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INTER CENTRES LGBT COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°IC/CP/04/03 Dimanche 7 mars 2004 <Communiqué précédent | Agenda 9R | Communiqué suivant> Pascal et Christian (trésorier
et président de Ex Æquo, Membre de la fédération à Reims) et MarieAnne ISLERBÉGUIN (députée européenne Les Verts),
écoutent Denis JACQUAT (député UMP de la Moselle)
sur la législation contre lhomophobie et les LGBTphobies <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> I - Communiqué final des IXèmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT HOMOPHOBIE / LGBT-PHOBIES : LES GOUVERNEMENTS "ATTENDENT", * §0- RÉSUMÉ -A- LINTER CENTRES LGBT a tenu ses IXèmes Rencontres nationales ces 14
et 15 février 2004, à Metz, en présence de Denis
(député UMP de la Moselle). -B- Homonyme
et Alter Égaux ont évoqué lassassinat de
Jean-Pierre Humblot à Nancy le 1er août. La Fédération
a observé une minute de silence. Le CGL Lille a évoqué
lagression de Sébastien Nouchet à Nux-les-Mines le
16 janvier. La Fédération a condamné le rejet de
la proposition de loi Bloche/Ayrault contre les LGBTphobies, le 27 novembre.
-C- La Fédération a regretté la
chute des subventions aux associations LGBT depuis le 16 juin 2002.
-D- Homo-Sphère a regretté
que la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie,
Mayotte et Wallis-et-Futuna restent privées de PaCS. -E- CIGaLes
et Couleurs Gaies ont évoqué leurs actions de
prévention LGBTphobie dans lÉducation nationale. -F- Ex Æquo
a regretté le manque de suites du rapport Boutin sur le suicide
LGBT (6.000 décès par an). -G- La Fédération
a souhaité que les campagnes de prévention VIH/sida
concernent davantage les personnes séropositives. -J- Une
liste de démarches pressenties pour recevoir le Prix et lAnti-Prix
2004 de la Fédération a été retenue. -K- La
Fédération a élu Quazar à sa Présidence.
§1- A - LINTER CENTRES LGBT, "Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés", est la fédération nationale des acteurs sociaux généralistes et de terrain du mouvement LGBT en France. Fondée en 1998, elle compte 27 Membres qui représentent 100 associations et 1.800 militantes (réparties sur 17 des 32 régions métropolitaines et collectivités doutre-mer). Ces 14 et 15 février 2004, elle a tenu son Assemblée générale chez Couleurs Gaies, son association Membre à Metz, assurant sa Présidence. <Résumé | Dossier> §2- B - Homonyme et Alter Égaux, Membres de la fédération à Nancy, ont évoqué lassassinat gaiphobe de Jean-Pierre Humblot le 1er août sur les bords du canal de la Marne-au-Rhin : en présence de Denis (cofondateur de Aides Moselle, adjoint au maire de Metz et député UMP de la Moselle), la Fédération a respecté une minute de silence. Le CGL Lille, Membre de la fédération dans le Nord-Pas-de-Calais, a évoqué lagression gaiphobe subie par Sébastien Nouchet le 16 janvier à Nux-les-Mines : la Fédération a appelé ses Membres à signer la pétition lancée par SOS homophobie ; sur la base dun texte de HOMogênE, son association Membre au Mans, elle interpellera les parlementaires en leur demandant de prendre position contre les LGBTphobies (contre les lesbophobie, gaiphobie, biphobie et transphobie). La Fédération a regretté que le 27 novembre, lAssemblée nationale ait laissé passer une occasion unique de prendre une telle position en rejetant la proposition de loi contre les LGBTphobies présentée par les députés PS Patrick Bloche et JeanMarc Ayrault. Devant la Fédération, le député UMP Denis a justifié ce rejet par la nécessité dattendre les conclusions dun "groupe de travail interministériel" pour mettre en place une "autorité administrative indépendante" de lutte contre "toutes" les discriminations (et non contre les seules discriminations LGBTphobes). §3- La Fédération a pris acte des propos constructifs du député de la Moselle mais a regretté les propos LGBTphobes tenus par ses collègues UMP le 27 novembre. Avec le CGL Lille, son association Membre dans le Nord-Pas-de-Calais, elle a regretté que la majorité parlementaire ait jugé urgent "dattendre" et ait ainsi manqué loccasion denvoyer un signal fort aux agresseurs de Sébastien Nouchet moins de deux mois avant leur passage à lacte. La Fédération estime que lAssemblée nationale porte sa part de responsabilité dans cette agression. Elle estime que pour les Pouvoirs publics, les mortes LGBT peuvent toujours "attendre", et les vivantes LGBT toujours "attendre" de mourir.Elle rappelle que les manifestantes anti-PaCS du 31 janvier 1999 (emmenées par la députée UMP Christine Boutin) scandaient "Les pédés au bûcher !" en toute impunité : à Nux-les-Mines, leur message est passé cinq sur cinq. <Résumé | Dossier> §4- C - Devant le député de la Moselle, la Fédération a regretté que depuis le 16 juin 2002, et malgré les assurances de Dominique Versini, des subventions à ses associations Membres soient supprimées au nom darguments LGBTphobes : Le Premier ministre a déclaré sans preuve quelles "nétaient pas utilisées de façon efficace"... La DDASS Gironde a oralement indiqué à la Maison de lhomosocialité, ancien Membre de la fédération à Bordeaux, quil nétait plus question de "financer des clubs homosexuels"... À chaque réduction non-justifiée, des programmes sont stoppés et des personnes LGBT se retrouvent seules face à des personnes LGBTphobes qui nhésitent jamais à passer à lacte. La Fédération a remercié Denis pour avoir entendu ce quelle avait à exprimer au membre dune majorité qui ne sest pas encore signalée par son écoute des populations LGBT ; elle lui a demandé de faire part de ses préoccupations et demandes au gouvernement. <Résumé | Dossier> §5- D - Homo-Sphère, Membre de la fédération à Nouméa, a rappellé que depuis que lAssemblée nationale a adopté le PaCS, elle refuse de laccorder aux 635.968 Françaises de lOutre-mer non-départemental (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Wallis-et-Futuna). La Fédération estime ce refus discriminatoire. La Fédération rappelle également que les majorités