, au
Liban comme ailleurs, est source de souffrances indépendamment
des cadres légaux et de civlisation qui facilitent ou non le passage
à lacte. Dans le prolongement dun livre sur lhomosexualité
et le suicide paru en France, le psychanalyste Jean-Luc Vannier nous délivre
une réflexion menée à partir des éléments
de sa clinique libanaise sur le sujet où sont réintroduites
des questions dordre confessionnelles, mais aussi culturelles et
politiques." [k] Lettre ouverte de la Fédération des CGL, Aides, Act Up-Paris et Warning aux parlementaires sur la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle et identité de genre : Le jeudi 17 février 2005 Objet : La Fédération des CGL, Aides, Act Up-Paris, Warning et les Membres de la Fédération dans votre région vous demandent d'interroger le gouvernement sur la sursuicidalité des lesbiennes, des gais, des bi, des trans et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle et identité de genre Madame la Sénatrice, Madame la Députée, Au terme des neuvièmes Journées nationales pour la prévention du suicide, la Fédération française des Centres gais & lesbiens et de leurs Membres associés (qui regroupent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans et qui accueillent environ 30.000 personnes par an), Aides (première association française de lutte contre le sida), Act Up-Paris (association de lutte contre le sida issue de la communauté homosexuelle et trans) et Warning (groupe homosexuel et politique de lutte contre le sida) souhaitent attirer votre attention sur la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle et identité de genre. En effet, en raison de la pression homophobe, ces personnes mettraient fin à leur jour de manière significativement plus importante que la moyenne. Dans son rapport sur l'isolement et le suicide adressé au Premier ministre le 15 septembre 2003, Madame Christine Boutin, Députée des Yvelines, mettait ce problème de santé publique en évidence et proposait des solutions ("Pour sortir de l'isolement, un nouveau projet de société", Documentation française, Paris, pp. 65 et s., 150 et 152). Or, l'État n'a pas encore engagé daction ni de réflexion dans le but de lutter contre ces détresses. Aujourd'hui, nous souhaitons vous demander de poser une Question Écrite (QE) au ministre de la Santé, dans le cadre de vos prérogatives de parlementaire, afin qu'il vous indique ses perspectives en la matière. Engagés dans la lutte contre le suicide et contre l'homophobie, nous vous proposons le texte suivant, qu'il vous appartient évidemment de reprendre en tout ou partie. Nous nous plaçons à votre disposition pour tout complément d'information et vous prions d'agréer, Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur / Madame la Députée, Monsieur le Député, l'expression de nos sentiments les plus respectueux.
P/J : Proposition de Question Écrite (QE) au ministre de la Santé Monsieur le Ministre, Selon votre ministère, la France se situe parmi les dix pays les plus concernés au monde par le suicide. Deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans et première cause de mortalité chez les jeunes de 25 à 34 ans, le suicide reste pourtant un tabou dans notre pays. Tabou dans le tabou, le suicide des personnes lesbiennes, gaies, bi ou trans et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre représenterait chaque année une part plus que significative des 12.000 suicides et 160.000 tentatives de suicide en France. Le 7 mars 2004, l'INTER CENTRES LGBT, Fédération française des Centres gais & lesbiens et de leurs Membres associés (qui regroupent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans et qui accueillent environ 30.000 personnes par an), avait cru pouvoir estimer cette part de 40 à 60%. Cette estimation reste à valider mais n'a pas été contestée par votre ministère et s'est même vue évoquée devant le Parlement, le 21 décembre, par le Sénateur du Nord Jean-René Lecerf qui s'exprimait sur le suicide des jeunes. À titre indicatif, il est possible de mentionner ici que cette estimation serait compatible avec cinq hypothèses prises ensemble : 1/ population de 60 millions de personnes ; 2/ taux annuel de suicide de 2 pour 10.000 ; 3/ taux de personnes LGBT (et de personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre) de 10% ; 4/ taux annuel de suicide parmi ces dernières de 10 pour 10.000 ; 5/ taux annuel de suicide parmi les autres de 1,11 pour 10.000. Chaque jour en France, quelque trente personnes se suicident et 400 environ tentent de le faire. Combien sont lesbiennes, gaies, bi ou trans ? Combien sont en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre ? Dans chacune des associations membres de la Fédération des CGL (laquelle a son siège à Lille, publication au Journal officiel du 22 novembre 2003, p. 5878, n°1069), chaque bénévole connaît une personne qui a mis fin à ses jours ou tenté de le faire. Dans d'autres associations n'appartenant pas au mouvement LGBT, comme SOS Suicide Phénix Paris ou Sida Info Service, des bénévoles témoignent de la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre. L'homophobie est le facteur clef de cette sursuicidalité : comme le souligne en substance le sociologue Jean-Marie Firdion dans le "Dictionnaire de l'homophobie" paru aux Presses universitaires de France en 2003, notre société "laisse proliférer des attitudes négatives ou agressives" à leur encontre, "autant de facteurs favorisant