INTER CENTRES LGBT
Fédération française des CGL et des militantEs qui se destinent
à l'accueil des personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans)


COMMUNIQUÉ N°IC/CP/04/08
Angers (49), le lundi 28 juin 2004



Dixièmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT

FRAGILITÉ DES ASSOCIATIONS LGBT :
L'INTER CENTRES LGBT TIRE LE SIGNAL D'ALARME

(La fédération des CGL tient sa 10ème Assemblée générale
à Marseille-Luminy, dimanche 18 et lundi 19 juillet prochains)


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Sébastien Nouchet
et son compagnon,
Patrice Jondreville

Cortège de SOS homophobie
Marche des Fiertés LGBT
du 26 juin 2004 à Paris
© INTER CENTRES LGBT / David Auerbach

   
§1-/ Fragilité des associations LGBT : l'INTER CENTRES LGBT tire le signal d'alarme/ Après avoir tenu ses IXèmes Rencontres nationales à Metz en février dernier (voir les conclusions de ces Rencontres [a]), l'INTER CENTRES LGBT tiendra ses Xèmes Rencontres nationales à Marseille, dimanche 18 et lundi 19 juillet prochains. Toute association concernée par l'objet de la fédération des CGL est invitée à rejoindre les huit CGL signataires de la Charte des Centres LGBT de France et leurs 23 Membres associés, qui seront accueillis par Nadine  (Vice-Trésorière du CGL Angers).

§2- La priorité des Xèmes Rencontres INTER CENTRES LGBT sera d’alerter l’opinion sur la fragilité du tissu associatif LGBT. Les CGL de Toulouse, Montpellier, Marseille, Tours et Bordeaux ont déjà disparu. Les Membres associés de l'INTER CENTRES LGBT à Cherbourg, Troyes et Beauvais ont disparu. Toulouse a pu voir renaître un CGL, mais dans chacune des autres villes les populations LGBT n'ont pas retrouvé le niveau de protection et de défense de leurs intérêts qui était assuré par ces associations. Et peut-être n'est-ce pas fini : la pérennité des CGL de Metz et Paris ou des Membres associés à Caen et Valence, notamment, est à son tour menacée. À quelques exceptions près, d'autant plus appréciables qu'elles sont rares, nos associations ne reçoivent pas un soutien pertinent des autorités de la République (éluEs locaux ou nationaux, gouvernement, décideurEs administratiVEs...). Pourtant, nos associations luttent chaque jour sur le terrain pour l’application à toutes et tous des valeurs de la République. Nous menons chaque jour sur le terrain des actions d'intérêt public que personne d'autre ne peut ou ne veux mener, notamment en matière de prévention suicide ou VIH/sida. La fédération des CGL s'interrogera sur la corrélation à établir entre l'effondrement des subventions à ses programmes de lutte contre le VIH/sida et la recrudescence des IST constatée le 23 juin dernier par l'InVS [b]. Elle réfléchira aux démarches à mener de toute urgence pour réaffirmer auprès des pouvoirs publics l'utilité sociale de son action.

§3- Dans le cadre de son objectif de lutte contre l'homophobie, l'INTER CENTRES LGBT décernera son "Prix 2004 de la démarche la plus favorable à l'intégration sociale et à l'épanouissement des personnes LGBT", puis son "Anti-Prix 2004 de la démarche la plus préjudiciable à l’intégration sociale et à l’épanouissement des personnes LGBT".

Parmi les démarches "favorables" pressenties lors des dernières Rencontres de Metz :

  • Le courage de Sébastien Nouchet, de son entourage et de son compagnon Patrice Jondreville depuis l'agression du 16 janvier 2004 à Nœux-les-Mines (62) ;
  • L’acceptation du principe de la tenue de cérémonies républicaines de PaCs en mairie, par Franck Leroy, maire d’Epernay (51), le 5 novembre 2003 ;
  • La tenue d’une cérémonie républicaine de PaCS en mairie, par Marie-Odile Téruel, conseillère municipale à Villers-lès-Nancy (54), le 9 novembre 2002 ;
  • Le soutien de la DDASS Maine-et-Loire aux projets de Quazar, CGL Angers, depuis le 30 novembre 2001 ;
  • Le soutien de la mairie du Mans aux projets d’HOMogênE, Membre associé de la fédération au Mans, depuis mai 1996 ;
  • Le soutien de la mairie de Carvin (62) aux projets des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence de Lille depuis le 28 novembre 2003 ;
  • La création de la mallette pédagogique "Vivre ses différences - Comment parler de l'homophobie" par Couleurs Gaies, CGL Metz, et notamment Dominique Weyant, en janvier 2004 ;
  • La réalisation de la manifestation culturelle et sociale "Différences de différences" par Massimo , salarié du CGL Paris, du 17 mai au 25 juin 2003 ;
  • Le soutien d’établissements commerciaux orléanais à la campagne de prévention VIH/sida menée par le GAG, Membre associé de la fédération à Orléans, durant l’été 2003 ;
  • La campagne publicitaire diffusée par la librairie indépendante nîmoise "Goyard" lors des fêtes de la fin 2003, reprenant des petites annonces de rencontre banalisant le fait LGBT avec en particulier celle-ci : "Marcel P. désire rencontrer J.H. à la recherche du temps perdu et + si affinités", au milieu d’autres panneaux comme : "Marguerite D. cherche Amant pour...".