parlementaires refusent de faire de la mairie le lieu légitime de signature du PaCS : elle va étendre la démarche entamée par Ex Æquo, Homonyme et Couleurs Gaies, ses associations Membres à Reims, Nancy et Metz, en demandant aux maires dorganiser des cérémonies républicaines. (Les représentantes de la FAGL, homologue belge francophone de la Fédération, ont laissé rêveuse son Assemblée générale en rappelant quoutre-Quiévrain même le Sénat a voté le mariage des personnes gaies et lesbiennes !) <Résumé | Dossier> * §6- E - CIGaLes et Couleurs Gaies, Membres de la fédération à Dijon et Metz, ont évoqué leurs actions de prévention des LGBTphobies dans lÉducation nationale. Le livret "Bien être des jeunes" de CIGaLes et la mallette "Vivre ses différences" de Couleurs Gaies sappuient sur des circulaires officielles... mais les Pouvoirs publics laissent trop souvent des cheffes détablissement stigmatiser des enseignantes, infirmiers/ères scolaires ou assistantes sociaux qui tentent de les appliquer. <Résumé | Dossier> §7- F - Ex Æquo, Membre de la fédération à Reims, a évoqué son audition par Christine Boutin au cours de la mission sur lisolement et le suicide de la "pasionaria anti-PaCS", qui a remis son rapport le 29 septembre. Si elle a repris "pour la forme" quelques revendications dEx Æquo, elle nappelle à aucune action urgente de prévention suicide auprès des personnes LGBT, qui se suicideraient cinq fois plus que la moyenne et qui commettraient 6.000 des 12.000 suicides mortels annuels. Particulièrement, elle ne semble pas avoir saisi lampleur du suicide des jeunes LGBT, qui serait la première cause de mortalité chez les jeunes en France. <Résumé | Dossier> §8- G - Des participant-e-s ont évoqué les effets pervers de campagnes de prévention VIH/sida orientées (peut-être par bienséance ?) vers des hommes jeunes et séronégatifs... au risque de ne pas toucher dautres publics, à commencer par celui des personnes séropositives. <Résumé | Dossier> §9- J - VIOLENCE VERBALE ET PHYSIQUE, PACS, ÉDUCATION, PRÉVENTIONS SUICIDE ET VIH/SIDA... COMBIEN FAUDRA-T-IL DE "PÉDÉS AU BÛCHER" AVANT QUE LES POUVOIRS PUBLICS CESSENT "DATTENDRE" ET AGISSENT SUR CES DOSSIERS ? Soucieuse daccélérer le mouvement, la Fédération a créé un "Prix" annuel destiné à distinguer la démarche la plus favorable à lintégration sociale et à lépanouissement des personnes LGBT, et un "Anti-Prix" annuel destiné à mentionner la démarche la plus préjudiciable à cette intégration et à cet épanouissement. Elle a retenu la liste des démarches sociales et locales pressenties pour recevoir ce Prix et cet Anti-Prix pour lannée 2004. Elle décernera ce Prix et cet Anti-Prix lors de ses prochaines Rencontres, en juillet. <Résumé | Dossier> §10- K -Enfin, la Fédération a donné quitus à Couleurs Gaies, Présidence sortante, du courage de son action à la tête dune fédération indépendante et interrégionale. Elle a élu comme Présidence entrante Quazar, son association Membre à Angers. Elle a élargi son secrétariat national qui comprend désormais sept membres :
§11- Seul engage la Fédération et ses Membres le texte des résolutions issues de leurs délibérations. Ces résolutions doivent être ratifiées dici le 15 avril. Le présent communiqué final et les conclusions des présentes Rencontres sont présentés à titre informatif. §12- La Fédération est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. <Résumé | Dossier>
* La nouvelle "Commission de coordination"
(secrétariat national) : <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> II - Dossier de presse CONCLUSIONS DES IXÈMES RENCONTRES NATIONALES INTER CENTRES LGBT * §13- A - LINTER CENTRES LGBT, "Alliance des Centres lesbiens, gais, bi & trans de France et de leurs Membres associés", est la fédération nationale des acteurs sociaux généralistes et de terrain du mouvement lesbien, gai, bi & trans en France (mouvement "LGBT" en France). Fondée en 1998, la fédération compte à ce jour 27 Membres qui représentent, dans toute la France, quelque 100 associations et 1.800 militantes LGBT. Les 27 Membres de la fédération gèrent notamment des locaux ouverts à tout public concerné par les questions relatives à lidentité affective et sexuelle et à lidentité de genre. Leur compétence principale est, au quotidien, daccueillir, découter et dorienter des personnes en situation dinterrogation, de difficulté ou de détresse. §14- LINTER CENTRES LGBT tient ses "Rencontres nationales" (ses Assemblées générales) deux fois par an. Après avoir tenu ses VIIIèmes Rencontres à Paris en juillet dernier, elle a tenu ses IXèmes Rencontres à Metz ces samedi 14 et dimanche 15 février. La fédération souligne la convivialité exceptionnelle de ces Rencontres qui ont réuni près de cinquante participantes personnes physiques venues de toute la France, voire de plus loin pour les représentantes de la FAGL (http://www.fagl.be) et de Rosa Lëtzebuerg (http://www.gay.lu), homologues belges et luxembourgeois de la fédération. La fédération remercie Stéphane Aurousseau et Alexandre, Président et Vice-Président de Couleurs Gaies, son association Membre à Metz et en Moselle, et toute leur équipe, pour leur accueil chaleureux et leur logistique impeccable. <Résumé | Communiqué> * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §15- B -
CONCERNANT LES AGRESSIONS LGBTPHOBES ET LA LÉGISLATION RELATIVE
A LA LUTTE CONTRE LES LGBTPHOBIES : Homonyme et
Alter Égaux, Membre entrant et Membre de la fédération
à Nancy, ont évoqué lassassinat gaiphobe de
Jean-Pierre Humblot, le 1er août dernier sur les bords du canal
de la Marne-au-Rhin. Alexandre, lui-même Nancéien,
a évoqué avec grande émotion la figure haute en couleur
de ce personnage attachant bien connu des Nancéiennes,
notamment pour lexcentricité fluorescente des tenues peu
habillées quil revêtait pour faire ses courses :
Jean-Pierre Humblot, mort noyé à lâge de 63
ans, après avoir été poussé du pied par deux
adolescents de 16 ans, venus à scooter "casser du pédé"
sur ces berges bien connues des Nancéiennes LGBT (cf.