la désespérance, la dépression, la tentative de suicide et le suicide" (p. 391 et s.). L'État ne semble mener aucune politique visible de santé publique destinée à réduire la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre. Votre ministère n'en dit mot dans le dossier consacré au suicide sur son site Internet. Pourtant, un rapport parlementaire sur l'isolement et le suicide, adressé au Premier ministre le 15 septembre 2003, rappelait que "les souffrances dues à la découverte de lhomosexualité semblent importantes, en particulier à cause de laccueil réservé par la société aux personnes homosexuelles" ("Pour sortir de l'isolement, un nouveau projet de société", Documentation française, Collection des rapports officiels). Il estimait qu'une "enquête française est [dans un premier temps] nécessaire afin de voir dans un deuxième temps les actions qui peuvent être envisagées [sur la base des données indiquées par cette enquête] pour remédier au suicide des jeunes homosexuels". Il poursuivait comme suit : "Laccueil par des travailleurs sociaux formés à ce type de problématique dans des espaces de parole neutres (en dehors du milieu scolaire par exemple) est une solution possible. De plus, la publication dune plaquette dinformation en vue de sensibiliser les parents, les enseignants et le monde professionnel aux difficultés de ces personnes formerait un autre axe dune politique de lutte contre lhomophobie" (p. 152). En même sens, l'association SOS Suicide Phénix Paris estime aujourd'hui que cette sursuicidalité est "un réel problème de santé publique qui impose une prise de conscience urgente de la nécessité de lever le double tabou que représente l'homosexualité et le suicide", et "nécessite une action impérative tant en termes de prévention que de prise en charge de cette population fortement exposée" (communication du 13 février 2005). Vous conviendrez, Monsieur le Ministre, que l'État doit assumer sa mission d'acteur de santé publique, et mener une politique effective de lutte contre le suicide des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre, adaptée à l'ampleur de ce mal. En conséquence, je vous remercie, Monsieur le Ministre : 1°/ De me préciser la date à laquelle vous entendez commander à des instituts de recherche, tels que l'INED (Institut national d'études démographiques) ou l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l'étude épidémiologique demandée le 15 septembre 2003 au gouvernement sur le lien entre suicide et homophobie et sur la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre ; 2°/ De m'indiquer les modalités selon lesquelles vous entendez associer, d'une part, Messieurs Éric Verdier et Jean-Marie Firdion, respectivement psychologue et sociologue, auteurs du seul ouvrage paru en France sur la question ("Homosexualités & suicide - Études, témoignages & analyse - Les jeunes face à l'homophobie", 2003, H&O, Montblanc), et, d'autre part, les acteurs LGBT de la société civile (parmi lesquels les associations membres de la Fédération des CGL, qui accueillent chaque jour des personnes suicidaires évoluant dans un contexte homophobe), au comité de pilotage de cette étude épidémiologique (laquelle devrait être probabiliste, à grande échelle, et porter sur tous les âges) ; 3°/ De me préciser si vous avez notamment prévu de fixer comme objectif à cette étude de valider l'estimation que l'INTER CENTRES LGBT, Fédération française des CGL, avait cru pouvoir porter le 7 mars 2004 (selon laquelle, donc, chaque année, près de la moitié des 12.000 suicides et 160.000 tentatives de suicide serait le fait de personnes LGBT ou de personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre) ; 4°/ De m'indiquer les mesures que vous entendez prendre sans plus tarder contre la sursuicidalité des personnes LGBT et des personnes en interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre (fléau qui ferait, si l'on devait suivre l'estimation précédemment citée, près de 6.000 morts par an soit près de 16 par jour) ; 5°/ De me préciser les modalités selon lesquelles vous entendez associer les acteurs LGBT de la société civile, et notamment les associations membres de la Fédération des CGL qui accueillent chaque jour des personnes suicidaires évoluant dans un contexte homophobe, à la définition et à l'application de ces mesures. Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de ma haute considération. L'INTER CENTRES LGBT fédère
les CGL de France et leurs Membres associés.
Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les sept CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris et Reims, et leurs 30 Membres associés à Amiens, Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Massy, Marseille, Mont-de-Marsan, Montpellier, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes, Rivière-Salée, Rouen et Sarreguemines, au Tampon, à Toulouse, Tours, Troyes, Valence et Versailles. Les 37 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 138 organisations et 2.546 militant/es lesbiennes, gaies, bi ou trans à travers toute la France. Ils accueillent environ 30.104 personnes par an (données 2003/2004 recueillies auprès de 21 Membres). L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le SNEG et par Connection. Elle est membre du Collectif pour une autorité indépendante universelle de lutte contre les discriminations, du Collectif "Jerusalem World Pride 2005" et des Gais et lesbiennes branchés.
