Projet de loi contre l'homophobie SUITE À LA LETTRE DES CGL AUX PARLEMENTAIRES, (La fédération des CGL a été
reçue à Matignon
POUR ALLER PLUS LOIN... (VERSION DÉTAILLÉE - NOTES - TRADUCTION EN ANGLAIS) §1- Suite à la lettre adressée le 24 juin par les CGL de France et par leurs Membres associés aux parlementaires (voir notre communiqué du 24 juin [a]), l'INTER CENTRES LGBT a été reçue à la Primature. Après l'adoption le 23 juin en Conseil des ministres du projet de loi (PJL) "relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe" [b], modifiant la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse [c], les CGL de France et leurs Membres associés avaient estimé que ce PJL était "tronqué". Ils avaient donc écrit à leurs députéEs et à leurs sénateurEs pour leur demander de légiférer sans délai contre l'ensemble des insultes qui participent de "l'ordre symbolique des sexes et des sexualités". La fédération des CGL devait traduire leurs inquiétudes en propositions d'amendement directement utilisables par la majorité parlementaire : une délégation composée de Nadine et David Auerbach, porte-parole déléguéEs, et de Matthieu, secrétaire national, s'est donc entretenue le 25 juin durant deux heures avec Mademoiselle Carole Moinard, conseillère technique au cabinet du Premier ministre. <CP | VD> §2- Les représentantEs de l'INTER CENTRES LGBT ont tout d'abord estimé qu'en l'état les sept articles du PJL constituaient une avancée potentielle importante vers l'égalité en droit et en dignité des personnes quelque soient leur sexe ou leur sexualité. Les femmes et notamment les lesbiennes ou les bi, les hommes gais ou bi, devraient enfin pouvoir invoquer la protection de la loi lorsqu'elles et ils sont priSEs à parti en tant que "groupes". Cette avancée sera à porter au crédit du gouvernement... à condition qu'elle aboutisse bel et bien au vote d'une loi par le Parlement. Précisément, le 24 juin, la fédération des CGL s'inquiétait du silence gouvernemental sur la question du calendrier de discussion du PJL présenté la veille. En réponse, elle a reçu l'assurance que ce texte était pour le Premier ministre un "acte fort" de son gouvernement et que l'ordre du jour du Parlement prévoirait son vote définitif avant la fin 2004 (très exactement "avant le 1er janvier 2005, dernier délai !"). Cet engagement semble conforme à "l'horizon 2004" garanti par le Premier ministre le 18 juillet 2003 aux représentantEs de l'Inter-LGBT, de la Coordination lesbienne en France et du Caritig [d]. Cependant, le 28 juin, la fédération des CGL apprenait que le jour même où elle recevait cet engagement le Président de la République et le Premier ministre signaient un décret "portant convocation du Parlement en session extraordinaire" sur la base d'un ordre du jour ne prévoyant pas l'examen du PJL avant la rentrée parlementaire. La fédération des CGL exprime sa préoccupation quant à la possibilité pour le Parlement d'examiner puis de voter ce PJL en trois mois, entre le 1er octobre et le 31 décembre, au beau milieu du débat budgétaire : elle souhaite que "l'horizon 2004" garanti par le Premier ministre ne devienne pas un "horizon indépassable" destiné à perpétuellement se reculer au fur et à mesure que l'on s'en approcherait [e]. <CP | VD> §3- Le 24 juin, l'INTER CENTRES LGBT s'inquiétait également de l'absence de mention de la collectivité départementale de Mayotte dans l'article 7 du PJL, lequel article étend pourtant la validité du PJL aux quatre autres collectivités d'outre-mer qui relèvent du principe constitutionnel de spécialité législative (la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les îles Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises). La fédération des CGL a rappelé qu'elle restait marquée par "l'oubli" du législateur qui, en 1999, n'avait étendu la loi relative au PaCS à aucune de ces cinq collectivités (où vivent plus de 630.000 FrançaisEs) [f]. Elle a rappelé qu'à ce jour encore, par exemple, des habitantEs de Nouvelle-Calédonie qui souhaitent se pacser doivent se rendre au consulat général de France à Sydney... à 1.700 km de Nouméa. En réponse, mais sans qu'une argumentation juridique précise ne lui soit fournie, elle a reçu l'assurance que malgré l'absence de mention spécifique Mayotte était bien comprise dans le champ territorial du PJL. <CP | VD> §4- L'INTER CENTRES LGBT s'inquiétait ensuite de l'exclusion des personnes trans