|
|
Le Pacte Civil de Solidarité définitivement voté![]() Par 315 voix pour, 249 contre et 4 abstentions, les députés ont définitivement adopté mercredi 13 octobre le Pacte Civil de Solidarité, qui accorde aux couples non mariés, hétéro ou homosexuels - un ensemble de droits. Roselyne Bachelot-Narquin (RPR) et Gérard Grignon (UDF) sont les deux seuls députés de droite à avoir voté pour ; Philippe Séguin (RPR) et Alain Madelin (DL) se sont abstenus. Ce scrutin clôt un peu plus d'un an de débats acharnés qui ont provoqué des prises de position parfois outrancières. Le nouveau texte prévoit les dispositions suivantes :
L'opposition a immédiatement annoncé qu'elle saisissait le Conseil Constitutionnel, qui a trente jours pour répondre. La Garde des Sceaux, Elisabeth Guigou s'est engagée à tout mettre en oeuvre pour que les premiers contrats puissent être signés avant la fin de l'année. Ses services préparent déjà les décrets d'application. Jean-Benoît RICHARD
L'ultime lecture du PaCSMardi 12 octobre, les députés ont débattu une dernière fois du texte qui définit un statut et des droits pour les couples, «deux personnes physiques majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie commune». En dernière lecture, le règlement ne permet plus d'amender le texte. Les débats s'en sont trouvé apaisés. Ils ont surtout consisté en une ultime prise de position. Sans surprise, la majorité - communistes, socialistes, MdC, écologistes - votera le PaCS, qualifié «d'avancée sociale considérable» par son rapporteur, Jean-Pierre Michel. «C'est tout simplement une modernisation de notre droit en direction de millions de personnes», a pour sa part affirmé le député Vert Noël Mamère. «C'est une victoire non pas pour la gauche plurielle mais pour tous ceux qui attendent depuis longtemps d'avoir cette consécration juridique de leur mode de vie», a renchéri François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste. De leur côté, les députés de droite ont pris une nouvelle fois la parole pour fustiger le PaCS. «On démolit la famille», a rappelé Philippe de Villiers. Claude Goasguen, député DL a regretté qu'on puisse «donner à l'homosexualité une légitimité sociale» à travers ce texte. Le RPR Thierry Mariani a assuré lui que «le PACS en matière d'immigration constitue à n'en pas douter la voiture balai des régularisations», grâce à la disposition prévoyant qu'un PACS pourra être un des éléments donnant droit à un titre de séjour. Toutefois, on est loin de la chaleur des débats d'il y a un an. Christine Boutin, qui s'était illustrée par son acharnement, est montée à la tribune pour dénoncer une fois de plus le Pacte Civil de Solidarité «qui constitue un effondrement des repères sociaux essentiels». Elle a repris à son compte l'initiative de Générations Famille, collectif d'associations de défense de la famille. et a lancé un appel au président de la République pour qu'il agisse dans le cadre de l'article 10 de la constitution qui lui donne le pouvoir de renvoyer une loi devant l'Assemblée Nationale pour un réexamen. Les promoteurs du PaCS s'attachent maintenant à réunir toutes les conditions pour que les premiers contrats puissent être signés à l'aube de l'an 2000. Cependant, l'opposition, par la voix de Pierre-Christophe Baguet, a fait savoir qu'elle saisirait sans tarder le Conseil Constitutionnel. JBR |
|
|
|