Projet de loi contre l'homophobie SEXISME, HOMOPHOBIE, LGBT-PHOBIES, SÉROPHOBIE : (La fédération des CGL écrit aux
parlementaires pour leur demander
§1-/
Sexisme, homophobie, LGBTphobies, sérophobie : l'INTER CENTRES LGBT ne veut pas une loi tronquée/ Suite
à leurs neuvièmes Rencontres nationales [a],
les CGL de France et leurs Membres associés écrivent à
leurs députéEs et sénateurEs respectiVEs pour leur
demander de s'engager clairement en faveur du vote rapide d'une loi contre
le sexisme, l'homophobie, les LGBTphobies et la sérophobie [b].
§2- Certes, Dominique Perben, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, a présenté mercredi 23 juin en Conseil des ministres un projet de loi "relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe" [c]... Mais il n'a pas indiqué que ce projet serait inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale avant la fin de l'actuelle session parlementaire (alors que l'agression subie par Sébastien Nouchet le 16 janvier dernier a montré l'urgence d'un tel texte). Il n'a pas indiqué que ce projet concernerait tout le territoire de la République (alors que la collectivité départementale de Mayotte semble devoir en être exclue [d]). Il n'a pas indiqué que ce projet comprendrait une position de principe explicite et forte qui définisse l'homophobie (alors que la proposition de loi déposée par François Léotard le 9 novembre 1999 affirmait en son article 1er que "toute discrimination fondée sur des pratiques sexuelles non réprimées par la loi est interdite"). Il n'a pas évoqué les propos transphobes ou sérophobes (alors que transphobie et sérophobie participent du même corpus idéologique que le sexisme, la lesbophobie, la gaiphobie et la biphobie). Enfin, il a envisagé que des distinctions restent admises dans le traitement réservé aux différentes formes de haine (qu'il s'agisse de racisme, d'antisémitisme, de sexisme, de LGBTphobies ou de sérophobie), alors qu'il conviendrait de ne plus tolérer de discrimination entre les discriminations [e]. §3- La fédération des CGL estime en conséquence que les parlementaires doivent manifester dès maintenant leur intention de réprimer sans délai l'ensemble des propos sexistes, homophobes, LGBTphobes et sérophobes sur l'ensemble du territoire de la République. L'INTER CENTRES LGBT estime que les parlementaires doivent prendre conscience que ces propos ne relèvent pas de la liberté d'opinion car ils légitiment, chaque fois qu'ils sont proférés, les violences souvent mortelles de l'idéologie de "l'ordre symbolique des sexes" [f].
[a] Résolution IC/9R/C7.
Voir notre communiqué IC/CP/04/03 du 7 mars dernier : "Homophobie
/ LGBTphobies : les gouvernements "attendent", Jean-Pierre,
Sébastien et 6.000 suicidées par an "n'attendent"
plus" (§15 à 20).* Voir aussi notre communiqué
IC/CP/04/02 du 14 février dernier : "L'homophobie
n'est pas une histoire belge".** [b] Lettre des Membres de l'INTER CENTRES LGBT aux parlementaires : "Objet : La Fédération des CGL de France vous demande de vous engager en faveur du vote, avant lété, dune loi contre les discriminations fondées sur le sexe, le genre ou l'état de santé "Madame la Sénatrice / Madame la Députée
/ "Le CGL de
, Membre titulaire de la Fédération
des CGL de France / "Nous avons touTEs étéEs choquéEs et horrifiéEs par la violence de lagression du 16 janvier dernier à Nux-les-Mines, où un homme a été aspergé dessence puis immolé par ses agresseurs parce quil était homosexuel. En 1999, des manifestantEs anti-PaCS criaient : "Les pédés au bûcher !". Des paroles aux actes, le pas aura donc été franchi... Mais pour cette agression médiatisée, combien sont passées sous silence ? Le 17 janvier 2002 à Metz (57), un homosexuel est agressé. Le 13 septembre 2002 à Reims (51), François Chenu est battu à mort puis jeté à leau en raison de son orientation sexuelle. Le 6 octobre 2002 à Paris (75), Bertrand Delanoë, maire et homosexuel, est poignardé