puisqu'à aucun moment les propos discriminatoires à caractère transphobe ne sont visés par le PJL. En réponse, elle a reçu l'assurance que la Chancellerie estimait que "la transphobie pourra être couverte par les dispositions relatives aux propos sexistes" puisque "c'est à raison du sexe de la personne que les propos transphobes sont émis". La fédération des CGL a fait part de ses réserves quant à une telle interprétation qui ne paraît pas devoir s'imposer au juge de la manière la plus évidente, outre qu'elle ne répond pas aux besoins de reconnaissance des personnes trans. Elle a donc demandé que l'identité de genre soit explicitement protégée par le PJL au même titre que le sexe ou l'orientation sexuelle. Le cabinet du Premier ministre a réaffirmé que le gouvernement estimait les propos transphobes implicitement traités avec les propos sexistes et n'envisageait pas de densifier le PJL en les traitant explicitement. La fédération des CGL relève que cette position semble contraire à la position qu'aurait exprimée le Premier ministre le 24 juin (selon le communiqué de l'Inter-LGBT du 25 juin [e]). Elle relève également que cette position semble tout autant contraire à la position qu'aurait exprimée la Présidence le 1er juillet (selon le communiqué de l'Inter-LGBT du 2 juillet [e]). Elle espère alors que des amendements gouvernementaux seront finalement déposés en vue d'éviter un étrange amalgame entre les femmes et les trans à qui la République doit également reconnaissance ; à défaut, elle veillera à ce que des amendements parlementaires soient déposés en ce sens. <CP | VD> §5- L'INTER CENTRES LGBT s'inquiétait encore de l'exclusion des personnes séropositives au VIH ou sidéennes puisqu'à aucun moment les propos discriminatoires à caractère sérophobe ne sont visés par le PJL. La fédération des CGL a notamment avancé que les personnes LGBT faisaient l'objet d'atteintes à raison de leur séropositivité réelle ou supposée, et qu'il convenait dès lors de prévenir la résurgence d'atteintes LGBTphobes (devenues illicites) sous la forme d'atteintes sérophobes (restées licites). Elle a demandé que l'état de santé soit protégé par le PJL au même titre que le sexe ou l'orientation sexuelle. Le cabinet du Premier ministre a évoqué une amélioration souhaitable du droit protégeant les personnes malades ou handicapées, qui inclurait notamment la lutte contre les propos sérophobes, mais n'a pas envisagé de densifier le PJL en les traitant immédiatement. La fédération des CGL a pris bonne note de cette évocation ; elle veillera néanmoins à ce que des amendements parlementaires soient déposés en vue de mener de pair lutte contre les LGBTphobies et lutte contre la sérophobie (puisque les haines LGBTphobes et sérophobe s'expriment de pair dans notre société). <CP | VD> §6- Avant l'actuel article 1er du PJL, l'INTER CENTRES LGBT souhaitait l'insertion d'un nouvel article 1A qui définisse pour mieux les proscrire le sexisme et l'homophobie (ainsi que la transphobie et la sérophobie actuellement méconnues voire ignorées par le PJL). Elle demandait ainsi au législateur d'adopter une position de principe explicite ayant valeur de symbole, une mention compréhensible de touTEs, dotée d'une forte valeur pédagogique, qui inscrirait dans le texte même de la loi une règle forte ensuite déclinée dans le langage technique propre à modifier la loi du 29 juillet 1881 (elle-même dotée dès son article 1er d'une telle disposition, comme le législateur d'antan savait en faire : "L'imprimerie et la librairie sont libres"). La fédération des CGL citait pour modèle l'article 1er, quelque peu daté pour le coup malgré un universalisme bienvenu, de la première proposition de loi (PPL) contre l'homophobie (déposée par François Léotard le 9 novembre 1999) : "Toute discrimination fondée sur des pratiques sexuelles non réprimées par la loi est interdite" [g]. Elle proposait l'adaptation suivante : "Toute violence ou discrimination physique, morale ou symbolique fondée sur le sexe ou l'orientation sexuelle (l'identité de genre ou l'état de santé), réels ou supposés, d'une personne ou d'un groupe de personne est interdite". En renouvelant ses réserves déjà formulées quant à l'identité de genre ou à l'état de santé, le cabinet du Premier ministre a pris note avec intérêt de cette revendication susceptible de faciliter l'interprétation de la loi future par le peuple autant que par le juge. La