Parmi les démarches "préjudiciables" pressenties lors des dernières Rencontres de Metz :

  • Les agressions homophobes de François Chenu, Jean-Pierre Humblot et Sébastien Nouchet ;
  • L’attitude de la mairie de Metz (aggravée depuis par la fermeture arbitraire du centre-ville messin à la 2ème Marche des Fiertés LGBT de Lorraine organisée le 5 juin dernier par Couleurs Gaies, CGL Metz, et par Homonyme, Membre associé de la fédération à Nancy) ;
  • L’attitude de la DDASS Gironde lors de la fermeture du CGL Bordeaux, le 28 février 2003 ;
  • L’attitude des structures "qui freinent l’information contre les homophobies" ;
  • Les déclarations de Dominique Versini, secrétaire d’Etat à la lutte contre la précarité et l’exclusion, le 28 mai 2002, dans l’émission "Pot-au-feu" de Jean Lebrun diffusée sur France Culture, estimant que "2.000, 5.000 enfants roumains de 8 à 12 ans sont livrés à la prostitution dans Paris et sont exploités, utilisés dans des backrooms, des boîtes de nuit…".

§4- Soucieuse de protéger et défendre les personnes LGBT sur l'ensemble du territoire national, en métropole comme outre-mer, l'INTER CENTRES LGBT étudiera la candidature de An Nou Allé ! (Association lesbienne, gaie, bi & trans de Martinique et des Martiniquaises et Martiniquais en France), nouvellement créée par Louis-Georges Tin, qui se donne pour objet de favoriser l'émergence d'un projet de CGL en Martinique.

§5- L'intégralité du projet d'ordre du jour des Xèmes Rencontres INTER CENTRES LGBT sera disponible sur notre site [c]. Pour rappel : l'objet de l'INTER CENTRES LGBT est de fédérer les CGL et les militantEs qui se destinent à l'accueil des personnes LGBT. L'INTER CENTRES LGBT rassemble les acteurs sociaux généralistes et de terrain du tissu associatif LGBT national. À travers toute la France, en métropole comme outre-mer, ses 31 Membres titulaires et associés gèrent notamment des locaux ouverts à tout public intéressé par les questions relatives à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre. Leur principale compétence est, au quotidien, d'accueillir et d'écouter des personnes en situation d'interrogation, de difficulté voire de détresse. Le CGL Angers, Quazar, assure actuellement la présidence de la fédération des CGL.

 

Pour l’INTER CENTRES LGBT,

Vu l'article 10, al.5 des statuts,

La Porte-parole nationale déléguée,
Nadine 
+33 (0)6 99 39 57 77

Le Porte-parole national délégué,
David Auerbach
+33 (0)6 12 95 16 21

porteparolat@inter-centres-lgbt.org

 


[a] "Homophobie / LGBTphobies : les gouvernements "attendent", Jean-Pierre, Sébastien et 6.000 suicidé–e–s par an "n'attendent" plus (Conclusions des IXèmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT)" :
http://inter-centres-lgbt.org/09R/09Rpv.html

[b] InVS, communiqué de presse du 23 juin 2004, "Les comportements sexuels à risque se maintiennent à un niveau préoccupant parmi la population homosexuelle masculine" :

"Les données de la surveillance de l’infection à VIH (*1), des autres infections sexuellement transmissibles et des enquêtes de comportements menées par l’Institut de veille sanitaire soulignent la fréquence des pratiques sexuelles à risque dans la population homosexuelle.

"La transmission du VIH, toujours active dans la population homosexuelle masculine
"Les résultats de la notification obligatoire du VIH (*2) indiquent que 27% des personnes ayant découvert leur séropositivité sont des homosexuels masculins dont la contamination a eu lieu dans les 6 derniers mois pour 58% d’entre eux. Bien que les hommes gay aient plus fréquemment recours au dépistage que le reste de la population, ces données témoignent néanmoins d’une transmission active persistante du VIH parmi la communauté homosexuelle.

