Subject: Philippe Seguin : j'élude donc je suis. Date: Fri, 06 Oct 2000 16:46:17 +0200 From: Michela Frigiolini Parti communiste français Déclaration Philippe Seguin : j’élude donc je suis Interviewé dans le dernier numéro du journal homosexuel « Illico », Monsieur Philippe Seguin s’illustre dans cette confortable et doucereuse technique qui consiste à éluder les questions en distillant de la « tolérance ». D’ailleurs, il n’a pas besoin de dire grand chose, qu’il fasse sa campagne électorale dans un journal homosexuel est en soi un « geste » qui lui permet de faire l’économie des mots. Gentillesse et charme lorsqu’il s’ouvre aux lecteurs de son rêve pour Paris : une cité harmonieuse de ses différences. Mais il ne nous dit rien de la manière dont il va construire son Paris. Alors qu’en matière de reconnaissance de la différence il réaffirme, dans ce même entretien, son opposition au PaCS tout en nous demandant de ne pas tirer les conséquences de ce choix. Pour ce faire il s’abrite derrière les thèses de Monsieur Devedjian et se fait le mécène de la différence en nous rappelant sa générosité de conduite envers Roselyne Bachelot (qui elle s’était exprimée en faveur du PaCS). Faut-il le rappeler, il n’a pas permis - pas plus que d’autres, forcenés de la « vérité » biblique ou non - d’élever le débat. D’ailleurs il ne s’est jamais démarqué de ces positions. Jamais il n’a fait ne serait-ce qu’un « geste » pour indiquer aux gays et aux lesbiennes qu’en dépit des positions exprimées par une grande majorité de son parti, il était le défenseur d’une cité de rêve, sans crispations, sans différence de statut. Tolérance compassionnelle alors qu’interrogé sur les actes symboliques à prendre à l’égard de la communauté homosexuelle, après avoir déjoué les accusations d’«amalgame », il se lance sur le thème : le sida, cette douloureuse question. Ce qui le frappe ? Paris est la capitale française du sida. Faudrait-il lui rappeler que Paris détient le record européen en la matière depuis de trop nombreuses années. Années de gestion de la ville par son parti. Mépris enfin. Les propos homophobes, notamment ceux de Monsieur Lellouche, ne deviennent dans sa bouche que de bien excusables et finalement involontaires « propos d’après boire ». La sacralisation de la culture «beauf » qui aime la chanson paillarde et qui ne mesure pas les conséquences de ce qu’elle est. Alors ce rêve pour Paris, un propos d’après boire ? Michela Frigiolini Membre du Collège Exécutif