fédération des CGL espère qu'un amendement gouvernemental sera déposé en ce sens ; à défaut, elle veillera à ce qu'un amendement parlementaire le soit. <CP | VD> §7- Concernant l'article 1er du PJL (relatif aux provocations à la discrimination, à la haine ou à la violence à raison du sexe ou de l'orientation sexuelle), l'INTER CENTRES LGBT regrettait l'absence de prise en compte explicite des provocations à raison de l'identité de genre ou de l'état de santé. Elle estimait que transphobie et sérophobie participent du même registre idéologique que le sexisme, la lesbophobie, la gaiphobie et la biphobie. Elle souhaitait en conséquence que cet article 1er vise explicitement l'identité de genre et l'état de santé au même titre que le sexe ou l'orientation sexuelle. Le cabinet du Premier ministre a renouvelé ses réserves déjà formulées quant à l'identité de genre ("déjà traitée avec le sexe") ou à l'état de santé ("susceptible d'être traitée ultérieurement"). La fédération des CGL veillera cependant à ce que des amendements parlementaires soient déposés en vue de mener de pair lutte contre les provocations LGBTphobes et lutte contre les provocations sérophobes (puisque ces provocations s'expriment de pair dans notre société). <CP | VD> §8- Concernant les articles 2 et 3 du PJL (relatifs respectivement aux diffamations et injures à raison de l'orientation sexuelle), l'INTER CENTRES LGBT constatait que ces articles opéraient une autre discrimination entre les discriminations en excluant de leur champ, ici, les diffamations et injures à raison du sexe, de l'identité de genre ou de l'état de santé. Elle souhaitait en conséquence que ces articles 2 et 3 visent explicitement le sexe, l'identité de genre et l'état de santé au même titre que l'orientation sexuelle. Le cabinet du Premier ministre a indiqué que l'exclusion des diffamations et injures à raison du sexe faisait suite à un accord trouvé entre Nicole Ameline (ministre de la Parité et de l'Égalité professionnelle), Dominique Perben (Garde des Sceaux, ministre de la Justice) et Renaud Donnedieu de Vabres (ministre de la Culture et de la Communication), "en accord avec les principales associations féministes", au motif que les concepts juridiques de diffamation et d'injure sexistes seraient "trop flous et de nature à engorger les juridictions". La fédération des CGL a soutenu qu'il fallait faire confiance au juge pour donner un contenu jurisprudentiel satisfaisant à ces concepts : elle n'a pas emporté la conviction du cabinet du Premier ministre. Pour ce qui est de l'exclusion des diffamations et injures à raison de l'identité de genre ou de l'état de santé, le cabinet du Premier ministre a renouvelé ses réserves déjà formulées quant à l'identité de genre ou à l'état de santé. La fédération des CGL veillera à ce que des amendements parlementaires soient déposés en vue de mener de pair lutte contre les diffamations et injures sexistes, lutte contre les diffamations et injures LGBTphobes et lutte contre les diffamations et injures sérophobes (puisque ces diffamations et injures s'expriment de pair dans notre société). <CP | VD> §9- Concernant l'article 5, alinéas 4 et 5 du PJL (créant un article 48-5 nouveau dans la loi de 1881 relatif à la possibilité ouverte aux associations de se porter partie civile en cas de provocation à raison du sexe si elles luttent contre "les violences ou les discriminations fondées sur le sexe") : l'INTER CENTRES LGBT constatait que cet article opérait une nouvelle discrimination entre les discriminations en reflétant les silences des articles 2 et 3 quant aux diffamations et injures à raison du sexe. Elle renouvelait en conséquence son souhait déjà formulé quant à ces articles de voir prises en compte les diffamations et injures à raison du sexe au même titre que les provocations à raison du sexe. De nouveau, elle n'a pas emporté la conviction du cabinet du Premier ministre. De nouveau, elle veillera à ce que des amendements parlementaires soient déposés en ce sens. <CP | VD> §10- Concernant l'article 5, alinéas 2 et 3 du PJL (créant un article 48-4 nouveau dans la loi de 1881 relatif à la possibilité ouverte aux associations de se porter partie civile en cas de provocation, de diffamation ou d'injure à raison de l'orientation sexuelle si elles luttent contre "les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle") : l'INTER CENTRES LGBT constate que cet article