par un homme qui voulait exprimer ainsi sa haine des hommes politiques et des homosexuels. Le 3 juillet 2003, à Reims de nouveau, un homosexuel est jeté à leau. Le 6 juillet 2003 à Nancy (54), un homosexuel est jeté dans un canal. Le 20 juillet 2003 à Maxéville (54), deux hommes qui se tenaient par la main sont injuriés puis battus au sol. Le 1er août 2003, à Nancy de nouveau, Jean-Pierre Humblot est jeté dans un canal, où il périra, en raison de son orientation sexuelle et de son identité de genre. Le 1er novembre 2003, à Metz de nouveau, un homosexuel est passé à tabac. Le 10 mars dernier à Villetaneuse (93), un homosexuel est passé à tabac et dépouillé de ses vêtements. Le 27 mai à Rouen (76), Franck Duhamel, qui doit être symboliquement marié à son compagnon le 24 juillet prochain à Caudebec-lès-Elbeuf, est insulté, menacé puis frappé par un de ses collègues de travail. Etc. "Le racisme ou lantisémitisme ne sont pas des opinions. Le sexisme, lhomophobie, la lesbophobie, la gaiphobie, la biphobie, la transphobie et la sérophobie non plus. Ce sont des maux profondément ancrés dans notre société. Lindignation ne suffit pas à les combattre : il leur faut une réponse politique. Nous, citoyenNEs, femmes et hommes, lesbiennes, gais, bi, trans et hétéro, séronégatiVEs, séropositiVEs et sidéenNEs, sommes blesséEs par les atermoiements de certainEs de nos éluEs qui, bien qu'ils considèrent les discriminations de sexe, de genre ou d'état de santé comme des sujets "importants", ne prennent pas la mesure des injustices, des angoisses et des souffrances vécues par nombre d'entre nous. Nous sommes en colère devant linertie de nos institutions qui nous laissent quotidiennement exposéEs au harcèlement, à la discrimination et aux violences verbales et physiques du fait de préjugés archaïques. Nous demandons, sans délai, une véritable politique de lutte contre toutes les discriminations. De la même façon que sont punis les propos racistes et antisémites, nous demandons le vote avant lété dune loi qui punisse linjure, la diffamation et la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence au motif du sexe, de lorientation sexuelle, de lidentité de genre ou de l'état de santé. Nous demandons la mise en place rapide dune Autorité indépendante de lutte contre les discriminations qui soit dotée de moyens réels pour assister et défendre les victimes. Nous demandons la mise en place dune campagne de sensibilisation à la lutte contre les discriminations et au respect de la diversité des sexes, des sexualités, des identités de genre et des états de santé, sur les lieux de travail et à lécole. Nous assumons nos devoirs civiques : nous exigeons aussi nos droits civils. "C'est pourquoi, Madame la Sénatrice / Madame la Députée / Monsieur le Sénateur / Monsieur le Député, nous vous demandons de bien vouloir nous faire connaître votre sentiment sur la nécessité du vote avant l'été du projet de loi annoncé par le gouvernement. Nous vous demandons également de bien vouloir nous faire connaître votre sentiment sur la nécessité d'intégrer à ce projet de loi les objectifs de lutte contre la transphobie et contre la sérophobie, actuellement ignorés. Vous avez aujourdhui le devoir dagir, de faire aboutir les travaux de réflexion qui ont été engagés, notamment, avec les associations LGBT telles la nôtre. Votre engagement concret et public traduira seul votre détermination à faire progresser la société française vers plus de sérénité et plus de respect. Sollicitant votre compréhension, nous nous plaçons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, et serions heureux de vous rencontrer prochainement afin de vous exposer plus avant notre point de vue, et de recueillir vos observations et vos suggestions. "Vous remerciant à lavance, et dans lespoir dun prochain rendez-vous, nous vous prions de croire, Madame la Maire / Monsieur le Maire, en lexpression de notre respectueuse considération."
