Interdiction du journal Ex Aequo :
Le président de l'association reimoise s'explique
Sébastien Lambeaux, président
de l'association Ex Aequo de Reims, a obtenu début juin
d'un tribunal que le groupe Illico cesse de publier un journal
qui porte le même non que son organisation. Il rompt le
silence qu'il avait observé tout l'été,
et répond à l'interview
que nous avait accordé au début du mois Jacky Fougeray,
responsable du groupe Illico.
EX AEQUO (le journal) interdit ! EX AEQUO (l'association)
lapidée
Ou comment régler ses comptes quand on s'est pris une
claque.
Cette lamentable affaire est effectivement une affaire de
fric.
Il y a trois ans et demi, il était vrai que notre toute
jeune association aurait espéré se voir proposer
un dédommagement financier, ou une campagne de publicité,
contre la cession de son nom. Cependant, il n'a jamais été
possible d'entamer un dialogue, puisque la position du groupe
Illico est restée rigide : pour l'un des dirigeants de
la société " l'association EX AEQUO (régulièrement
déposée en préfecture) n'a aucun droit sur
son nom, et quand bien même, il n'y a aucun risque de confusion."
Rapidement, la confusion s'installe. Bon nombre de personnes
nous demande quels liens a l'association avec la revue EX AEQUO.
Ou moins agréable encore, quand on nous demande pourquoi
avoir choisi le nom d'un journal gai (certains sous-entendent
une forme de récupération... que les gens sont
méchants !).
Il est facile de lever la confusion lorsqu'il est possible
de s'expliquer. Cependant, nous craignons qu'un certain nombre
de personnes, d'associations, de personnalités et même
d'administrations puissent amalgamer nos objectifs, sans buts
lucratifs, à ceux d'un groupe financier. D'après
Illico il n'y a environ que 80 exemplaires vendus à Reims
et dans la région. Pourtant dans la Marne, si la revue
est peu lue, elle est malgré tout très connue :
étonnant non ?
Anecdote : Une tête de liste (locale, nationale et européenne)
du parti socialiste organise un débat à propos
du PACS. Alors que nous lui rappelons qu'elle n'a jamais répondu
à nos différents courriers, elle répondra
qu'elle nous a accordé au moins deux interviews...
Depuis, notre association s'est installée solidement
dans la région, non sans difficulté : la Champagne-Ardenne
est plutôt conservatrice. Par conséquent, il est
devenu hors de question de céder le nom pour lequel nous
nous sommes battus.
Devant l'intransigeance du groupe Illico, il reste deux solutions
- Laisser tomber, et céder à la pression d'un
puissant groupe de presse gai.
- Forcer la revue EX AEQUO à changer de nom.
Pour cela il faut aller devant un tribunal et compter 15 000
Francs de frais d'avocat. L'association n'a évidemment
pas les moyens d'avancer une telle somme et le groupe Illico
ne peut l'ignorer. Ce sont donc quelques adhérents qui
avanceront 10.000F. La procédure démarre en mai
1998, en même temps qu'une longue guerre d'usure.
Nous réclamons effectivement 300 000F de dommages et
intérêt, et nous n'avons pas honte de demander de
l'argent à un groupe qui, depuis 10 ans, engrange des
bénéfices considérables grâce à
la communauté homosexuelle. Nous savons que nous ne les
obtiendrons pas car le préjudice est difficile à
évaluer.
L'affaire est plaidée le 5 mai, et le délibéré
sera rendu le 9 Juin 1999.
C'est justement cette période que choisit Illico pour
lancer sa nouvelle formule Le Tempo d'EX AEQUO"
Pour nous, cela signifiait que le groupe Illico savait qu'il
perdrait devant le tribunal ; la revue allait devenir "Tempo".
Mais lorsque le tribunal rend sa décision, Illico abandonne
définitivement la parution de sa revue. L'alibi semble
tout trouvé : un groupuscule inconnu et avide d'argent
a anéanti le seul journal militant de la communauté
homosexuelle.