opère aussi une discrimination entre les discriminations en excluant, par opposition à l'article 48-5 précité, la notion de "violence fondée sur l'orientation sexuelle". Elle souhaite en conséquence que l'article 48-4 nouveau de la loi de 1881 mentionne les violences fondées sur l'orientation sexuelle au même titre que les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. Elle veillera à ce que des amendements parlementaires soient déposés en ce sens. <CP | VD> §11- Concernant l'article 5 du PJL pris en son ensemble, l'INTER CENTRES LGBT constatait que cet article opérait une dernière discrimination entre les discriminations en excluant les associations de lutte contre les violences ou les discriminations fondées sur l'identité de genre ou l'état de santé. Elle souhaitait en conséquence que deux articles 48-6 et 48-7 nouveaux soient créés dans la loi de 1881 pour inclure explicitement les associations de lutte contre les violences ou les discriminations fondées sur, respectivement, l'identité de genre ou l'état de santé. Le cabinet du Premier ministre a renouvelé ses réserves déjà formulées quant à l'identité de genre ou à l'état de santé. De nouveau, la fédération des CGL veillera à ce que des amendements parlementaires soient déposés en ce sens. <CP | VD> §12- Concernant les articles 1er, 2, 3 et 5 du PJL pris en leur ensemble, l'INTER CENTRES LGBT proposait de prendre en compte les provocations, diffamations, injures, violences ou discriminations visées, qu'elles reposent sur un caractère "réel ou supposé" : elle entendait ainsi éviter aux victimes de devoir, pour bénéficier de la protection de la loi, prouver devant le juge leur sexe ou leur orientation sexuelle (leur identité de genre ou leur état de santé). En renouvelant ses réserves déjà formulées quant à l'identité de genre ou à l'état de santé, le cabinet du Premier ministre a pris note avec intérêt de cette revendication susceptible de faciliter l'application de la loi future. La fédération des CGL espère qu'un amendement gouvernemental sera déposé en ce sens ; à défaut, elle veillera à ce qu'un amendement parlementaire le soit. <CP | VD> §13- Enfin, l'INTER CENTRES LGBT souhaitait l'insertion dans le PJL d'un nouvel article 1B par lequel les associations de lutte contre les violences ou les discriminations fondées sur le sexe ou l'orientation sexuelle (l'identité de genre ou l'état de santé) se verraient ouvrir le droit de réponse (reconnu par l'article 13-1 de la loi de 1881 aux associations ayant pour objet "de défendre la mémoire des esclaves et l'honneur de leurs descendants, de combattre le racisme ou d'assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse"). La fédération des CGL a souligné le paradoxe d'un PJL qui prévoyait le "plus" (la possibilité d'ester en justice) mais pas le "moins" (la possibilité d'éteindre le litige directement entre les parties). En renouvelant ses réserves déjà formulées quant à l'identité de genre ou à l'état de santé, le cabinet du Premier ministre a pris note de cette revendication. La fédération des CGL observe que cette revendication semble avoir, le 24 juin, rencontré l'agrément du Premier ministre (selon le communiqué de l'Inter-LGBT du 25 juin [e]). Elle observe également que cette position semble tout autant avoir, le 1er juillet, rencontré l'agrément de la Présidence (selon le communiqué de l'Inter-LGBT du 2 juillet [e]). La fédération des CGL espère alors que des amendements gouvernementaux seront déposés en ce sens ; à défaut, elle veillera à ce que des amendements parlementaires le soient. <CP | VD> §14- Au terme de cet entretien, le cabinet du Premier ministre a invité les représentantEs de l'INTER CENTRES LGBT à évoquer leur expérience associative. Nadine , vice-trésorière du CGL Angers (Quazar), David Auerbach, ancien secrétaire du CGL Paris, et Matthieu, président du CGL Lille (J'En Suis, J'Y Reste), ont évoqué les actions menées sur le terrain par leurs associations respectives contre les LGBTphobies, la sérophobie et (dans une moindre mesure puisque tel n'est pas le cur de leur objet) le sexisme. Ils ont évoqué l'importance des effets délétères de la "haine homophobe" prise au sens large du terme : ils ont notamment évoqué l'ampleur méconnue voire ignorée du suicide LGBT, sur lequel aucune étude publique n'a à ce jour été commandée. En l'absence de statistique nationale, ils ont considéré les études réalisées à