le Quotidien de Têtu du 1er septembre dernier*). En présence
du Docteur Denis (2e adjoint au maire de Metz et député
de la Moselle, UMP) et de Madame Marie-Anne Isler-Béguin (députée
européenne, Les Verts), lAssemblée générale
de lINTER CENTRES LGBT a respecté une minute de
silence à sa mémoire. §16- Le CGL Lille, Membre de la fédération dans le Nord-Pas-de-Calais, a ensuite évoqué la tentative de meurtre gaiphobe subie le 16 janvier dernier à Nux-les-Mines par Sébastien Nouchet, 35 ans, resté très grièvement brûlé au troisième degré. La fédération a appelé ses Membres à signer la pétition mise en ligne par SOS homophobie, association partenaire, en vue de la transmettre au Président de la République et au Premier ministre (sos-homophobie.org) (1). Elle interpellera également les parlementaires en leur demandant de prendre position contre les LGBTphobies (contre les lesbophobie, gaiphobie, biphobie et transphobie), sur la base dun texte de HOMogênE, son association Membre au Mans. §17- Le député
de la Moselle a ensuite présenté un état des lieux
et des perspectives de la législation française de lutte
contre lhomophobie. Denis a notamment estimé
quune "réforme globale" de la lutte contre
toutes les formes de discrimination était indispensable :
cest au nom dune telle réforme "globale"
quil a justifié le rejet par lAssemblée nationale,
le 27 novembre dernier, par 49 voix contre 20, de la proposition
de loi "portant pénalisation des propos à caractère
discriminatoire" présentée par Patrick Bloche,
Jean-Marc Ayrault et les autres députées PS
ou apparentées*. Denis a estimé que
ce texte était "louable" mais quil relevait
dune "logique de retouches ponctuelles" car il
ne visait quun nombre limité de discriminations (celles relatives
au sexe, à létat de santé, au handicap, aux
murs et à lorientation sexuelle). Le député
UMP a estimé quil convenait dattendre les conclusions
dun "groupe de travail interministériel"
nommé par le Premier ministre sur instruction du Président
de la République pour mettre en place une "nouvelle autorité
administrative indépendante chargée de lutter contre toutes
les formes de discriminations" et pour légiférer
contre lhomophobie, "forme particulière de discrimination",
en même temps que contre toutes les autres formes de discrimination. §18- Profondément
marquée par lagression gaiphobe gravement mutilante subie
par Sébastien Nouchet, lAssemblée générale
de lINTER CENTRES LGBT a pris acte avec intérêt
des propos ouverts et constructifs du député de la Moselle
(qui a indiqué exprimer la position du groupe UMP à lAssemblée
nationale). Elle a toutefois regretté les propos nettement moins
ouverts et constructifs, voire insidieusement LGBTphobes, tenus par les
collègues UMP de Denis lors du rejet de la proposition
Bloche/Ayrault*. Elle a également regretté quune fois
encore dès quil sagit des LGBTphobies, le Pouvoir en
place estime urgent dattendre. Elle a rappelé que déjà,
après avoir accordé le PaCS, le gouvernement Jospin avait
considéré quil en avait fait suffisamment pour un
électorat somme toute marginal et navait pas donné
suite aux propositions de loi contre les LGBTphobies déposées
par les députés François Léotard (UDF), Bernard
Birsinger (PCF), Noël Mamère (Les Verts) et Patrick Bloche
(PS). Elle a rappelé que déjà, après le 16
juin 2002, le gouvernement Raffarin avait considéré quil
en faisait suffisamment pour le même électorat, sans doute
toujours aussi marginal, en ne revenant pas sur le PaCS et navait
pas donné suite à la proposition de loi contre les LGBTphobies
déposée par le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt (PS). §19- LAssemblée
générale de lINTER CENTRES LGBT a rappelé
que le rythme de ces rejets successifs par des majorités tant de
gauche que de droite marquait un autre tempo, celui des morts et des victimes
des LGBTphobies : Brahim Bouraam assassiné le 1er mai
1995 à Paris, François Chenu assassiné le 13 septembre
2002 à Reims, Bertrand Delanoë poignardé le 5 octobre
2002 à Paris, Jean-Pierre Humblot assassiné le 1er août
dernier à Nancy, Sébastien Nouchet brûlé vif
le 16 janvier dernier à Nux-les-Mines... et combien dautres
non signalées ? Combien dont les familles auront
préféré taire le motif de lassassinat ?
Combien qui nauront pas porté plainte, ou desquelles
la police aura refusé denregistrer la plainte ou denregistrer
le caractère LGBTphobe de lagression ? Pendant que les
gouvernements successifs estiment urgent dattendre, pour toutes
celles et tout ceux-là, il est déjà trop tard.Si,
le 27 novembre dernier, lAssemblée nationale avait adopté
la proposition Bloche/Ayrault, peut-être le signal adressé
aux agresseurs de Sébastien Nouchet aurait-il été
dissuasif. Peut-être une certaine presse, à limage
du Républicain lorrain le 14 février dernier,
ne se serait-elle pas sentie autorisée à légitimer
lagression de Sébastien Nouchet en la qualifiant de simple
"mauvaise manière" relevant de la liberté
dexpression (cf. notre communiqué de presse du 14 février*).
LINTER CENTRES LGBT estime que lAssemblée
nationale porte une part de responsabilité dans lagression
de Sébastien Nouchet. Pour les Pouvoirs en place, les mortes
LGBT sont visiblement des mortes qui peuvent "attendre",
et les personnes LGBT des vivantes qui peuvent "attendre"
de mourir. §20- LINTER CENTRES LGBT rappelle que lors de la manifestation anti-PaCS du 31 janvier 1999, organisée par la députée UMP Christine Boutin, le slogan "les pédés au bûcher" avait pu être scandé en toute impunité à défaut de dispositions législatives réprimant les menaces publiques à lencontre de personnes non-dénommées (tant quelles ne sont pas visées à raison de leur "origine" ou de leur appartenance à "une ethnie, une nation, une race ou une religion", pour reprendre la liste délimitée de la loi du 29 juillet 1881 que le texte Bloche/Ayrault proposait délargir "au sexe, à létat de santé, au handicap, aux murs et à lorientation sexuelle"). "Les pédés au bûcher" : pour les responsables de lagression de Sébastien Nouchet, le message est visiblement passé cinq sur cinq. Pour Sébastien Nouchet et pour son compagnon Patrice Jondreville aussi. Combien faudra-t-il dautres "pédés au bûcher" avant que le gouvernement cesse "dattendre" ? <Résumé | Communiqué> * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §21- C - CONCERNANT LA CHUTE DES SUBVENTIONS : La lutte contre les LGBTphobies ne saurait se limiter au seul aspect législatif. Pour être efficace, pour faire diminuer le nombre dagressions et de morts, pour sarticuler avec les politiques de luttes contre le suicide et le VIH/sida qui rencontrent comme premier obstacle les LGBTphobies intériorisées (2), la lutte contre les LGBTphobies doit sappuyer sur des actions menées au plus près du terrain, notamment par les associations LGBT. Or, depuis le 16 juin 2002, et malgré quelques exceptions dautant plus appréciables quelles restent exceptionnelles, les subventions publiques aux associations LGBT sont en chute libre. LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a déploré devant le Docteur Denis , député de la Moselle mais aussi cofondateur dAides dans ce même département, que des subventions de DDASS et de CRAM aux associations LGBT