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Les gais candidats aux municipalesL'homosexualité ne serait - presque - plus un frein à l'épanouissement d'une carrière politique ? Pas sûr, à considérer le nombre de gais et de lesbiennes déclarés dans le paysage politique français. Et pourtant, à l'occasion des élections municipales 2001, le nombre de candidats ouvertement homos progresse. André Labarrère, maire sortant P.S. de Pau, a été le premier homme politique français à faire son coming-out. En raison de son âge, il n'avait pas l'intention de se représenter, et ne risquait donc pas sa carrière en révélant cet aspect de sa vie privée. Et pourtant, cette année, il a décidé de solliciter un nouveau mandat. Grand bien lui a pri, car il a été réélu dès le premier tour.
Au premier tour, l'ensemble de ses listes a recueilli 31,31%
des voix. Monsieur Delanoë, inscrit sur la liste du XVIIIème
arrondissement aux côtés de Philippe Vaillant, le
ministre de l'intérieur, a fait un score de 36,99%
Au premier tour, la liste des Verts a recueilli 17,97% des
voix dans le Xème arrondissement, 15,75% dans le IVème,
et un petit 9,43% dans le XVIIème. A l'issue du premier tour, les différentes composantes de la gauche plurielle ont formé des listes communes, sous la houlette de Bertrand Delanoë. Christophe Girard a été intégré en position de siéger au Conseil de Paris, Camille Cabral en position de siéger au conseil d'arrondissement. Au soir du 18 mars, les listes de la gauche plurielle ont remporté une large victoire, et, très logiquement, lors du premier conseil municipal réuni le 25 mars, les conseillers de Paris ont confié la gestion de la capitale à Bertrand Delanoë.
A Toulouse, les Mauves devaient être présents sur la liste Motivé-e-s en la personne d'Hervé Hirrigoyen. Hélas, il a finalement été oublié de la rédaction finale. Les douze premiers Motivé-e-s ont été désignés en comité restreint, le reste des candidats par tirage au sort, qui n'a pas été favorable au Mauve. Finalement, c'est à Rennes qu'une petite équipe
de militants gays et lesbiens a défendu les couleurs de
cette nouvelle formation politique. Jacques Ars, Guenola Rouzic,
Ludovic Jansen et Céline Reymond ont suivi Françoise
Bagnaud, présidente du Collectif Femmes 35 sur la liste
Toutes et Tous Ensemble à Gauche. Ils ont recueilli 4,04%
des suffrages. « Nous sommes très contents de
notre résultat puisqu'on tablait sur 3 % » a
confié Françoise Bagnaud au journal Ouest-France. Tous les candidats cités jusqu'à présent se réclament de gauche. A droite, Philippe Meynard, UDF, adjoint au maire de Barsac, qui avait fait son come-out en plein conseil municipal, a décidé de se présenter en tête de liste. François Bayrou est venu le soutenir, mais cette caution nationale n'a pas eu beaucoup de retentissement dans cette petite commune girondine de 600 habitants. A l'issue du premier tour, la liste menée par Philippe Meynard s'est trouvée en ballotage favorable. Au second tour, elle a recueilli 8 sièges, la liste de la gauche a obtenu 5 sièges et une autre liste divers droite, qui s'était maintenue au second tour, en a obtenu 5 égalemùent. Lors de l'élection du maire, qui s'est déroulée au cours du premier conseil municipal le 25 mars, les deux listes ont fait alliance pour évincer Philippe Meynard du fauteuil de premier magistrat de Barsac. Quant à Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile de France, qui a été outé par le magazine Emale, a refusé la place de deuxième de la liste présentée par le R.P.R. dans le IIIème arrondissement de la capitale que lui proposait Philippe Seguin. « Je ne veux pas être l'homo de service de la droite », a-t-il expliqué dans le journal France-Soir, en regrettant « les homosexuels vont voter majoritairement à gauche parce que l'on n'a pas su les considérer ».
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