l'étranger, et les données empiriques recueillies en France par une association spécialisée dans l'écoute téléphonique des personnes suicidaires, pour estimer que près d'un suicide sur deux (soit près de 6.000 des 12.000 suicides mortels annuels) toucherait une personne dont l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ne serait pas conforme [h]. Dans leurs CGL, lieux de convivialité et de revendication mais aussi centres d'accueil, d'écoute et de soutien, chacunE a déjà reçu une personne suicidaire ou suicidante ou connaît une personne décédée suite à un suicide. Cette hécatombe qui frappe de nombreux jeunes est pour bonne part liée au mépris de soi que ressentent des personnes plongées depuis l'enfance dans un univers hétérosexiste, univers où l'hétérosexualité est l'horizon exclusif de toute vie sexuelle ou amoureuse, où l'homophobie ambiante n'est jamais réprimée, est toujours valorisée. L'expérience quotidienne de l'accueil, de l'écoute et du soutien des lesbiennes, des gais, des bi et des trans fonde et légitime l'aspiration des CGL à une loi contre toutes les discriminations sexistes, LGBTphobes et sérophobes, maintenant. Notre expérience légitime nos revendications. La loi n'empêchera pas la haine, nous le savons. Mais notre expérience nous a appris que pour s'opposer à la haine, il nous faudra la loi comme support symbolique et effectif, comme référentiel social et légal -comme soutien. Il en va de l'intérêt général. <CP | VD> §15- En conclusion : la fédération des CGL prend acte de l'engagement calendaire pris par le gouvernement. Elle prend acte de l'intégration de Mayotte dans le champ territorial du PJL. Elle prend acte de l'intérêt manifesté par le cabinet du Premier ministre à l'égard de ses revendications relatives à l'insertion d'une position de principe de portée générale en exergue du PJL, ainsi qu'à l'ouverture du droit de réponse aux associations de lutte contre le sexisme et l'homophobie. <CP | VD> §16- En revanche, si la fédération des CGL salue la qualité d'écoute et de dialogue du cabinet du Premier ministre, elle regrette de ne pas avoir obtenu de réponse aussi satisfaisante sur ses autres revendications visant à l'égal traitement de toutes les discriminations. Elle estime notamment que le sexisme, la transphobie et la sérophobie vont de pair avec la lesbophobie, la gaiphobie et la biphobie et qu'on ne saurait réprimer l'un sans l'autre. Elle estime donc que, si ce PJL annonce en soit une avancée hautement appréciable, il n'est en l'état pas intellectuellement achevé, contrairement à ce que pourrait laisser penser le gouvernement quand il n'envisage pas de déposer lui-même d'amendements. Au vu des bonnes dispositions néanmoins manifestées par le cabinet du Premier ministre qui n'a pas exclut que des amendements reprenant certaines de ses revendications puissent être accueillis favorablement, l'INTER CENTRES LGBT formule alors le vu que le débat parlementaire permette de faire évoluer le PJL dans le sens bien compris de l'intérêt général, lequel commande à la société de protéger les plus fragiles et les plus exposéEs d'entre les sienNEs. <CP | VD> NB : Une version de travail du présent communiqué a été présentée au cabinet du Premier ministre afin qu'il puisse s'assurer de la fidélité du compte rendu de ses positions. NOTES [a] Voir notre communiqué
IC/CP/04/07 du 24 juin dernier : "Sexisme, homophobie, LGBTphobies,
sérophobie : l'INTER CENTRES LGBT ne veut pas une
loi tronquée". [b] PJL "relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe", tel qu'adopté le 23 juin dernier par le Conseil des ministres (extraits) :
[c] Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (extraits) :
[d] Sur la question
de "l'horizon 2004" initalement avancé par le
gouvernement pour ce PJL, voir le communiqué de l'Inter-LGBT, organisatrice
de la Marche parisienne des fiertés LGBT, en date du 19 juillet
2003 : "Rencontre entre lInter-LGBT et le Premier ministre" -
"Vendredi 18 juillet, une délégation de lInter-LGBT
rencontrait le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. [...] LInter-LGBT
se félicite de lengagement du Premier ministre à mettre
à lordre du jour un projet de loi permettant la pénalisation
des propos à caractère discriminatoire : les associations
auront enfin la possibilité de se défendre contre les injures,
les diffamations et les provocations à la haine fondées
sur lorientation sexuelle ou lidentité de genre des