INTER CENTRES LGBT PRESS RELEASE N°IC/CP/05/07 French National Days for the Prevention
of Suicide (At the initiative of the Gay and Lesbian Centre of Lille, the French Federation of GLC and other French associations who fight against AIDS condemn the inaction of the government vis-a-vis the suicide rate of LGBT people and those questioning their own sexual orientation or gender identity. This suicide rate could represent one in every two suicides. The government must wake up to its responsability in this domain of public health. They could at least make a start by confirming this estimate) From February 1st until February 12th, the ninth set of National Days for the Prevention of Suicide, organized by the UNPS (French National Union for the Prevention of Suicide), were held in many places in France. According to the French Ministry of Health, France is among the top ten countries in the world most afflicted by suicide. Synonymous with failure, weakness and shame, suicide remains a taboo in France. A taboo within a taboo, the suicide of LGBT people (and those questioning their own sexual orientation or gender identity) does not even rate a single mention on the Internet site of the UNPS. However, they could represent half of the nearly 12,000 annual deaths due to suicide and half of the 160,000 annual attempts at suicide (LGBT people and those questioning their own sexual orientation or gender identity account for about 10% of the population). This estimate, released by the French Federation of Gay and Lesbian Centres (a gathering of 138 organizations and 2,546 activists), was recently presented to the French Parliament by Jean-René Lecerf, Senator for the north of France. The government is doing nothing to tackle suicide amongst LGBT people (and those questioning their own sexual orientation or gender identity). The subject is not even mentioned in the section devoted to suicide on the Ministry of Healths Internet site. Christine Boutin did highlight it in her report on isolation and suicide presented to the Prime Minister on September 29th 2003, but no follow up action was taken along the lines which the report suggested. In particular, no public inquiry into the link between suicide and homophobia was launched. This notorious French MP did not come back to the issues raised in her report, no doubt thinking that she had already done enough penance for her avid crusade against PaCS (the French civil partnership bill open to both homosexual and heterosexual couples). In fact, on December 7th of last year she went on to vote against a law making homophobic abuse a criminal offence, something she had previously outlined as crucial in this same report. .It is estimated that about 17 LGBT people (and those questioning their own sexual orientation or gender identity) commit suicide every day in France, and about 220 attempt it. In every association belonging to the Federation each activist knows someone who has put an end to their days or who has tried to do it, sometimes remaining severely handicapped in the process. Homophobia is the key factor in the over-representation of LGBT people (and those questioning their own sexual orientation or gender identity) in this suicide rate. As the sociologist Jean-Marie Firdion puts it in the "Dictionary of homophobia" (Presses universitaires de France, 2003), our society "allows negative or aggressive attitudes to proliferate" against LGBT people (and those questionning their own sexual orientation or gender identity), "who are therefore driven to despair, depression, suicide and attempted suicide". The government must fulfill its duty to public health, put an end to its indifference and start to tackle the unacceptably high level of suicide amongst LGBT people (and those questioning their own sexual orientation or gender identity), rather then letting people think they just couldn't care less. [a] Re. the rate of suicide among LGBT
people (and those questioning their own sexual orientation or gender identity)
provided by the Federation in the absence of any public statistics, see
our press release n°IC/CP/04/03 of last March 7th: "Homophobia/LGBTphobias:
governments 'wait'; Jean-Pierre, Sébastien and 6,000 others who
committ suicide each year can 'wait' no longer". [English translation of the above French original text. In the event of any differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated thanks to T.E. and Leon Martin] Thousand of lesbians, gays, bi and trans (and those questioning their own sexual orientation or gender identity) commit suicide each year in France, but nobody cares
V18IC__200502171557ICPI/V17IC__200502170943AIDE/V16IC__200502170201WARN/ Dans une indifférence quasi-générale,
des milliers de lesbiennes, de gais, de bi, de trans et de personnes en
interrogation sur leur orientation sexuelle ou identité de genre
se suicideraient chaque année
http://inter-centres-lgbt.org/11R/11Rcp01.html Mis en ligne le 17 février 2005. Traduction mise à jour le 19 février 2005 INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o J'En Suis, J'Y Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Sept Membres titulaires : CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, J'En Suis, J'Y Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-cinq Membres associés : An Nou Allé ! (CGL Martinique), Arc-en-ciel 31 (Toulouse), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François de l'ancienne Maison de l'homosocialité de Bordeaux, Bernadette de l'ancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), Émergence 57 (Sarreguemines), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 11 octobre 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à l'utilisation des données du présent site Internet. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |
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