soient supprimées du jour au lendemain sans motif réel et sérieux. Contrairement aux assurances apportées le 15 novembre dernier par Madame Dominique Versini, secrétaire dEtat à la lutte contre la précarité et lexclusion (UMP), lors des Etats généraux de lassociation Elus locaux contre le sida (ELCS), les associations LGBT se heurtent bien souvent à des arguments "off" parfaitement LGBTphobes. Lorsquelle sest vue contrainte de mettre la clef sous la porte le 28 février 2002, la Maison de lhomosocialité, ancien Membre de la fédération à Bordeaux, sest vu opposer un argument (oral...) imparable par la DDASS Gironde : "Il nest plus question de financer des clubs dhomosexuels"... §22- LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a dit au député de la Moselle son sentiment davoir été insultée par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin (UMP), lorsquil a déclaré sans autre forme de procès et sans avancer la moindre preuve à lappui de ses dires que si des subventions aux associations LGBT étaient supprimées, cest quelles "nétaient peut-être pas utilisées de façon efficace" (le 18 juillet dernier, à des représentantes de lInter-LGBT, de la Coordination lesbienne en France et du Caritig, communiqué de presse de lInter-LGBT du 19 juillet). Pourtant, les associations concernées et tout particulièrement les Membres ou anciens Membres de la fédération comme le CGL Paris, Membre de la fédération à Paris et en Île-de-France, qui a vu sa subvention DDASS amputée de 90% en deux ans, les Enfants terribles, Membres de la fédération à Caen, qui ont dû fermer leur local début août ou la Maison de lhomosocialité, ancien Membre de la fédération à Bordeaux, qui a dû se dissoudre fin février 2003 tiennent à disposition leurs rapports dactivités sans avoir rien à cacher. A chaque réduction non-justifiée, ce sont des programmes de terrain qui sont abandonnés, ce sont des personnes LGBT qui se retrouvent un peu plus seules face à des LGBTphobies encore... "brûlantes". §23- LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a vivement remercié Denis , député de la Moselle, davoir bien voulu entendre ce quelle pouvait avoir à exprimer au membre dune majorité qui ne sest jusquici pas signalée par un soutien significatif aux populations LGBT. Elle lui a demandé de faire part de ses préoccupations et de ses demandes au gouvernement Raffarin. Elle a pris bonne note, tant de son engagement personnel aux côtés de la cause LGBT, que de ses engagements collectifs au service de la même cause. Elle lui a indiqué quelle ne pouvait que lui donner crédit de celui-là, mais quelle restait dubitative sur ceux-ci. <Résumé | Communiqué> * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §24- D - CONCERNANT LES AMÉLIORATIONS À APPORTER AU PACS : Mesure législative sil en est, le PaCS a transformé la vie de 104.588 couples depuis le tout premier PaCS signé le 18 novembre 1999 (décompte de la Chancellerie au 31 décembre dernier, communiqué de presse du collectif Pacs, et cætera du 19 février). Il a donné une perspective dintégration sociale jusquici inégalée aux personnes lesbiennes et gaies et, par ricochet, aux personnes LGBT dans leur ensemble. Il est indubitablement à mettre au crédit de feu la majorité "plurielle" du gouvernement Jospin. Toutefois, lINTER CENTRES LGBT constate que depuis son adoption par lAssemblée nationale le 13 octobre 1999 (et depuis le recours devant le Conseil constitutionnel intenté le jour même par, notamment, Denis ), les majorités tant de gauche que de droite se sont cramponnées sur des positions LGBTphobes en refusant systématiquement dapporter à ce texte les améliorations, nombreuses, quil mérite. §25- Notamment, feu la majorité plurielle de 1999 na pas pris soin détendre le PaCS à lOutre-mer non-départemental : en labsence de disposition législative spécifique mentionnant explicitement lapplicabilité du PaCS en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte, à Wallis-et-Futuna voire dans les Terres australes et antarctiques françaises, ce sont quelque 636.168 Françaises qui se voient dénier un droit pourtant reconnu à toutes leurs concitoyennes (3). Cet "oubli" est tout sauf innocent puisquil permet déviter de heurter les vues LGBTphobes de quelques figures locales au positionnement politique parfois moins idéologique quopportuniste, et dont les voix pour peu nombreuses quelles soient peuvent toujours savérer précieuses lors de scrutins électoraux parfois serrés... voire trop serrés. Avec Blaise Pascal, on pourrait affirmer : "Plaisante législation quune mer borne. Bonne conscience affichée en deçà des océans, LGBTphobie tranquille au delà" (4). §26- Si lINTER CENTRES LGBT comprend cette préoccupation (humaine, trop humaine...), elle ne saurait admettre plus longtemps que les Françaises gais ou lesbiennes de lOutre-mer non-départemental ne disposent pas du cadre légal et social du PaCS pour échapper à la perspective dune gaiphobie ou dune lesbophobie renforcées par le poids de la tradition, tant chez les populations de souches indigène et déplacée que chez celles de souche européenne. Lapport du PaCS en termes de pédagogie anti-LGBTphobe étant désormais démontré, il nest plus concevable de laisser les "pédés" ultra-marins "au bûcher" alors que lon songe (un peu tard pour certaines) à en tirer leurs frères et surs de métropole... Sauf à considérer que les identités LGBT sont des maux quil faut bien tolérer en métropole, mais dont il est encore possible de préserver quelques îlots ultra-marins. Avec Homo-Sphère, Membre entrant de la fédération à Nouméa et en Nouvelle-Calédonie, lINTER CENTRES LGBT estime que le refus de lEtat détendre le PaCS national à lOutre-mer non-départemental est discriminatoire. §27- Les majorités parlementaires refusent également de faire de la mairie le lieu légitime de la signature du PaCS : lINTER CENTRES LGBT va étendre la démarche initiée par Ex Æquo, Homonyme et Couleurs Gaies, Membres de la fédération à Reims, Nancy et Metz, en demandant aux maires des plus grandes villes de France dorganiser des cérémonies républicaines dans les maisons communes. LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a entendu, rêveuse, la FAGL (Fédération des associations gayes et lesbiennes de Belgique wallonne) lui exposer quaprès avoir obtenu le mariage le 30 janvier 2003, elle se trouve presque à court de revendication... ! Même le Sénat a voté pour ! (Si, si, cétait le 28 novembre 2002... un an avant que lAssemblée nationale française ne rejette la proposition Bloche/Ayrault, le 27 novembre dernier. Heureuse Belgique.) <Résumé | Communiqué> * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §28- E -
CONCERNANT LÉDUCATION AUX SEXUALITÉS DANS LES ÉTABLISSEMENTS
DE LÉDUCATION NATIONALE : Comme le souligne
avec raison lInter-LGBT dans sa tribune publiée par
Libération le 19 février dernier, "une condamnation
morale et la création dune autorité contre les discriminations
ne sont pas des réponses suffisantes à lurgente nécessité
dune politique de lutte contre lhomophobie... Cette politique
doit mobiliser lappareil dÉtat dans son ensemble, et
tout particulièrement lÉducation nationale, afin quelle
éduque les jeunes au respect de la diversité."