personnes. Cette avancée prévue à lhorizon
2004 est le fruit du patient travail des associations lesbiennes, gaies,
bi et trans. Cest une victoire en particulier pour lInter-LGBT,
qui a travaillé depuis un an avec les ministères concernés
sur des propositions de réforme législative, et qui, devant
labsence de coordination interministérielle et dun
engagement clair du gouvernement, a fait de ce projet un enjeu de rapport
de force avec le gouvernement au moment de la Marche des fiertés
lesbiennes, gaies, bi et trans. [...] La mise à lordre du
jour dune loi sur les propos discriminatoires est le premier véritable
engagement de ce gouvernement depuis sa mise en place, obtenu grâce
à la mobilisation constante des associations depuis plusieurs années
déjà. [...]" [e] Sur la question
du report du PJL, voir le communiqué de l'Inter-LGBT du 25 juin
2004 : "Marche des Fiertés lesbiennes, gaies, bi et
trans le 26 juin : +Assez dhypocrisie, légalité
maintenant !+" - "Ce jeudi 24 juin, le
Premier ministre recevait des associations LGBT, au premier rang desquelles
une délégation de lInter-LGBT. Lentretien a
porté sur lensemble des grands dossiers du moment./ -Lutte
contre les discriminations :/ - -le Premier ministre confirme
sa volonté de faire adopter le projet de loi sur les propos discriminatoires
avant fin juillet, et de soutenir certaines améliorations :
ouverture des possibilités dexercer le droit de réponse
aux associations quand des propos homophobes ou lesbophobes nécessitent
une réaction, et prise en compte de lobjectif délargir
la protection prévue aux personnes transsexuelles et transgenres,
victimes de discriminations liées à lidentité
de genre ; le Premier ministre est resté plus évasif
sur les possibilité délargir le dispositif à
lensemble des propos sexistes ou tenus à raison de létat
de santé [...]" Voir ensuite le communiqué de l'Inter-LGBT
du 28 juin 2004 : "Report du projet de loi sur les propos
discriminatoires - Le gouvernement affiche son mépris, lInter-LGBT
sa colère" - "Mercredi 23 juin, le Conseil
des ministres adoptait un projet de loi sur les propos discriminatoires.
Le Garde des Sceaux "espérait" que le projet de loi serait
discuté lors de la session extraordinaire du Parlement. Le Premier
ministre prenait lengagement de faire tout son possible pour se
tenir à ce calendrier, devant les associations jeudi matin, et
se déclarait même ouvert à des améliorations./
Au lendemain dun succès historique de la Marche des fiertés
lesbiennes, gaies, bi et trans qui a rassemblé 700 000 personnes,
le Président de la République publiait un décret
annonçant lordre du jour de la session extraordinaire de
juillet. Le texte promis ne sera pas discuté cet été !/
Tant de mépris à légard dun mouvement
social et si peu de considération à la parole donnée
laisse sans voix. Lannonce faite en Conseil des ministres de mercredi
et le "petit-déjeuner" avec le Premier ministre nauraient-ils
donc servi quà déminer une marche qui sannonçait
houleuse pour le gouvernement ? Entre laplomb du ministre de
la Justice, qui parle dune "loi Nouchet" (sic) pour défendre
les personnes en raison de leurs "choix de vie" (re-sic), et
le silence coupable du ministre de lÉducation nationale pour
qui la prévention des discriminations nest pas un sujet de
dialogue, la bonne volonté affichée par le Premier ministre
et le Président de la République ne se résume donc
quà un exercice de communication très répétitif./
Combien dagressions, dinjures, dhumiliations faudra-t-il
pour que ce gouvernement se décide à légiférer
et à agir, et considère que la lutte contre les discriminations
ne souffre daucun délai supplémentaire ? Instrumentaliser
les victimes et les associations est à la portée de tous :
agir est visiblement une autre affaire. Les espoirs exprimés lors
de la Marche des fiertés du 26 juin ont été trahis,
il ne reste plus que la colère. _Assez dhyprocrisie, des
actes, maintenant !_" Voir encore le communiqué de l'Inter-LGBT du
2 juillet 2004 : "LInter-LGBT reçue à
lÉlysée - De nouvelles promesses, et une colère
intacte" - "_LInter-LGBT était reçue
le 1er juillet à lÉlysée. Ce rendez-vous faisait
suite au report de dernière minute du projet de loi sur les propos
discriminatoires. Il a donné lieu à la répétition
des engagements déjà pris par le gouvernement sur lamélioration
de ce projet de loi et sa mise en application au 1er janvier 2005 [...].
