L'actualité

Les homosexuels interpellent les candidats aux municipales

Gais et lesbiennes ne restent pas silencieux pendant la compagne électorale. Tous les moyens sont bons pour faire entendre leurs revendications, de la lettre au questionnaire détaillé en passant par la réunion électorale. Petit tour de France des pratiques.

Lyon : une lettre aux candidats

Chaque année, la Lesbian & Gay Pride de Lyon rencontre des difficultés pour organiser la marche dans les rues de la ville. Profitant des échéances, l'équipe de l'association LGP Lyon a envoyé un courrier à chaque candidat pour lui demander de se positionner par rapport à l'événement. Le courrier ayant remporté un certain succès, les militants ont envoyé un questionnaire plus fouillé. Au 1er mars, seule la liste soutenue par la LCR avait répondu.

plus d'infos >
le site de la Lesbian& Gay Pride de Lyon
http://www.lgplyon.com


Paris et banlieue : de multiples questionnaires

A Paris, le Centre Gai et Lesbien en partenariat avec le Syndicat National des Entreprises Gaies a élaboré un questionnaire très fouillé qui a été soumis à toutes les listes. Les deux associations veulent connaître les intentions des candidats en ce qui concerne les droits des couples de même sexe pour les fonctionnaires municipaux, pour l'accès aux logements sociaux, ... Ils veulent savoir aussi comment les candidats envisagent la participation des homosexuels à la vie municipale : usage des équipements sportifs, promotion de la vie gaie dans les organismes touristiques,... et s'inquiètent de la création d'appartements thérapeutiques pour accueillir les malades du sida, d'être associés aux campagnes de prévention. Les Verts, le RPR, les Mauves et le PS ont retourné leur questionnaires. Les réponses ont été largement diffusées auprès des adhérents, et figurent en bonne place sur le site internet du CGL.

  pour en savoir plus >
le site du Centre Gai et Lesbien de Paris
http://www.cglparis.org

Autre questionnaire, celui de la Lesbian & Gay Pride d'Ile de France, diffusé aux candidats à Paris et dans les villes de banlieue. Il sonde les hommes politiques sur huit points importants : le maire et le couple homosexuel, le maire et la lutte contre les discriminations, le maire et les familles homo-parentales, le maire et les jeunes gays et lesbiennes, le maire et la lutte contre le sida, le maire et les associations homosexuelles, le maire et la mémoire, le maire et la Lesbian & Gay Pride. Au 1er mars, l'association LGP-IdF n'avait collecté que trois réponses : celle d'André Santini, candidat RPR-UDF à Issy-les-Moulineaux, celle de Michel Laurent, tête de liste du P.C. dans le 93, celle des Verts qui se présentent à Vincennes. Cependant, la campagne électorale n'est pas close.

le questionnaire de la LGP > http://www.lgp-idf.org/elections2001/index.html


Marseille : meeting avec les associations gaies

Le 24 février, les associations homosexuelles de la cité phocéenne ont organisé un débat autour des municipales, qui a rencontré un important écho auprès des listes de gauche. Christian de Leusse, de la fondation Mémoire des Sexualités, en fait le compte-rendu.

La salle du Chocolat Théâtre était pleine, mais surtout les candidats étaient nombreux. Certes, le contexte [marseillais] actuel n'est pas particulièrement porteur pour la gauche et les candidats sont attentifs aux tribunes qu'on leur offre. Ils provenaient des différents partis politiques (PC, PS, Verts et PRG), ils étaient très attentifs et ont répondu plus ou moins bien aux questions posées, ils ont plutôt manifesté à leurs façons - diverses - leur soutien aux homosexuels et aux lesbiennes.

  • Robert Bret (sénateur PC) a rappelé le travail mené au Parlement pour faire avancer le PACS.
  • Mireille Pernot (conseillère régionale PC) a souligné le manque de courage de Jean-Claude Gaudin dans le soutien aux homosexuels
  • Michèle Poncet-Ramade (tête de liste de secteur, Verts) a parlé de l'action contre le SIDA
  • Marie-Arlette Carlotti (député européenne) a souligné combien il était important d'avoir un dialogue fréquent avec les homosexuels et les lesbiennes.
  • Michèle Trégan (candidate PS) a souligné combien il lui paraissait naturel d'apporter tout le soutien nécessaire aux homosexuels
  • Antoine Rouzaud (le plus jeune conseiller général PRG) a souligné qu'il avait défendu en tant que rapporteur la demande de subvention de l'Université d'été homosexuelle
  • Nabil Ben M'Rad (candidat Verts) a souligné le lien entre les combats des immigrés et ceux des homosexuels pour leur reconnaissance
  • Annick Boët et Christian Pellicani (candidats PC, présents dans la salle) ont apporté leur soutien aux homosexuels et aux lesbiennes
  • René Olmeta (tête de liste PS), arrivé en cours de réunion, a dit qu'il était largement d'accord pour mettre en application les mesures concernant les homosexuels et les lesbiennes retenues dans le programme de Bertrand Delanoë à Paris. Ces demandes lui paraissent tout à fait applicables à Marseille.

Plusieurs questions sont venues de la salle. Jean-François Matteï et Renaud Muselier ont été très critiqués pour leurs prises de positions sur le PACS et sur l'adoption. L'APGL (association des parents gays et lesbiens) a pu parler de son combat. Le MJS s'est exprimé avec force (par la bouche de Nathalie Pigamo) en soutien aux homosexuels et aux lesbiennes.

La presse locale a rendu compte de ce débat, la Provence de façon très succinte, la Marseillaise sur une pleine page. Un regret, le CA de la LGP Marseille était absent, il se réunissait ailleurs à la même heure.


Toulouse : débat au coin du zinc

Dans la ville rose, les candidats vont à la rencontre des gais dans les bars qu'ils fréquentent. Philippe Douste Blazy, tête de liste UDF-RPR, a tenu un meeting le 20 février au B Machine. Jusqu'à une heure tardive, il a répondu aux questions de tous, et entre autre promesse électorale, il s'est engagé à subventionner une maison des homosexualités, et à laisser passer la marche de la Gay Pride devant le Capitole. Il a tenu à rassurer ceux qui lui reprochent de faire liste commune avec des figures locales de l'homophobie en rappelant qu'«un maire peut décider tout seul». François Simon, candidat P, sera au même endroit le 6 mars.


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Les gais candidats aux élections municipales

FQRD

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