Dans une telle optique, lINTER CENTRES LGBT a fait le
point sur ses projets pédagogiques de lutte contre les LGBTphobies
dans lÉducation nationale. Ici encore, les Pouvoirs en place
se contentent trop souvent deffets dannonce : trop souvent,
il leur est urgent de montrer leur volonté de satisfaire les revendications
des associations LGBT... et tout aussi urgent de ne donner aucune suite
à cette volonté. Ainsi, les collégiennes
et les lycéennes de France attendent toujours de recevoir
la mallette pédagogique "sur léducation à
la sexualité et à la vie" annoncée à
grand renfort de communication le 31 mai 2000 par Ségolène
Royal (PS), alors ministre déléguée à la famille
et lenfance. De même, les circulaires Lang n°2001-245
du 21 novembre 2001* et Ferry/Gaudemar n°2003-027 du 17 février
2003**, portant notamment sur léducation au respect des différentes
sexualités, restent trop souvent lettre morte dans les classes
où les enseignantes qui souhaitent leur donner vie
sont trop souvent stigmatisées par les responsables
détablissement et les recteurs dacadémie. §29- Pourtant, les Membres
de la fédération peuvent leur fournir des outils pédagogiques
adaptés et validés. Rédigé par AEGL-Lys*,
lassociation étudiante gay et lesbienne du campus de Dijon,
et relu par un collectif dinstitutions et dassociations LGBT
bourguignonnes dont CIGaLes**, Membre de la fédération
à Dijon, le livret "Bien être des jeunes - De la
quête de son orientation sexuelle à lacceptation de
soi (Dossier pour les intervenantes en éducation à
la sexualité)" a été préfacé
par la directrice de la DRASS Bourgogne et publié le 12 décembre
dernier***. Linspection académique de Côte-dOr
sest engagée à le diffuser et devrait participer à
une évaluation de cette diffusion sous forme de questionnaire.
Est-il permis despérer que cette diffusion soit effective
et que ce livret parvienne jusquaux mains des intervenantes
mêmes ? Est-il permis despérer que ces intervenantes
puissent sen servir sans subir de pressions de la part des cheffes
détablissement ? Page de garde du livret "Bien être des jeunes" §30- Réalisée
par Couleurs Gaies*, la mallette pédagogique "Vivre
ses différences - Comment parler de lhomophobie"
a été primée le 22 novembre dernier par le ministère
de la jeunesse, de léducation et de la recherche (ce
qui permet au Centre LGBT Moselle de la diffuser pour 40 euros seulement)**.
Couleurs Gaies sest rapproché du rectorat de Nancy-Metz
pour présenter cette mallette aux infirmiers et infirmières
scolaires et aux assistantes sociaux : le rectorat na
apporté aucune réponse alors quil existe une réelle
demande, dune part de ces professionnel-le-s qui sont sur le terrain
et connaissent les besoins des élèves, dautre part
des élèves eux-mêmes ; Couleurs Gaies
a donc directement écrit à tous les lycées de Lorraine,
tant privés que publics, généraux, techniques, professionnels
ou agricoles... Mais il est vrai que ce rectorat se signale tout particulièrement
par son progressisme : 1°/ Il refuse, depuis le 25 avril
dernier, de mettre en place le "Conseil académique des
associations éducatives complémentaires de lenseignement
public" (CAAECEP) pourtant prévu par le décret
n°92-1200 du 6 novembre 1992 relatif aux "relations du ministère
chargé de léducation nationale avec les associations
qui prolongent laction de lenseignement public",
et par larrêté du 23 février 1993 paru au BOEN
n°9 du 4 mars 1993 qui fixe sa composition et les modalités
de dépôt des demandes dagrément ; 2°/ Il promeut,
par son site Internet, une sorte de hiérarchie détestable
entre les discriminations puisque son moteur de recherche indique 300
entrées pour le mot-clef "racisme", 83 pour "antisémitisme",
26 pour "sexisme" et... zéro pour "homophobie"
(décompte au 4 mars 2004)***. Logo de la mallette "Vivre ses différences" §31- La Fédération est donc parvenue à élaborer avec lÉducation nationale des outils pédagogiques de lutte contre les LGBTphobies que lÉducation nationale a ensuite peu ou prou validés. Toute la question reste alors de savoir si ces outils arriveront sur le terrain ou sils seront pieusement remisés aux côtés de la Constitution de lAn I (5). En effet, sur léducation au respect des différences comme sur la législation contre les propos LGBTphobes, lAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a estimé que les Pouvoirs publics sen tiennent trop souvent aux déclarations de principe et sabstiennent trop souvent de rappeler à lordre les cadres intermédiaires de ladministration lorsquils/elles harcèlent les praticiennes qui tentent de suivre leurs propres déclarations officielles. Tout se passe alors comme si, en une certaine division du sujet, les Pouvoirs publics suivaient mollement ce quils considèreraient comme un simple effet de mode... en attendant quil se tasse et en espérant quil ne les aura pas entraîné trop loin dans lintervalle. Pendant ce temps, les mortes tombent dont ce double langage est responsable, et particulièrement de jeunes LGBT dont la vie aurait pu être sauvée si lécole leur avait offert une éducation au respect deux-mêmes. <Résumé | Communiqué> * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §32- F -
CONCERNANT LA "SURSUICIDALITÉ" DES PERSONNES LGBT :
Jean-Gabriel , Membre entrant de la fédération à
Troyes, animateur de radio, a ainsi témoigné avec émotion
de cette lettre reçue dun auditeur, "B.", le 24
mai 2002 : "Moi jsuis homo, mais je le vis très
mal !! dur.. dur.. Jarrive pas à massumer cest
horrible. Si mon père le découvre, il me fait la peau !!
Pourtant jai 25 ans !! ... Jai eu des aventures vite
fait avec des mecs du côté des petits jardins, mais BOF !!!
... Je ne peux pas en parler ni dans ma famille, ni à mon boulot.