Le seul rappel de ces promesses ne satisfait pas lInter-LGBT. Lundi
5 juillet, son Conseil réunira les associations pour décider
des actions à engager, afin que les actes suivent._/ LInterassociative
Lesbienne, gaie, bi et trans était reçue ce jeudi 1er juillet
à lÉlysée. Alain Piriou, porte-parole, et Laurent
Chéno, secrétaire de la Commission politique, étaient
reçus par Marie-Claire Carrère-Gée, conseillère
aux Affaires sociales, et Christian Mellottee, conseiller à la
Justice du président de la République./ Lentretien
sest déroulé dans un climat de crise, suite au report
du projet de loi sur les propos discriminatoires. Cest un décret
signé par le Président de la République la veille
de la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans, et rendu
public le lendemain, un dimanche, qui a écarté de la session
extraordinaire de juillet la discussion de ce projet de loi, au contraire
des 13 autres textes qui y seront discutés. Le 24 juin, pourtant,
lengagement du Premier ministre était sans ambiguïté,
quoi quen disent certains communiqués de presse [dont
celui de l'association GayLib ? NDLR] rafistolés après
leur publication : ce texte devait être débattu en juillet,
cette annonce permettant au gouvernement de temporiser vis-à-vis
de la presse. LUMP déclarait dailleurs le 24 juin dans
un communiqué : "LUMP se réjouit de la décision
du Premier ministre, annoncée ce matin aux associations, de présenter
le projet de loi pénalisant les propos homophobes et sexistes avant
la fin de la session parlementaire extraordinaire."/ LÉlysée
affirme ne pas avoir été au courant de cet engagement, que
Matignon démentirait. Les conseillers du Président ont réaffirmé
lobjectif dun vote du projet de loi en première lecture
"à lautomne" et "dès que possible",
pour une "mise en application au 1er janvier 2005". Le Président
de la République serait ouvert à des améliorations,
notamment pour ouvrir lexercice du droit de réponse aux associations
LGBT dans les mêmes termes que pour les associations anti-racistes,
et pour élargir les protections prévues aux personnes trans,
par lajout du motif "identité de genre". Par contre,
lElysée confirme ne pas souhaiter un dispositif complet pour
la lutte contre le sexisme. [...]." Voir enfin ce communiqué de l'UMP du 24 juin
2004 : "LUMP se réjouit que le projet de loi
pénalisant les propos homophobes et sexistes soit présenté
avant la fin de la session parlementaire extraordinaire" -
"LUMP se réjouit de la décision du Premier ministre,
annoncée ce matin aux associations, de présenter le projet
de loi pénalisant les propos homophobes et sexistes avant la fin
de la session parlementaire extraordinaire./ Il est important quil
ny ait plus de hiérarchie entre les discriminations et que
racisme, antisémitisme, homophobie et sexisme soient traités
de la même manière par la loi./ Cest pourquoi lUMP
apportera son soutien déterminé au gouvernement durant la
discussion parlementaire comme la indiqué la direction de
lUMP à Alain Piriou, porte-parole de lInter-LGBT en
le recevant au siège de lUMP mercredi 23 juin./ A loccasion
de la marche des fiertés LGBT du 26 juin à Paris, Jeannette
Bougrab, porte-parole, et Jean-Luc Romero, secrétaire national,
représenteront lUMP. Gay Lib, mouvement associé à
lUMP, participera aussi à cette manifestation." [f] Sur le PaCS
et sur les cinq collectivités d'outre-mer qui relèvent du
principe constitutionnel de spécialité législative,
voir les conclusions des IXèmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT
(§25 et 26, puis note 3). [g] PPL n°1893
relative à la lutte contre la provocation à la discrimination,
à la haine ou à la violence à l'égard de personnes
à raison de leurs pratiques sexuelles non réprimées
par la loi, déposée le 9 novembre 1999 par François
Léotard (sous la XIème Législature). [h] Sur le suicide
LGBT, voir notre communiqué IC/CP/04/03 du 7 mars dernier :
"Homophobie / LGBTphobies : les gouvernements "attendent",
Jean-Pierre, Sébastien et 6.000 suicidées par
an "n'attendent" plus" (§32 à 34, puis