"Une recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST)
"La survenue d’IST dans la communauté homosexuelle masculine oriente elle aussi vers une recrudescence des comportements à risque. L’augmentation des cas de syphilis a été de plus de 100% entre 2001 et 2002 (*3) et, en dépit des actions de prévention et des incitations au dépistage, 428 cas ont été notifiés à l’InVS en 2003. Depuis l’émergence de cette épidémie, 80% des cas concernent des homosexuels masculins et la moitié est co-infectée par le VIH./ Plus récemment, une investigation de l’InVS à la suite de signalements en provenance des Pays-Bas et de Belgique a permis d’identifier 38 cas de lymphogranulomatose vénérienne rectale (LGV) en France (*4), tous survenus dans la communauté homosexuelle.

"Des comportements à risque persistants
"L’Enquête Baromètre Gay 2002 (*5) réalisée dans les lieux de rencontre gay en France souligne la persistance du relâchement de la prévention : 53 % des répondants indiquaient avoir eu plus de 10 partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois. Les pratiques à risque avec les partenaires occasionnels concernaient plus de la moitié des répondants pour la fellation avec exposition au sperme, 93% pour la pénétration anale et 33% déclaraient au moins une pénétration anale non protégée. Enfin, un sur 10 indiquait être séropositif tandis que plus d’un quart ignorait son statut sérologique./ Les causes de ce relâchement sont multiples et leur analyse demeure complexe. L’Enquête Presse Gay 2004, qui débutera en septembre prochain permettra de mieux les appréhender. Cependant, face à ces résultats préoccupants la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la lutte contre le sida et de la prévention demeure plus que jamais nécessaire. L’information des populations concernées doit contribuer à renforcer leur prise de conscience et leur vigilance face aux risques de transmission sexuelle."

Références
1. "Maintien des comportements sexuels à risque dans la population homosexuelle masculine", Département maladies infectieuses, Institut de veille sanitaire. Synthèse réalisée le 21 Juin 2004.
2. "Données de la notification obligatoire du VIH et de la surveillance virologique au 30/09/03", Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°24-25/2004.
3. "Surveillance de la syphilis en France métropolitaine", InVS, 2000-2003.
4. "Émergence de Lymphogranulomatose vénérienne rectale en France". Cas estimés au 31 mars 2004. Synthèse réalisée le 1er juin 2004.
5. "Enquête Baromètre Gay 2002 et réponse Flash".
L’ensemble de ces données est disponible sur le site de l’InVS : www.invs.sante.fr
http://www.invs.sante.fr/display/?doc=presse/2004/communiques/ist_230604

[c] Projet d'ordre du jour des Xèmes Rencontres INTER CENTRES LGBT :
http://inter-centres-lgbt.org/10R-1/10R-1oj.html


INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés
Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les huit CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris, Reims et Toulouse, et leurs 23 Membres associés à Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Marseille, Mont-de-Marsan, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes et Rouen, au Tampon, à Tours, Troyes et Valence.
Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 2022 militantEs et 102 organisations LGBT à travers toute la France.
L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies.

Version anglaise
BRITTLENESS OF LGBT ASSOCIATIONS : THE "INTER CENTRES LGBT" GIVES THE ALERT/ Press release of the "INTER CENTRES LGBT" (French federation of les-bi-gay and trans centres)/ [English summary of the previous French original text. In case of differences between the English translation and the French original, the French text shall prevail. Translated thanks to DA and http://www.google.fr/language_tools?hl=fr.]/ Angers (FRANCE, Maine-et-Loire), Monday, June 28th 2004/ Tenth General Assembly of the "INTER CENTRES LGBT"/ Brittleness of LGBT associations : the "INTER CENTRES LGBT" gives the alert (French federation of les-bi-gay and trans centres holds its 10th General Assembly in Marseilles-Luminy, Sunday, July 18th and Monday, July 19th)/ The top priority of the 10th General Assembly of the "INTER CENTRES LGBT" will be to give the alert about the financial brittleness of LGBT associations. After the last years disappearance of many of them, and whereas perenniality of many of the survivors is threatened, les-bi-gay and trans centres will try to find the means to reaffirm toward government the social utility of their action. They will wonder about correlation between the recent recrudescence of STI and the collapse of the subsidies to their campaigns against HIV and AIDS./ In order to fight against homophobias, they will award their "2004' Price of the most favorable step" and their "2004' Anti-Price of the most prejudicial step" to social integration and blooming of LGBT people./ The "INTER CENTRES LGBT" will also admit a new association, An Nou Allé! (Lesbian, Gay, Bi & Trans Association of Martinique).

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http://inter-centres-lgbt.org/10R-1/10R-1cp0.html
Mis en ligne le 28 juin 2004

INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés
Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003)
contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/
c/o J’En Suis, J’Y Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille
Huit Membres titulaires : Arc-en-ciel 31 (Toulouse), CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, J’En Suis, J’Y Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie
Vingt-trois Membres associés : Alter Égaux (Nancy), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires),
Mimi (Nice), Siegfried  des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François Garrido de l’ancienne Maison de l’homosocialité de Bordeaux, Bernadette  de l’ancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux),
Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs)
Données à jour au 5 mai 2004
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