Jai un ami qui est au courant... Sans lui je serais déjà
mort !! ... Comment peut-on être homo et libre dans sa tête ?
... Des fois je me sens si prisonnier que jai envie de me foutre
en lair". Reçue le 24 mai, la lettre de "B."
avait été postée le 21. Le 22, "B."
sétait suicidé. Le 28, il décédait*. §33- Si lon tente de faire la synthèse des trop rares enquêtes disponibles, il est possible davancer ici que le taux de suicide des personnes LGBT serait de 3 à 8 fois supérieur au taux de suicide de lensemble de la population (voire de 6 à 14 fois selon le sociologue québécois Michel Dorais). Retenons ici lhypothèse dun taux moyen 5 fois supérieur, deux groupes LGBT étant probablement au-dessus de ce taux : les jeunes gais et les personnes LGBT séropositives. La largeur et la diversité des fourchettes que nous devons ici utiliser sont en elles-mêmes des signes de la LGBTphobie des Pouvoirs publics qui refusent de financer des études épidémiologiques dune ampleur adéquate sur le sujet en France, ce qui contraint les associations LGBT nationales à se rabattre sur les résultats denquêtes étrangères, québécoises notamment ("Vive le Québec libre !"), sans pouvoir disposer doutils statistiques nationaux propres. (En outre, quand bien même statistique nationale il y aurait, une sous-déclaration spontanée due, dune part, aux LGBTphobies intériorisées des sujets concernés et, dautre part, aux LGBTphobies ou à lhétérocentrisme des intervenantes et des statisticiennes, viendrait probablement minorer les résultats obtenus.) Près dun suicide (ou dune tentative de suicide) sur deux serait le fait dune personne LGBT (ou en interrogation sur son éventuelle identité LGBT) ; Près dune personne LGBT (ou en interrogation) sur deux connaîtrait un épisode de suicidalité à un moment ou à un autre de sa vie. (De nouveau, rappelons quil ne sagit là que de données approximatives qui ne peuvent être étayées, à défaut de statistique nationale.) "On recense actuellement en France 12.000 suicides par an (soit plus de victimes que les accidents de la route) et les tentatives de suicide sont estimées à plus de 160.000 par an" (Verdier et Firdion, 2001, p. 25) : si lon appliquait à ces données la première des deux clefs approximatives précitées, on recenserait quelque 6.000 suicides et 80.000 "TS" de personnes LGBT (ou en interrogation) par an. "Chez les 15-24 ans ces décès représentent la seconde cause de mortalité (après les accidents)", la première "chez les 25-34 ans" (ibid.) : le suicide LGBT serait donc la première cause de mortalité chez les jeunes en France. Que font les Pouvoirs publics face à ce fléau public ? (6). §34- LAssemblée
générale de lINTER CENTRES LGBT a entendu
Ex Æquo, Membre de la fédération à Reims.
Le 11 juin dernier, Florence et Olivier , Administratrice
et Administrateur de Ex Æquo, avaient rencontré la
députée UMP Christine Boutin dans le cadre de sa mission
sur lisolement et le suicide*, confiée par le Premier
ministre le 17 avril. La "pasionaria anti-PaCS" a remis
son rapport le 29 septembre**. Sur 290 pages, il compte en tout et pour
tout, perdus dans le corps du texte, huit paragraphes (intéressants
mais limités...) consacrés à lanalyse du risque
suicidaire des personnes LGBT, plus deux paragraphes consacrés
à envisager (sans grande conviction...) six mesures éparses
pour lutter contre ce risque, notamment des mesures inspirées par
Ex Æquo contre la sursuicidalité des jeunes LGBT.
Ces dix paragraphes offrent une base argumentationnelle et revendicationnelle
précieuse aux militantes LGBT, mais il paraît
abusif davancer quils auront des conséquences décisives
sur les politiques de lutte contre la sursuicidalité des personnes
LGBT... Et de fait, aucun programme ne semble devoir être prévu,
aucun financement dégagé, suite à ce rapport, pour
des actions de prévention suicide auprès des personnes LGBT.
Si la députée des Yvelines a fait des progrès surprenants
dans sa compréhension du fait LGBT, elle ne va pas encore jusquà
lintégrer à sa vision politique de la société.
Elle ne reprend la question LGBT ni dans son introduction, ni dans sa
conclusion. Elle ne croit pas à la sursuicidalité des personnes
LGBT, à peine à leur suicide, "imagine"
seulement que des "personnes homosexuelles conçoivent un
fort sentiment disolement, susceptible de conduire à une
tentative de suicide". Elle ne perçoit pas lurgence
de la question du mal-être chez les personnes LGBT jeunes ou séropositives.
Les termes en "homo" ("homosexuel/le(s)",
"homosexualité" ou "homophobie")
sont cités en tout et pour tout 20 fois dans son rapport, le terme
de "sida" deux fois, les termes en "séro"
("séropositif/ve(s)", "séropositivité"
ou "sérophobie") jamais***. La remise de ce rapport
a fait lobjet dune importante couverture médiatique :
de nouveau, il est à craindre que leffet dannonce ne
reste un but en soi pour les Pouvoirs publics quand ils traitent les questions
LGBT (7). <Résumé | Communiqué> * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §35- G - CONCERNANT LE VIH/SIDA ET PLUS PARTICULIÈREMENT LE PROBLÈME DES CONTAMINATIONS DITES "VOLONTAIRES" : Du suicide effectif au comportement suicidaire parfois présent dans certaines pratiques sexuelles à risque, il ny a quun pas. Concernant plus précisément le barebacking (pratiques sexuelles non protégées impliquant des "contaminations volontaires"), il convient dans un premier temps de distinguer les pratiques sexuelles non protégées consenties ("baise sans capote"...) et les pratiques sexuelles non protégées non consenties (rapports sexuels avec des préservatifs percés à linsu du ou de la partenaire...). LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a de nouveau débattu des arguments exposés par Reims Liberté Gaie (RLG), Membre de la fédération à Reims, début 2003 dans "laffaire du barebacker rémois". RLG soutenait que la notion de responsabilité partagée ne permettait pas dapporter une réponse satisfaisante aux personnes "victimes" de "contaminations volontaires" : selon RLG, les contaminations "volontaires" doivent faire lobjet de poursuites pénales pour rendre justice aux "victimes" et pour obliger les "contaminateurs volontaires" à un suivi psychologique. §36- Comme lors de ses précédentes Rencontres nationales, lINTER CENTRES LGBT na pas voulu prendre position sur ce sujet facilement passionnel. Elle a estimé que chacune était potentiellement un "contaminateur" ou une "contaminatrice volontaire" (tant il est difficile dassurer une prévention systématique