notes 6 et 7). INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les huit CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris, Reims et Toulouse, et leurs 23 Membres associés à Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Marseille, Mont-de-Marsan, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes et Rouen, au Tampon, à Tours, Troyes et Valence. Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 2022 militantEs et 102 organisations LGBT à travers toute la France. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. FRENCH BILL AGAINST HOMOPHOBIA: THE GOVERNMENT COMMITS
ITSELF ON A TIME LIMIT AND CONSIDERS AMENDMENTS/ Press release of the
"INTER CENTRES LGBT" (French federation of les-bi-gay and trans
centres)/ [English summary of the previous French original summary. In
case of differences between the English translation and the French original,
the French text shall prevail. Translated by LGT.]/ Angers (FRANCE, Maine-et-Loire),
Monday, July 5th 2004/ Fight against homophobia/ French bill against homophobia:
the government commits itself on a time limit and considers amendments
(French federation of les-bi-gay and trans centres was received by the
Prime minister's staff to specify the claims of its letter of June 24th)/
On June 23rd, the French Council of Ministers adopted the bill "relating to the fight against sexist or homophobic discriminatory speeches". June 24th, considering this bill is incomplete, the "INTER CENTRES LGBT" addressed a letter to the Members of Parliament to ask them to legislate "now, on all of the territory of the Republic, against all sexist, homophobic, LGBTphobic and serophobic speeches". The "INTER CENTRES LGBT" was received by the Prime Minister's staff to translate the claims expressed by this letter in the langage suitable for the Parliament./ We obtained satisfaction on territorial field of the bill (which would include Mayotte, Indian Ocean's French island). We obtained some satisfaction on the bill's timetable: the government had committed himself on an Act "by 2004", it will be an Act "before January 1st 2005". We did not obtain satisfaction about sexist slanderings and insults (which would be "juridically fuzzy"). On our other claims, the government could accept amendments relating on insertion in the bill of an assertion of principle with general range (which would define homophobia)./ In conclusion, the "INTER CENTRES LGBT" estimates that if this bill forecasts an undeniable advance, it remains intellectually unfinished as it ignores the relationship between the various forms of LGBTphobic hatreds, which are not equally considered. The "INTER CENTRES LGBT" hopes that the parliamentary procedure will be for the government the occasion to confirm its good intention and equalize these differences. It is an emergency: each day, LGBTphobic hatreds lead to murders or suicides. It is high time the government repress them: public interest demands it./ See our press release of June 24th: "Sexism,
homophobia, LGBTphobias, serophobia: a law, now". V6IC__200407071652____/V5IC__200407052221ICP_/V4DA__200407030342CMCC/ <Communiqué précédent | Agenda 10R | Communiqué suivant> http://inter-centres-lgbt.org/10R-1/10R-1cp1loi.html
Mis en ligne le 5 juillet 2004. Mis à jour le 9 juillet 2004 INTER CENTRES LGBT Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o JEn Suis, JY Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Huit Membres titulaires : Arc-en-ciel 31 (Toulouse), CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, JEn Suis, JY Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-trois Membres associés : Alter Égaux (Nancy), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François Garrido de lancienne Maison de lhomosocialité de Bordeaux, Bernadette de lancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 5 mai 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à lutilisation des données du présent site Internet. LINTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |
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