La loi relative au PaCS est promulguée
Moins d'une semaine après la décision du Conseil constitutionnel, le
Président Chirac a promulgué la loi relative au PaCS, le lundi 15
novembre 1999. Elle porte
également les signatures du Premier ministre et de sept ministres
(Emploi et solidarité, Justice, Intérieur, Affaires étrangères,
Finances, Équipement, Fonction publique). Ainsi que l'a déclaré la
Ministre de la Justice, la loi est immédiatement applicable, sans
attendre la publication des décrets d'application. La
Chancellerie a en effet adressé aux 473 tribunaux d'instance une
circulaire datée du 10 novembre, portant « sur les
modalités d'enregistrement des déclarations de pacte civil de
solidarité dès la promulgation de la loi ». Elle a également publié
un mode
d'emploi expliquant ce qu'est le PaCS et les formalités pour la
signature d'un pacte.
Le Conseil Constitutionnel
déclare le PaCS conforme à la Constitution

Dans une décision rendue le 9 novembre, les neuf sages
du Conseil Constitutionnel déclarent conforme à
la constitution française la loi sur le pacte civil de
solidarité adoptée
définitivement par les députés le 13 octobre.
Dans leurs attendus, les conseillers de la rue Montpensier
formulent toutefois quelques réserves sur l'application
du texte et apportent quelques précisions sur l'interprétation
qu'il convient de donner à certains articles. Ils précisent
d'abord que «la vie commune conditionnant la conclusion
du pacte, et que celui-ci a vocation à organiser, ne se
limite pas à une simple communauté d'intérêts
: outre une résidence commune, elle suppose une vie de
couple».
Les sages du Palais Royal émettent aussi quelques réserves
sur les conséquences d'une imposition et d'une vie commune.
Si les économies ainsi réalisées étaient
excessives, elles constitueraient une violation de l'article
13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
qui précise que la contribution de chacun à l'entretien
de la force publique et pour les dépenses d'administration
doit être également répartie entre tous.
De même, les conseillers rappellent que les personnes
liées par un pacte civil de solidarité se devant
une aide matérielle et mutuelle, serait nulle toute clause
du pacte qui porterait atteinte au principe de cette obligation
. Enfin, ils précisent que le PaCS ne peut en rien modifier
les dispositions du code civil sur la procréation médicalement
assistée.
Une dizaine de jeunes militants anti-PaCS ont manifesté
devant le Palais-Royal pendant que la décision du Conseil
était rendue publique. «Chirac au secours, ils ont
pacsé l'amour», criaient-ils, évoquant la
possibilité constitutionnelle qu'a le chef de l'Etat,
de demander au Parlement une nouvelle délibération
sur ce texte.
Cette décision vient mettre un terme définitif
a une procédure qui aura duré plus d'un an. Les
décrêts d'application peuvent maintenant sortir,
afin que les premiers pactes puissent être signés
avant la fin de l'année, comme s'y est engagé la
Garde des Sceaux devant le Parlement.
Jean-Benoît RICHARD
La décision, ses annexes et ses commentaires sont disponibles
sur le
site du Conseil Constitutionnel et dans notre rubrique PaCS.
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