en des instants démotion où toute personne humaine a en tête de toutes autres préoccupations que la politique de santé de la collectivité nationale). Elle a également reconnu, symétriquement, que chacune était tout aussi potentiellement une "contaminé-e volontaire". Des participantes, pourtant acteurs ou actrices de prévention, ont témoigné dinstants de leur vie propre où ils navaient pas pu, pas su, mettre un préservatif ou demander à leur partenaire de mettre un préservatif. Ils/elles ont évoqué la culpabilité quils/elles ressentaient suite à ces instants. §37- Il est en théorie aisé de faire la différence entre de telles impossibilités (que lon pourrait attribuer à une "magie de linstant", magie pourtant potentiellement mortifère, qui abolirait le discernement), et des actes de nuisance volontaire où des personnes séropositives chercheraient non pas la jouissance mais la contamination de lautre voire la jouissance par la contamination de lautre (faux certificats de séronégativité, capotes percées ou ôtées à linsu du ou de la partenaire...). Il est donc en théorie aisé de faire la différence entre des "contaminateurs/trices innocentes" dun côté, et des "contaminateurs/trices coupables" à déférer devant la justice de lautre. En pratique, cela devient beaucoup moins aisé. Notamment, comme établir la preuve que cest lors de tel ou tel rapport sexuel quune éventuelle contamination se serait faite ? Et faudrait-il punir les contaminations seulement potentielles (comme en Suède où un homme séropositif sest vu récemment condamné à de la prison ferme pour avoir pratiqué des fellations sur une dizaine de partenaires dont aucun na été contaminé) ? Et comment établir que la "victime" naurait réellement pas consenti à un rapport non-protégé ? La douleur et la colère des personnes qui sestiment victimes dune "contamination volontaire" doivent évidemment être entendues et respectées, mais comment éviter, si lon avançait vers la pénalisation de telles contaminations, de tomber sous le coup de larbitraire dun personnel judiciaire dont on sait quil affirme parfois sans complexe sa LGBTphobie ? Comment éviter de sorienter vers une suspicion systématique de culpabilité pesant sur la personne séropositive ? §38- LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT a finalement fait état de sa perplexité sur ce sujet... sur lequel elle entend se donner le temps de la réflexion. Tout au plus a-t-elle fait état des dangers de certaines campagnes de prévention VIH/sida qui semblent davantage orientées vers des hommes jeunes, bien portant, à laise dans leurs baskets, "virils" donc pratiquant (évidemment !) la pénétration anale "active", et séronégatifs... au détriment des autres publics, à commencer par les personnes séropositives. Comment se sentir concerné par une campagne de prévention qui ne vous est visiblement pas destinée ? <Résumé | Communiqué> §39- H - CONCERNANT LES
RELATIONS ENTRE LES ASSOCIATIONS LGBT ET LA SPHÈRE SOCIO-ÉCONOMIQUE :
LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT
a entendu HOMogênE*, Membre de la fédération
au Mans, rappeler la dimension civique de la "charte daccueil
et de bienvenue lesbian and gay friendly" lancée le 15
octobre 2002 avec la Mairie et avec lOffice de tourisme du Mans**.
Avec le recul, il semble démontré que cette charte facilite
le débat public sur linsertion sociale des personnes LGBT :
notamment, les établissements non-identitaires qui lont signée
ont subi des actes LGBTphobes qui les ont amenés à prendre
conscience de la violence subie au quotidien par les personnes LGBT. Suivant
la voie mancelle, le CGL Lille, Membre de la fédération
dans le Nord-Pas-de-Calais, étudie actuellement avec les élues
et les commerces lillois une démarche dadaptation de cette
charte. Logo de la "charte daccueil et de
bienvenue lesbian and gay friendly" * <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> §40- J - CONCERNANT LE "PRIX" ET "LANTI-PRIX" INTER CENTRES LGBT : Au cours de ces IXèmes Rencontres nationales, lAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT aura donc pu se pencher sur de nombreuses démarches concernant la thématique sociale LGBT, méritoires pour les unes, nocives pour les autres. Pour contribuer, à son niveau, à changer les mentalités, et pour participer dun travail de pédagogie que les Pouvoirs en place tardent à entamer, lINTER CENTRES LGBT décernera un "Prix 2004" (destiné à distinguer la démarche la plus favorable à lintégration sociale et à lépanouissement des personnes LGBT), et un "Anti-Prix 2004" (destiné à mentionner la démarche la plus préjudiciable à cette intégration et à cet épanouissement). La fédération a retenu deux listes de démarches sociales et locales pressenties pour recevoir ce Prix et cet Anti-Prix : ces listes seront communiquées dès ratification (le 15 avril prochain). Prix et Anti-Prix seront décernés lors des Xèmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT (entre les 14 et 20 juillet prochains). <Résumé | Communiqué> §41- K - CONCERNANT LA VIE DE LA FÉDÉRATION : Lors de son Assemblée générale, lINTER CENTRES LGBT na titularisé aucun de ses Membres associés. Elle compte donc à ce jour huit Membres" titulaires" (i.e. qui ont le "titre" de "CGL" ou de "Centre LGBT") et dix-neuf Membres "associés" (i.e. qui soutiennent des projets de "CGL" ou Centre LGBT). Les huit "CGL" (ou Centres LGBT) sont :
Deux autres "CGL" (Centres LGBT) devraient se voir officiellement titularisés dici la fin de lannée au Mans et à Tours. §42- LINTER CENTRES LGBT a admis cinq nouveaux Membres associés :
La Voie de lâme a depuis disparu le 28
février dernier, un an jour pour jour après la disparition
de la Maison de lhomosocialité, ancien Membre de la fédération
à Bordeaux, ce qui montre si besoin en était à quel
point il reste difficile de porter un investissement associatif LGBT en
province. Après ratification des quatre admissions restantes, LINTER CENTRES LGBT
comptera donc huit Membres titulaires et vingt-trois Membres associés,
soit trente-et-un Membres. Elle couvrira 18 régions métropolitaines
et collectivités doutre-mer sur 32 (soit 28 départements
métropolitains et collectivités doutre-mer sur 106). Les
militantes des régions, départements et collectivités
doutre-mer non-couverts sont invités à entrer en contact
