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La croisade de Christine Boutin

Paris, Assemblée Nationale - 4 novembre 1998, 4h00

Au nom de la famille, de la morale et de la religion, la député de la 10ème circonscription des Yvelines est farouchement opposée au Pacte Civil de Solidarité. Son engagement date des premières ébauches du projet de loi. Mardi 3 novembre, à la reprise des débats autour du PaCS deuxième version, c'est à elle qu'est revenu l'honneur de prendre la parole la première, au nom de l'opposition. Au cours d'un discours fleuve de 5 heures 15, elle s'est attachée à exposer en douze point en quoi le projet de loi lui semblait inconstitutionnel.

Christine Boutin, UDF, YvelinesLa longueur de son exposé a progressivement fait monter la tension dans l'hémicycle. De nombreuses exclamations et des claquements de pupitres ont ponctué les grands points de sa démonstration . D'abord bon enfant, les interventions des députés sont devenues progressivement de plus en plus bruyantes et les esprits de plus en plus échauffés. Le président de séance, Arthur Paecht, a proposé des interruptions à deux reprises pour tenter de faire revenir le calme sur les bancs.

Des incidents ont éclaté au cours de la deuxième interruption, vers minuit et demie. Des députés de gauche ont violemment pris à partie Monsieur Paecht, lui reprochant sa présidence partisane. Des noms d'oiseau ont fusé dans les couloirs, et on a même vu les députés Cuq et Cathala en venir aux mains.

A la reprise de la séance, c'est Laurent Fabius, le président en titre, appelé en urgence pour ramener le calme, qui a pris place au perchoir. Il a repris la conduite des débats, regrettant «les incidents nombreux et déplorables». Sous sa houlette, Christine Boutin a achevé la lecture des 58 pages de son intervention.

Jean-Pierre Michel, rapporteur du texte, puis Elisabeth Guigou, Garde des Sceaux, n'ont répondu que brièvement au député des Yvelines. «Les plaidoiries les plus longues ne sont pas forcément les plus convaincantes» a rappelé la ministre de la Justice. Les députés ont ensuite procédé au vote. La motion d'irrecevabilité n'a recueilli que 233 voix, contre 299.

Gilles BESSEC - Jean-Benoît RICHARD

 

Manifestations pro et anti PaCS

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Paris à l'appel du Collectif pour le mariage et contre le Pacs, pendant que les députés travaillaient sur le Pacte Civil de Solidarité à l'Assemblée Nationale.

Jeunes et moins jeunes, portant des tee shirts frappés de slogan comme «Pacs out» ou «Pacs intox», et équipés de ballons sauteurs, ont défilé de la place Denfert Rochereau aux Invalides aux cris de «le mariage nous protège, le Pacs nous désagrège», «Pacs adopté, familles sabotées»,ou encore «Et un, et deux, et trois et Pacs zéro».

En tête du cortège marchaient de nombreux élus de droite, au premier rang desquels on notait la présence de Philippe de Villiers. Le député vendéen a délaissé pour un moment les bancs du palais Bourbon pour apporter son soutien aux manifestants. On notait aussi en fin de cortège la présence d'une délégation du Front National.

Parallèlement, l'Interpride, qui regroupe les Lesbian & Gay Pride françaises, appelait elle aussi à manifester dans les grandes villes de l'hexagone. «Puisqu'une pride par an ne suffit plus», écrivent les organisateurs, «nous vous invitons à ce rendez-vous politique, fiers de soutenir un projet novateur». Malheureusement, ces manifestations ont eu beaucoup moins de retentissement - JBR

 

Le calendrier du PaCS reste incertain

En jouant la longueur, l'opposition parlementaire est parvenue à ses fins : les députés ont loin d'avoir terminé l'examen du projet de Pacte Civil de Solidarité, et le texte ne pourra pas être adopté le 10 novembre comme initialement prévu.

Le calendrier parlementaire est particulièrement chargé, et, dès dimanche, le gouvernement cherchait une date pour caser la fin de la discussion. Au moment où nous mettons en ligne, rien n'était encore définitif, mais Daniel Vaillant, ministre des relations avec le parlement annonçait que de nouveaux débats seraient inscrits à l'ordre du jour prioritaire des mardi 1er et mercredi 2 décembre.

Sauf retournement de situation, les délais de transmission au Sénat ne seront pas affectés par ces délais supplémentaires, et le projet de Pacte Civil de Solidarité devrait être soumis aux hôtes du palais du Luxembourg au début de l'année prochaine - JBR

 

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10/11/98 © Gais et Lesbiennes Branchés