[c] Texte de projet de loi communiqué le 8 juin dernier à l'Inter-LGBT par le Premier ministre : "RÉPUBLIQUE FRANÇAISE/ Ministère de la justice/ NOR : JUSX0400139L/R1/ PROJET DE LOI relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe "Article 1er/ Il est inséré, après le huitième alinéa de larticle 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, un alinéa ainsi rédigé :/ "Seront punis des mêmes peines [un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende ou l'une de ces deux peines seulement] ceux qui, par ces mêmes moyens [soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l'écrit, de la parole ou de l'image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par tout moyen de communication audiovisuelle], auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à légard dune personne ou dun groupe de personnes à raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle." "Article 2/ Il est inséré, après le deuxième alinéa de larticle 32 de la loi précitée, un alinéa ainsi rédigé :/ "Sera punie des mêmes peines [un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende ou l'une de ces deux peines seulement] la diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personne à raison de leur orientation sexuelle." "Article 3/ Il est inséré, après le troisième alinéa de larticle 33 de la loi précitée, un alinéa ainsi rédigé :/ "Sera punie des mêmes peines [six mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende] linjure commise dans les mêmes conditions [par les mêmes moyens, envers les particuliers, lorsqu'elle n'aura pas été précédée de provocations] envers une personne ou un groupe de personne à raison de leur orientation sexuelle." "Article 4/ La deuxième phrase du 6° de larticle 48 de la loi précitée est ainsi rédigée :/ "Toutefois, la poursuite pourra être exercée doffice par le ministère public dans les cas prévus par le deuxième et le troisième alinéa de larticle 32 et par le troisième et le quatrième alinéa de larticle 33." "Article 5/ Il est inséré, après larticle
48-3 de la loi précitée, deux articles ainsi rédigés : "Article 6/ I. - Au dixième alinéa de larticle 24, au troisième alinéa de larticle 32 et au quatrième alinéa de larticle 32 de la loi précitée, les mots : "par lalinéa précédent" sont remplacés par les mots : "par les deux alinéas précédents"./ II. - Au premier alinéa de larticle 63 de la loi précitée, les mots : "alinéa 5", "alinéa 2" et "alinéa 3" sont respectivement remplacés par les mots : "alinéas huit et neuf", "alinéas deux et trois" et "alinéas trois et quatre"./ III. - A larticle 65-3 de la même loi, les mots : "le huitième alinéa", "le deuxième alinéa" et "le troisième alinéa" sont respectivement remplacés par les mots : "le huitième et le neuvième alinéa", "le deuxième et le troisième alinéa" et "le troisième et le quatrième alinéa". "Article 7/ La présente loi est applicable en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna." Cf. le texte de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de
la presse.* [d] Pour un
éclairage sur le statut constitutionnel de Mayotte et de l'Outre-mer
non-départemental, voir les conclusions des IXèmes Rencontres
nationales INTER CENTRES LGBT, note 3 (§52).* [e] Communiqué du 8 juin
dernier de l'Inter-LGBT, organisatrice de la Marche des Fiertés
LGBT de Paris : "Le gouvernement rend public son projet
de loi sur les propos discriminatoires - LInter-LGBT déplore
dimportants oublis et demande au gouvernement un calendrier précis" :/
[...] Parmi les propos sexistes, seules les provocations à la
discrimination, à la haine ou à la violence seront pénalisées.
Les injures ou les diffamations à caractère sexiste ne
sont pas traitées dans le projet de loi./ Le projet exclut également
de la protection prévue les personnes transsexuelles et transgenres.
[...] Même constat pour les discriminations fondées sur
létat de santé, notamment la séropositivité,
source dinjures ou de provocations à la discrimination./
Enfin, la loi ne prévoit pas détendre lexercice
du droit de réponse aux associations LGBT [...]. Pourtant, lexercice
du droit de réponse est une alternative moins lourde quune
procédure devant les tribunaux. [...]"* [f] Ainsi, en France, près
de 400 femmes décèderaient chaque année sous les
coups de leur conjoint (enquête "Eurobaromètre",
1999).* Près de 6.000 personnes LGBT se suicideraient chaque
année, suite notamment aux persécutions LGBTphobes voire
sérophobes dont elles seraient l'objet. Voir notre communiqué
IC/CP/04/03 du 7 mars dernier : "Homophobie / LGBTphobies :
les gouvernements "attendent", Jean-Pierre, Sébastien
et 6.000 suicidées par an "n'attendent"
plus" (§32 à 34).** INTER CENTRES LGBT
Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT sont les huit CGL d'Angers, Lille, Lyon, Metz, Paris, Reims et Toulouse, et leurs 23 Membres associés à Bordeaux, Caen, Chartres, Chauny, Cherbourg, Dijon, Grenoble et Lyon, au Mans, à Marseille, Mont-de-Marsan, Nancy, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Rennes et Rouen, au Tampon, à Tours, Troyes et Valence. Les 31 Membres de l'INTER CENTRES LGBT fédèrent 2022 militantEs et 102 organisations LGBT à travers toute la France. L'INTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies.