avec la fédération**. §43- Le mandat de la Présidence de lINTER CENTRES LGBT, assurée par Couleurs Gaies, Membre de la fédération à Metz et en Moselle, arrivait à son terme lors de ces Rencontres. La fédération a donné quitus à la Présidence sortante de la qualité de son action et du courage de son investissement à la tête dune fédération dont le double caractère indépendant et interrégional na pas été sans rencontrer des résistances certaines en un pays à la tradition jacobine bien ancrée. LINTER CENTRES LGBT a élu comme Présidence entrante Quazar, Membre de la fédération à Angers, qui a notamment manifesté sa ferme volonté de continuer à développer la fédération. §44- LINTER CENTRES LGBT a donné quitus à son Trésorier, le CGL Lille, Membre de la fédération dans le Nord-Pas-de-Calais, pour lexercice comptable arrêté au 31 janvier 2003. La fédération a adopté sans réserve le budget 2004/2005 qui lui était soumis. §45- LINTER CENTRES LGBT a élargi sa "Commission de coordination" (son secrétariat national) qui comprend désormais sept membres :
§46- LAssemblée générale de lINTER CENTRES LGBT sest séparée à regret, portée par ces mots riches davenir : "Et merci encore pour la bonne humeur de ces rencontres ainsi que de lexcellence des débats, cest un bon souvenir, nous sommes sur un chemin prometteur." (Claude Chantereaux, Co-Président du CGL Paris, Membre de la fédération à Paris et en Île-de-France, au terme des Rencontres précédentes qui se tenaient à Paris, courriel du 4 août 2003 à 21h11) (8). Les Xèmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT se tiendront à Marseille entre les 14 et 20 juillet prochains. Les XIèmes Rencontres nationales INTER CENTRES LGBT se tiendront à Angers les 29 et 30 janvier ou les 5 et 6 février prochains. §47- Seul engage lINTER CENTRES LGBT et ses Membres le texte des résolutions issues de leurs délibérations et soumises à leur ratification. Le terme du délai ouvert aux Membres pour ratifier ces résolutions est fixé au 15 avril prochain. Sagissant du texte de ces résolutions, seule la version qui sera portée au relevé des résolutions en tête du procès-verbal des Rencontres fera foi. Le communiqué final et les présentes conclusions sont présentés à titre informatif. Ils ne sauraient en aucun cas engager lINTER CENTRES LGBT et ses Membres. §48- LINTER CENTRES LGBT est soutenue par le Syndicat national des entreprises gaies. <Résumé | Communiqué>
* 23 des quelque 50 participantes des 9R (et
2 cuisses lilloises !) <II - DOSSIER | LGBTphobies | Subventions | PaCS | Éducation | Suicide | VIH/sida | Prix etc.> <I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <NOTES | Pétition | LGBTphobie intériorisée | PaCS | Pascal | An I | Suicide | Boutin | PV8RC19> * Notes du dossier de presse * §49- (1) PÉTITION : Texte de la pétition, consécutive à lagression de Sébastien Nouchet, disponible sur le site Internet de SOS homophobie :
<I - Communiqué final | II - Dossier de presse | Notes> <NOTES | Pétition | LGBTphobie intériorisée | PaCS | Pascal | An I | Suicide | Boutin | PV8RC19> §50- (2) LGBTPHOBIE INTÉRIORISÉE : Homophobie ou LGBTphobies (lesbophobie, gaiphobie, biphobie et transphobie) intériorisées, ou rentrées, ou retournées :
Les LGBTphobies intériorisées sont le premier
facteur qui amène les personnes LGBT à se déprécier
elles-mêmes au point de parfois, finalement, mettre fin à
leurs jours ou adopter des conduites à risque, notamment sexuelles.
Cf. le livret "Bien être des jeunes - De la quête
de son orientation sexuelle à lacceptation de soi (Dossier pour
les intervenantes en éducation à la sexualité)"
réalisé notamment par CIGaLes, Membre de la fédération
à Dijon, p. 43.* >Retour Dossier< §51- (3) PACS
: Les données démographiques ici utilisées sont celles
disponibles au 1er mars 2004 sur le site Internet du ministère
de lOutre-mer* (décomptes étalés de 1996 à
2004) : 245.405 habitantes en Polynésie française
(2002), 216.132 en Nouvelle-Calédonie (2001), 160.26 à Mayotte
(2002), 14.166 à Wallis-et-Futuna (1996) et 200 environ dans les
Terres australes et antarctiques françaises (2004). Le site Internet
de lINSEE (http://www.insee.fr/)
ne reconnaît pas lOutre-mer non-départemental comme
territoire français... §52- Pour mémoire,
en vertu des articles 72-3 à 77 de la Constitution*, les lois de
la Républiques sont applicables de plein droit dans les quatre
départements et régions doutre-mer (Guadeloupe, Guyane,
Martinique, Réunion) et à Saint-Pierre-et-Miquelon (régime
didentité ou dassimilation législative,
défini article 73 de la Constitution) ; en revanche, ces mêmes
lois ne sont applicables dans les quatre autres collectivités territoriales
doutre-mer (Mayotte, Wallis-et-Futuna, Polynésie française,
Nouvelle-Calédonie) voire dans les Terres australes et antarctiques
françaises que pour autant quune disposition législative
spéciale en décide ainsi (régime de spécialité
législative, défini article 74 de la Constitution ou
article 77 pour la Nouvelle-Calédonie). Dans le cadre de ce principe
de spécialité législative, et avant de prendre les
décrets dapplication du PaCS, le gouvernement Jospin a, le 3 novembre
1999, saisi pour avis le gouvernement de la Polynésie française
(en application de larticle 32 (6°) de la loi organique n°96-312
du 12 avril 1996 portant statut dautonomie de la Polynésie française,
modifiée par la loi organique n°96-624 du 15 juillet 1996) ;
il a reçu lavis du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
émis le 18 novembre 1999 (en application de larticle 133
de la loi organique n°99-209 du 19 mars 1999 relative à la
Nouvelle-Calédonie) (http://legifrance.gouv.fr/).
Le texte de ces deux avis na pu être obtenu. §53- Dans le "Rapport
dinformation déposé en application de larticle 145 du
règlement par la commission des affaires culturelles, familiales
et sociales et la commission des lois constitutionnelles, de la législation
et de ladministration générale de la République
sur lapplication de la loi n°99-944 du 15 novembre 1999 relative
au pacte civil de solidarité, et présenté par MM. Patrick
Bloche et Jean-Pierre Michel, députés", enregistré
à la présidence de lAssemblée nationale le 13 novembre
2001 sous le n°3383, Patrick Bloche et Jean-Pierre Michel évoquent
comme suit les nécessaires aménagements du PaCS concernant
son application Outre-mer* :
§54- Un article 11 bis avait effectivement été introduit par le gouvernement dans la "petite loi" pour ouvrir le PaCS à lOutre-mer non-départemental, comme lindiquent les pages 10.215 et 10.216 du compte rendu intégral des débats de lAssemblée nationale, portant sur la troisième séance du 8 décembre 1998 :
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