Le groupe Illico se déclare en proie à des difficultés
financières :
- Il a cependant entamé une procédure d'appel
de la décision de justice qui, vraisemblablement perdu
d'avance, sera très coûteuse. (Ce qui retarde d'autant
le remboursement des sommes engagées par les adhérents
de l'association EX ÆQUO).
- Changer de nom doit revenir très cher et une campagne
de publicité dans les nombreuses revues du groupe Illico
doit être hors de prix ?
- "Envoyer un courrier aux abonnés pour expliquer
un changement de nom doit coûter bien plus cher qu'un courrier
pour incendier une association ?
- Les communiqués de presse sur Internet ne sont efficaces
que pour achever les méchants traîtres qui ont osé
tenir tête à la puissante entreprise gaie.
En somme, pour ces messieurs-dames de la "culture gaie",
même plus possible d'exploiter tranquilles ! Ils sont écurés,
scandalisés. Il veulent dénoncer cette infamie,
avant que d'autres commencent à s'exprimer. Il veulent
montrer ce qui arrive quand on s'attaque à plus fort que
soi. Qui oserait soutenir une petite association de province
?
Si cette affaire est tellement lamentable, c'est surtout parce
qu'elle ressemble à un très mauvais feuilleton,
et qu'il est vrai que cela doit faire beaucoup rire certains
de nos ennemis. Rien ne justifiait la publicité qui en
a été faite.
Nous sommes conscients qu'il est dommage qu'un journal disparaisse,
mais l'association EX AEQUO n'a pas voulu cela. Elle a défendu
ses droits, et cela apparaît pour certains comme un crime.
Reste la prise de position stupéfiante du collectif
pour le PACS (à moins que ce ne soit seulement l'opinion
de Monsieur Pouliquen).
Dès le début du mois d'août, ce dernier
fait paraître un communiqué scandalisé, accusant
notre "groupuscule gai" d'avoir fait appel à
la justice et d'être responsable de la disparition de la
revue.
Nous aurions pu imaginer qu'il y avait là une maladresse
due à un manque d'information. En fait, il y a deux ans,
l'association EX AEQUO et son président avaient activement
participé à l'initiative de la défunte fédération
GEMINI lors du lancement d'une pétition appelée
"déclaration des droits du couple homosexuel".
C'était au moment où le gouvernement bradait la
reconnaissance des couples gais et lesbiens et renvoyait par
charter les sans-papiers qui avaient fait leur demande de régularisation.
Les signataires de la pétition exigeaient en particulier
:
- la signature du "contrat" en mairie
- que les étrangers contractant un PACS acquièrent
la nationalité française comme pour les couples
mariés
- que les avantages prennent effet immédiatement.
Le contenu ne convenait pas aux objectifs du collectif. Il
s'en est suivi un échange de courriers électroniques
houleux comme il semble être de mise sur Internet ! (un
bon vieux crayon et du papier, cela permet de réfléchir
plus longtemps aux âneries qu'on risque d'écrire
; c'est valable pour tout le monde)
Suite à ces incidents, l'association EX AEQUO était
rayée des listes de diffusion du collectif. Elle avait
déjà à l'époque participé
à une Jacquerie. Quels emmerdeurs ces provinciaux !
Moralité : si vous avez quelque chose à dire,
taisez-vous !
Convaincus que le directeur de la publication du magazine
Illico respecte la déontologie journalistique, nous sommes
certains qu'il nous accordera un droit de réponse à
l'article qui vient de paraître sur cette affaire.
Sébastien Lambeaux.
Président de EX AEQUO
EX AEQUO
1, rue du docteur Pozzi - B.P. 3 -
51871 Reims cedex 3
Tél. / fax : 03.26.86.52.56
http://www.multimania.com/exaequo
- mél. : exaequo@multimania.com
Vous trouverez tous les détails et l'historique de
cette affaire sur :
http://www.multimania.com/exaequo/aff_exaequo/histor.htm
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