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L'outing post-mortem
Sur l'Internet Une partie de ce débat a dérivé vers la représentativité, le mode de financement, voire l'utilité du CGL. Ainsi, Alain Piriou, militant associatif, s'est interrogé "sur le hiatus qui pouvait exister entre desvolontaires d'un CGL qui font effectivement un travail remarquable d'accueilet d'écoute (et non subventionné), et une équipe dirigeante aux positionspolitiques et aux méthodes qui suscitent à tout le moins le débat". Bruno Sarrodet, volontaire à l'accueil du CGL, rappelle que "le CGL est directement UTILE. C'est le seul lieu dans toute larégion ouvert sur la rue et non commercial qui accueille tout le mondetoute l'année." Des réactions sans appel Jean Le Bitoux, co-fondateur de Gai-Pied, de groupes homosexuels et d'autres revues, qui avait déjà eu l'occasion de condamner fermement l'outing, notamment lors d'un "Gueuloir" qui l'opposait à Philippe Mangeot et à Caroline Fourest, s'avoue terrifié : "La moindre justification du outing insulte, la preuve, ceux qui nous ont précédé, victimes de fichiers, de délations, de mise à l'index, de farfouillage dans la vie privée c'est à dire intime. [..] Comment ces allumés d'ActUp peuvent-ils décider de faire la guerre au Ministère de la Santé pour violation du secret médical d'actuel survivants du sida, et choisir nommément des victimes expiatoires à leur exaspération dans leurs colonnes ? [...] L'éthique a disparu, les associations ont été lourdées de ce CGL en 1996, et l'indignation, comme à Act Up, a été instrumentalisée." RL
Une stratégie irresponsable Certes, comme Philippe Mangeot s'en expliquait assez naïvement au "Gueuloir", "mais ils [ceux qu'on menace d'outing] ont tous les droits, on ne les conteste pas". Sans doute croit-il encore que les droits ne sont menacés que par la toute puissance de l'État, qu'il suffit qu'ils soient inscrits dans la loi pour que la partie soit gagnée, et que personne n'est à la merci d'un groupe qui juge qu'une bonne démonstration, un bon débat ou une bonne cause méritent qu'on bafoue les droits humains fondamentaux. Act Up sait manipuler les médias de façon souvent efficace pour servir ses objectifs, et cela fait partie de son propre folklore. Mais une telle stratégie ne peut plus maintenant être suivie par les mouvements homosexuels, à moins de passer pour des irresponsables. À moins d'éprouver la nostalgie de l'ombre et les délices de la subversion. R. Lalement |
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