|
|
L'adoption du PaCS est repoussée à la rentréeAu dernier jour de la session parlementaire ordinaire, le 30 juin, le gouvernement a décidé de repousser l'adoption définitive du PaCS au mois d'Octobre, après que les sénateurs se soient livrés à d'ultimes manoeuvres pour retarder une dernière fois le projet. Initialement, les membres de la haute cour devaient procéder en matinée à une dernière lecture pour que les députés puissent adopter définitivement le texte dans la soirée. Mais ce matin-là, les sénateurs ont décidé de ralentir leurs travaux pour manifester leur opposition au PaCS et au projet de couverture médicale unique, inscrits à l'ordre du jour. Alors, pour éviter tout dérapage, Daniel Vaillant, ministre chargé des relations avec le Parlement a annoncé que le gouvernement repoussait à la rentrée parlementaire d'Octobre la dernière lecture du PaCS. «Les conditions ne sont pas réunies pour que ce texte soit adopté définitivement» a-t-il simplement expliqué. Depuis quelques jours déjà, on s'attendait un peu à un contretemps de ce type. Pendant la marche de la Gay Pride de Paris, Catherine Tasca, Patrick Bloche et Jean-Pierre Michel s'employaient activement à préparer l'opinion à cette nouvelle -ultime ? - péripétie. Les associations protestent vigoureusement Le report de la dernière lecture à la session parlementaire1999-200, et surtout l'attitude de la majorité sénatoriale a provoqué une levée de boucliers dans les rangs des associations gaies qui ont suivi de très près le dossier. Homosexualité
et Socialisme a qualifié la manoeuvre des hôtes
du Luxembourg de «pathétique baroud d'honneur...
expression de leur refus d'une évolution de la société
dont ils Le Comité pour la reconnaissance sociale des homosexuel/les dénonce l'homophobie larvée qui sous-tend les manoeuvres sénatoriales. «Plus qu'une opposition, il s'agit d'un acharnement systématique sur un texte accordant enfin des droits aux couples de même sexe et aux couples non mariés» écrit notament Sylvain Ladent dans un communiqué de presse diffusé quelques heures après le renvoi. Le Collectif pour le Contrat d'Union Civile ne mâchait pas ses mots non plus à l'égard des sénateurs. «La décision de la droite sénatoriale est une insulte à l'égard des 200 000 citoyennes et citoyens, hétérosexuels comme homosexuels, qui ont défilé samedi dernier dans les rues de Paris et d'autres villes de France à l'occasion de la Lesbian & Gay Pride, contre l'homophobie et pour le PaCS. La droite fait payer à nos concitoyens le désarrois dans lequel elle se trouve et dans lequel elle s'est mise. Elle pourrait choisir de suivre Roselyne Bachelot-Narquin, voire Philippe Seguin. Elle préfère mettre ses pas dans les godillots vaticans de madame Boutin, du vicomte de Villiers de Saintignon, de Charles-Amédée de Courson. Les Françaises et les Français ont-ils mérité ça ?» demandait entre autre Jan-Paul Pouliquen. Même s'il est contrariant, le report de la dernière lecture du Pacte Civil de Solidarité n'est pas très grave. Les associations se sont donné comme objectif de faire signer les premiers PaCS pour l'an 2000. le renvoi à Octobre ne remet donc pas en cause le calendrier. Espérons qu'il permettra de calmer les esprits et que les débats pourront se dérouler avec toute la sérénité requise pour l'adoption d'un texte aussi impoirtant. |
|
|
[France QRD] [Les titres de l'actualité] |