Deux nouvelles propositions de loi pour lutter contre l'homophobie
Proposition des écologistes. A l'issue des vacances
parlementaires de Pâques, le groupe des Verts de l'assemblée
nationale a déposé sa proposition de loi contre
la discrimination. Voici les principales mesures envisagées
par le texte :
- ajout de la notion d'orientation sexuelle parmi les motifs
de discrimination à combattre
- ajout du harcèlement parmi les actes discriminatoires
condamnés par le Code Pénal
- possibilité pour toutes les associations de lutte
contre la discrimination de se constituer partie civile dans
un large champ d'affaires (refus de fourniture de biens et de
services, violences et atteintes volontaires à la vie,
injures, diffamations et incitations aux crimes et délits)
- dans le Code du travail, extension de la notion de discrimination
à tous les motifs déjà combattus par le
Code Pénal, avec l'ajout de l'orientation sexuelle parmi
ces motifs
- aménagement de la charge de la preuve : en cas de
litige, c'est à l'employeur de prouver qu'il ne discrimine
pas
- protection contre la victimisation les plaignants ne doivent
pas subir de sanctions ou de licenciement en raison de leur action
contre leur employeur
- possibilité pour les associations de saisir les syndicats
- pénalisation de tous les propos à caractère
discriminatoire, dont ceux motivés par l'orientation sexuelle
d'une personne ou d'un groupe de personnes, à l'exception
des motifs "opinions politiques" et "activités
syndicales"
Vu la complexité du sujet, a commission nationale gais
et lesbiennes des Vert a mis en place une foire aux questions (FAQ) sur son site.
Proposition socialiste. Le groupe socialiste du Sénat
a déposé lui aussi une proposition de loi visant
la répression des propos discriminatoires (provocation
à la discrimination, à la violence et à
la haine, injures et diffamation). Le texte est à l'initiative
de Dinah Dericke (Nord), et de Robert Badinter (Hauts-de-Seine).
Les sénateurs proposent une modification de la loi
sur la presse, un aménagement du code pénal et
des transformations du code de procédure pénale
afin de réprimer de façon homogène tous
les propos qui sont discriminatoires quel qu'en soit le motif
- race, sexe, moeurs, handicap, etc... Leur texte donne également
la possibilité aux associations qui luttent contre ces
discriminations de se porter partie civile dans les procès.
La verve des élus sur le sujet n'est pas tarie. Le
groupe socialiste à l'Assemblée Nationale peaufine
actuellement son propre projet. Il devrait le déposer
bientôt.
La LGP au ministère de
la Justice
Des membres du cabinet d'Elisabeth Guigou a reçu le
28 avril une délégation du conseil de la Lesbian
and Gay Pride Ile de France menée par René Lalement.
Les responsables associatifs sont venu présenter aux conseillers
de la ministre de la Justice le livre blanc qu'ils ont élaboré
dans le courant de l'hiver. L'ouvrage trace des perspective pour
les prochaines revendications de la Lesbian and Gay Pride. Il
sera présenté dans le courant du mois de mai au
cabinet du Premier ministre.
Les nouveaux chiffres du PaCS
Les services du ministère de la Justice ont publié
de nouvelles statistiques sur le Pacte Civil de Solidarité
qui montrent que l'engouement des français pour cette
nouvelle forme d'union ne s'est pas arrêté.
A la fin du premier trimestre 2000, 13.972 couples s'étaient
engagés, soit 7.761 de plus en trois mois seulement. La
majorité des PaCS ont été signés
à Paris (2.753 pactes, pratiquement 20% du total). Les
régions qui ont signé le plus de PaCS sont celles
de Rennes (1.055 PaCS), d'Aix-en-Provence (942), de Versailles
(898) et de Douai (689). Les régions qui ont signé
le moins de PaCS sont les DOM-TOM (22 aux Antilles, 37 à
la Réunion) et la Corse (23).
Le Collectif PaCS & Caetera s'est félicité
de ces bon chiffres. «Contrairement à ce qu'affirmaient
les opposants au projet, le PaCS n'est pas un phénomène
parisien mais un fait de société national»,
a écrit Jan-Paul Pouliquen dans un communiqué.
Interrogée sur l'antenne de RTL, Roselyne Bachelot
s'est dite «très, très heureuse»
de ce succès. La député RPR du Maine-et-Loire
avait été un des deux seuls représentants
de droite à voter pour le texte. «Je ne regrette
pas le combat que j'ai mené. Certains sont assis sur le
quai d'une gare, ils voient passer les trains, ils ne montent
jamais. Je préfère avoir pris des risques»
a indiqué Madame Bachelot. En outre, elle estime que la
polémique autour de la nouvelle forme d'union va se calmer.
«Le PaCS ne méritait ni cet excès de nerfs,
ni cette indignité».
Le SNEG entame des poursuites contre un député
Scandalisés par les commentaires de Joël Sarlot
sur la campagne de promotion de la France menée en direction
des gays américains (voir nos
précédentes éditions), les responsables
du Syndicat National des Entreprises Gaies ont décidé
de poursuivre le député UDF de Fontenay-le-Comte.
Ils ont adressé une citation directe à celui qui
est par ailleurs président du comité départemental
du tourisme de Vendée. Lors de la première audience,
le 25 avril, le président de la 17ème chambre correctionnelle
de Paris a renvoyé le débat de fond au 26 septembre.
Affaire à suivre.
Démission d'un élu homosexuel
Philippe Meynard, conseiller municipal UDF de Barsac (Gironde),
qui avait fait son come-out l'an dernier, a démissionné
de ses fonctions. Il a abandonné la partie sous la pression
du conseil municipal et d'interlocuteurs anonymes qui l'assaillaient
de coups de téléphone et menaçaient sa famille.
Mais son retrait n'est que temporaire. Le jeune élu
n'a pas dit son dernier mot, et sa première contre-attaque
sera la publication d'un livre dans lequel il raconte comment
la maîtrise de la situation lui a échappé.
Il livrera également son opinion sur les élus de
droite homosexuels honteux, et sur les nombreux courriers qu'il
a reçu. Le livre, intitulé "Le prix de la
différence" paraîtra aux éditions Michel
Lafon le 11 mai.
Parallèlement, Radio France Bordeaux-Gironde (100.1
MHz à Bordeaux) diffusera pendant une semaine sur ses
antennes une série d'entretiens avec Philippe Meynard.
Jean-Benoît
RICHARD
|