L'actualité

Dernière minute
Mort de Roger Peyrefitte

L'écrivain français est mort le 5 novembre à Paris, à l'âge de 93 ans.

Son premier roman, Les amitiés particulières, publié en 1945, relate les passions homosexuelles de jeunes adolescents dans un pensionnat. En plus du scandale, elles lui valurent le prix Renaudot. Le livre est désormais un classique de la littérature gay.

Roger Peyrefitte laisse une oeuvre abondante et éclectique, composée de 32 ouvrages consacrés à Alexandre le Grand, Voltaire ou Charles de Gaulle. Son goût pour la provocation fait qu'il laissera aussi le souvenir d'une «folle échevelée» (Bernard Frank).



Jean-Luc Roméro fait l'outing d'un journaliste

Dans un article consacré à la stratégie communautariste de Philippe Séguin, les lecteurs de l'hebdomadaire e-male daté du 19 octobre, ont pu apprendre, au détour d'une phrase, l'homosexualité de Jean-Luc Roméro. Celui-ci, conseiller régional RPR d'Île-de-France, conseiller municipal de Bobigny et président d'Élus locaux contre le sida, a réagi par un communiqué de presse, qualifiant l'article d'"atteinte intolérable" à sa vie privée, et annonçant sa décision de poursuivre le journal en justice.

L'affaire Roméro s'est alors amplifiée, suscitant des réactions : le collectif "Pacs et caetera" et le Centre Gai et Lesbien de Paris ont condamné vigoureusement le procédé, tout en soulignant la différence avec l'outing défensif. Act Up Paris a voulu s'expliquer sur l'outing, et finalement Alain Royer, l'auteur de l'article et Thomas Primo, le rédacteur en chef du journal se sont longuement justifiés sur gaipied.fr, plaidant l'erreur.

Jean-Luc Roméro avait-il besoin de réagir ? Après tout, cette révélation ne pouvait que le servir auprès des électeurs gais, s'il devait se présenter dans le 4ème arrondissement, et serait restée inaperçue auprès des hétéros RPR qui ne doivent pas souvent lire e-male. D'autant plus que Roméro affirme assumer son "identité", et s'apprêtait à faire son coming-out à sa façon : il l'aura donc fait par voie de communiqué de presse, et e-male peut certes se vanter de lui avoir gaché ce moment important.

Mais e-male est-il si innocent ? On veut bien croire à la négligence d'un journaliste qui ne vérifie pas ses informations. Or, dans le même numéro, Érik Rémes n'hésite pas à évoquer un de ses amis, "Guillaume, écrivain et prosélyte bareback", qui se retrouverait aujourd'hui avec "une hépatite C et des crêtes de coq". Heureusement que Royer n'est pas féru de pathologies et que Rémes s'intéresse peu aux élections.

Finalement, le communiqué de Roméro n'est-il pas une forme d'outing d'une presse peu respectueuse de la vie privée des gens ? L'outing à la OutRage est utilisé contre les homophobes homosexuels pour mettre en évidence l'incohérence entre leur vie privée et leur action publique, en les forçant à s'expliquer et à reconnaitre leur homosexualité. Ce n'est pas loin de ce qu'a obtenu Roméro, en forçant la rédaction d'e-male à s'expliquer - piteusement - sur sa négligence, et à reconnaitre ... son opposition à l'outing tout en le pratiquant.



Pas de punition pour le député homophobe

La 17ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, saisie des écrits homophobes du député Joël Sarlot, a finalement déclaré irrecevable la plainte déposée par le Syndicat National des Entreprises Gaies (voir nos précédentes éditions). Dans son arrêt, le Tribunal considère que les statuts du SNEG ne prévoient pas le combat contre les discriminations fondées sur le sexe ou les moeurs.

Dans un communiqué, le SNEG déplore qu'il « n'y ait pas de texte pour réprimer l'homophobie contenue dans la lettre litigieuse », et demande que soient « tirés enseignements et conséquences de l'état de non droit dans lequel se trouvent placées les associations regroupant des homosexuels et les homosexuels eu-même face à des attitudes à l'évidence homophobes ».



Une pétition contre l'adoption par des couples homosexuels
ne fait pas recette

Le député RPR Patrick Devedjian n'a pas l'intention de signer la pétition lancée par son collègue Muselier pour s'opposer à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels (voir nos actualités de juin).

Dans un entretien au journal Le Monde publié le 24 octobre, Monsieur Devedjian considère que « le problème n'est pas si simple. Je comprends le discours qui veut qu'un enfant ait besoin de contraires pour se structurer, et donc d'un homme et d'une femme. Et si on ne peut donner cela ? Il faut alors se dire que ces enfants seront plus heureux avec des parents homosexuels qu'en institution ».

Le texte de Renaud Muselier, lancé en mai, appelle à la «mobilisation» et à la «générosité» en faveur des «nombreux enfants en danger». Il a été signé par 165 parlementaires.



Des chansons contre le sida

Les cinq grandes chaînes de télévision françaises diffuseront simultanément le 20 novembre à 20h40 le clip de «Noël ensemble», la chanson-titre du nouvel album réalisé au profit de l'association Ensemble contre le sida par une centaine d'artistes, sous la houlette de Line Renaud, et la baguette de Pascal Obispo.



Le premier prix littéraire homosexuel

A l'initiative de Guillaume Dustan, un jury très éclectique, composé d'éditeurs, de journalistes, d'un libraire, d'un sociologue et de Madame H, présidente d'Homosexualité et Bourgeoisie, s'est réuni pour décerner les premiers George de la littérature homosexuelle française. Ont été récompensés :

  • Claude Ketelaers pour Le cri des PD gouines au printemps - GKC, dans la catégorie romans
  • D. Borillo, M. Iacub et E. Fassin pour Au delà du PaCS - PUF, dans la catégorie essais
  • Fabrice Neaud pour Mémoires tome 3 - Ego comme X, dans la catégorie BD

Un George d'honneur a été décerné à Orion Delain pour sa revue annuelle Triangul'ère.

Guillaume Dustan espère que ces prix susciteront une rentrée littéraire gay dès l'an prochain.

FQRD

[Les titres de l'actualité]

Copyright Gais et Lesbiennes Branchés © 11/2000 reproduction interdite