PaCS :
Le bout du tunnel approche
Les travaux parlementaires autour du projet se poursuivent
régulièrement, et l'adoption définitive
du texte de loi approche maintenant à grand pas.
Les députés ont procédé les 8
et 9 juin à une troisième lecture du projet de
Pacte Civil de Solidarité. Ils ont planché sur
la mouture déjà adoptée le 7 avril, qui
instaure un statut légal pour les couples constitués
de «deux personnes physiques majeures, de sexe différent
ou de même sexe pour organiser leur vie commune»
et qui définit également le concubinage. Les élus
procèderont le 15 juin à l'adoption définitive
en troisème lecture, à l'issue d'une procédure
de vote personnel.
Avant d'examiner 300 nouveaux amendements, les députés
ont eu à repousser une exception d'irrecevabilité,
une question préalable et une motion de renvoi en commission
, autant d'artifices de procédure pour ralentir les débats.
Les mêmes voix (Plagnol, de Courson, Devedjian) se sont
ensuite illustrées pour s'opposer à nouveau au
PaCS. Christine Boutin, dans un ensemble bouton d'or, était
en grande forme, elle aussi. Après son apathie à
l'occasion de la deuxième lecture au Sénat, l'opposition
s'est réveillée.
En effet, les étapes précédentes n'avaient
pas donné lieu à de fracassantes et médiatiques
escarmouches. Le 18 mai, la commission mixte paritaire, réunissant
sénateurs et députés, s'était achevée
par un constat de désaccord. Le Collectif pour le Contrat
d'Union Sociale rapporte toutefois que lors de la réunion
de la commission, des parlementaires ont tenu a dire (hors procès
verbal) qu'il était inadmissible de soutenir un texte
défendu par des «pédophiles qui défilaient
à la Gay-Pride». Remarque qui a même scandalisé
certains sénateurs de droite !
Le 11 mai, le Sénat avait voté une motion d'irrecevabilité
affirmant qu'«il n'y a pas lieu de débattre».
L'explication de vote n'avait durée que 2 h 30. A noter
que le président de la commission des Lois, Gabriel Larché,
a tenu des propos particulièrement violents à l'encontre
d'Elisabeth Guigou.
Aucune date n'est encore fixée pour la fin des débats.
Il faut encore en passer par une une séance au Sénat.
Les hôtes du palais du Luxembourg devraient en toute logique
voter une nouvelle motion d'irrecevabilité. Il ne restera
plus alors qu'une dernière lecture à l'Assemblée
pour que le projet devienne réalité.
Le Collectif pour le Contrat d'Union Civile insiste auprès
de Matignon pour que tout soit terminé avant la fin de
la session parlementaire, c'est-à-dire avant le 30 juin.
Mais le calendrier parlementaire est extrêmement chargé.
Denis Quinqueton, secrétaire général de
l'association, rappelle «qu'une session extraordinaire
peut être convoquée mais cette décision appartient
au Président de la République... qui n'a aucune
envie d'aider la gauche à terminer l'examen de ses projets».
Le suspens restera entier jusqu'à la fin du mois de juin...
Jean-Benoît
RICHARD
Retrouvez dans notre
dossier consacré au partenariat les compte-rendus
complet des séances
Le président de la République critique à
nouveau le PaCS
Jacques Chirac a profité
de la cérémonie de remise des médailles
de la famille française pour exprimer une nouvelle fois
son désaccord sur le Pacte Civil de Solidarité.
«Respectueuse des droits de chacun, la loi ne peut
pour autant se faire l'auxiliaire de tous les arrangements de
la vie privée, ni les placer tous sur le même plan.
Ce serait méconnaître la portée de sa mission»
a affirmé le chef de l'Etat. Il a immédiatement
précisé : «La loi n'est pas la servante
du bonheur individuel. Elle est au service de l'intérêt
général». L'allusion implicite au PaCS
n'aura échappé à personne. Le président
a ajouté que «la première aspiration de
l'homme, sa première liberté» est de
«fonder une famille, la faire grandir, la fortifier».
C'est la troisième fois au moins que Monsieur Chirac
prend ainsi position. Sa première intervention remonte
à l'an dernier, au cours de la même cérémonie
de remise des médailles de la famille française.
Peu après, le jour même de la Gay Pride, le chef
d'l'Etat était intervenu en s'interrogeant «Quand
le don de vie est exclu, pourquoi le législateur irait-il
étendre des règles qui n'ont été
posées que dans l'intérêt de l'enfant ?»
(voir notre édition
de juillet 98)
Le CSA contre l'homophobie
Dans
le cadre de la nouvelle loi sur l'audiovisuel public, les députés
ont adopté un amendement qui charge le CSA de surveiller
et d'interdire la diffusion de programmes qui «inciteraient
à la haine pour des raisons de race, de sexe, de religion
ou de nationalité», et désormais aussi
pour des raisons de moeurs.
Cet amendement a été présenté
par Patrick Bloche - l'un des auteurs du Pacte Civil de Solidarité.
Dans l'exposé des motifs, le député de Paris
est très clair sur ses intentions : «le CSA doit
également veiller à ce que les programmes ne contiennent
aucune incitation à la haine ou à la violence pour
des raisons liées à l'orientation sexuelle».
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