SEXISM, HOMOPHOBIA, LGBT-PHOBIAS, SEROPHOBIA:
A LAW, NOW/ Press release of the "INTER CENTRES LGBT"
(French federation of les-bi-gay and trans centres)/ [English summary
of the previous French original text. In case of differences between the
English translation and the French original, the French text shall prevail.
Translated thanks to LGT.]/ Angers (FRANCE, Maine-et-Loire), Thursday,
June 24th 2004/ Fight against homophobia/ Sexism, homophobia, LGBTphobias,
serophobia: a law, now (French federation of les-bi-gay and trans centres
writes to the members of parliament to ask them to engage themselves to
legislate against sexist, homophobic, LGBTphobic and serophobic insults)/
The Members of the "INTER CENTRES LGBT" write to their
members of parliament to ask them to clearly engage themselves for a law
against sexism, homophobia, LGBTphobias and serophobia. Recently June
7th, French Prime Minister announced a bill related to "the fight
against sexist or homophobic discriminatory speech". But he didn't
announced he would inscribe it into the agenda of the French national
assembly before the end of the parliamentary session. Moreover, he didn't
evoke transphobic or serophobic speech, whereas transphobia and serophobia
take part of the same ideological corpus as sexism, lesbophobia, gayphobia
or biphobia. Consequently, the "INTER CENTRES LGBT"
ask to the members of parliament to express as of now their immediat intention
to repress sexist, LGBTphobic and serophobic speech, which is consubstantial
with the so-called "symbolic order of sexes" and with the often
entailed mortal violences.
V4IC__200406240107ICP_/ <Communiqué précédent | Agenda 10R | Communiqué suivant> http://inter-centres-lgbt.org/09R/09Rcp5loi.html
Mis en ligne le 24 juin 2004 INTER CENTRES LGBT Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés Association loi 1901 fondée le 12 décembre 1998, déclarée le 5 novembre 2003 (J.O. du 22 novembre 2003) contact@inter-centres-lgbt.org - http://inter-centres-lgbt.org/ c/o JEn Suis, JY Reste, Centre gai & lesbien de Lille - 19, rue de Condé - 59000 Lille Huit Membres titulaires : Arc-en-ciel 31 (Toulouse), CGL Paris, Couleurs Gaies - Centre LGBT de Moselle (Metz), Ex Æquo (Reims), FGL Lyon, JEn Suis, JY Reste (CGL Lille), Quazar (Angers) et Reims Liberté Gaie Vingt-trois Membres associés : Alter Égaux (Nancy), ARIS (Lyon), CGL Nîmes, CGL Rennes, CIGaLes (Dijon), C.I.GA.LE. (Grenoble), Enfants terribles (Caen), GAG Loiret (Orléans), HOMogênE (Le Mans) et Homo-Sphère (Nouméa) (Associations affinitaires), Mimi (Nice), Siegfried des anciens Enfants terribles (Cherbourg), François Garrido de lancienne Maison de lhomosocialité de Bordeaux, Bernadette de lancienne Maison des homosexualités de Touraine et Jean-Gabriel de l'ancienne Homosphère (Troyes) (Correspondants locaux), Agayri Sud-Est (Valence), Aisne Gaie (Soissons), Arc-en-ciel 28 (Chartres), Comme ça ! (Rouen), G2L (Mont-de-Marsan), Gay-Union (Le Tampon), Homonyme (Nancy) et Mémoire des sexualités (Marseille) (Observateurs) Données à jour au 5 mai 2004 UNIR LES FORCES MILITANTES, PARTAGER LES EXPÉRIENCES © INTER CENTRES LGBT - Merci de consulter les informations légales relatives à lutilisation des données du présent site Internet. LINTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. |
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