L'actualité des régions

Toulouse
Où passera la Gay Pride cette année ?

L'association Gelem, qui organise chaque année la marche de la Lesbian and Gay Pride, se heurte à la municipalité pour mettre au point l'itinéraire de la prochaine manifestation, prévue le 17 juin.

Pour cause de travaux, la place où les marcheurs avaient l'habitude de se rassembler à la fin du défilé, n'est pas disponible. Gelem a sollicité l'usage d'un autre site, le port de la daurade, que Madame Carsalade, l'adjointe au maire chargée des fêtes et manifestations hésite à leur accorder. L'élue nous a confié dans un entretien téléphonique, qu'elle a reçu des plaintes de certains électeurs. Elle estime que le jardin public choisi est fréquenté ce jour-là par des personnes âgées et des jeunes, et, précise-t-elle, «le samedi après-midi il y a des choses qui choquent le grand public». Madame l'adjointe trouve notamment choquant «les chars avec des garçons déguisés en filles ou en drag-queens».

Cette conception peu tolérante a beaucoup heurté Didier Genty, chargé pour Gelem de négocier avec la mairie. Pour autant, il ne désespère pas trouver un terrain d'entente au cours d'une nouvelle réunion de travail. Il est regrettable que, chaque année, l'organisation du cortège toulousain soit l'occasion d'âpres tractations avec le Capitole.


 

Marseille
Craintes pour les manifestations du souvenir

Christian de Leusse, président de l'association Mémoire des sexualités s'inquiète de l'organisation des manifestations qui se dérouleront dans la cité phocéenne à l'occasion de la Journée de la Déportation, le 30 avril.

Depuis de nombreuses années, les associations homosexuelles marseillaises demandent à être mieux associées à la cérémonie. Elles souhaitent plus particulièrement que la police ne cherche plus à contrôler les accès derrière des barrières réservées au public, surtout quand les participants arborent un triangle rose. Elles aimeraient pouvoir déposer une gerbe, comme les enfants des écoles de la ville, et surtout, elles veulent que les fleurs déposées inndividuellement après la cérémonie ne soient pas enlevées par les services du nettoiement, qui ne préservent que les gerbes officielles.

Des contacts écrits ont été établis avec les principales fédérations de déportés, la FNDIR, l'ADIRP et l'URDIF. Dans un courrier du 14 décembre 1999, l'ADIRP rappelle qu'il s'est dégagé depuis de nombreuses années sur un consensus pour le dépôt d'une seule gerbe et qu'elle souhaite d'autant moins disperser les forces que ses rangs s'amenuisent inexorablement. De son côté, la FNDIR estime qu'il ne lui appartient pas de prendre position. «Ces réponses ne sont pas à la hauteur de nos attentes», déplore Christian de Leusse.

Il est encore très difficile de faire reconnaître la réalité de la déportation des homosexuels. Les associations locales ont un important travail d'information à accomplir. Les prémices d'une amélioration se font sentir : au niveau national, certains élus sensibilisés commencent à faire référence aux triangles roses (voir nos informations nationales).


 

Paris
Un local pour les jeunes gais et lesbiennes

Après plusieurs mois de travail, le MAG (Mouvement d'affirmation des jeunes gais et lesbiennes), première association homosexuelle agréée Jeunesse et Éducation populaire, franchit une nouvelle étape : l'acquisition de son local. Après Berlin, Manchester, Bratislava, Cologne, Paris, a désormais un point d'accueil à destination des jeunes gais et lesbiennes.

«Puisqu'ils connaissent des difficultés propres, ce lieu sera à l'image de leurs besoins : socialisation, écoute, loisir, information, prévention, initiative y seront les principes directeurs» prévient Ali Ben Youssef, secrétaire du MAG. «Il sera géré par des jeunes pour des jeunes».

A cette nouvelle adresse, au 106 rue de Montreuil, dans le XIème arrondissement, le MAG proposera pour commencer un accueil les vendredi et samedi après-midi. Une permanence hebdomadaire avec une assistante sociale et une psychologue sera prochainement ouverte pour les jeunes qui en ressentent le besoin.

Le MAG remercie vivement tous les partenaires qui l'ont soutenus à ce jour, en particulier ses deux principaux contributeurs financiers, le Ministère de la Jeunesse et des Sports et l'Union Européenne via le programme Jeunesse pour l'Europe. «Intégralement financé en dehors des crédits Sida, ce lieu témoigne de la reconnaissance du rôle social propre aux associations homosexuelles», se félicite Ali Ben Youssef. «Ce local est une belle victoire pour notre association et pour tous les jeunes qui ont besoin d'elle». Et comme toute victoire se fête, une grande soirée inaugurale se déroulera le premier avril prochain.

MAG 106 rue de Montreuil Paris XIème


 

En bref

Paris. Le bureau de la Lesbian and Gay Pride Ile-de-France a fixé avec la Préfecture de police le parcours de la prochaine marche, qui aura lieu le 24 juin. Les manifestants déambuleront de la place Denfert Rochereau à la place de la Bastille en suivant un parcours très similaire à ceux des dernières années. On regrettera un peu ce trajet qui manque d'originalité, à quand la Gay Pride sur les Champs Elysées ?


Pau. André Labarrère, l'un des rares hommes politiques français a avoir fait son come-out, a décidé de solliciter un cinquième mandat aux élections municipales de 2001. Il occupe le fauteuil de maire de Pau depuis 1977.


Marseille. L'Université d'été euroméditerranéenne des Homosexualités se déroulera cette année du 22 au 29 juillet, sur le campus de Marseille-Luminy. 350 personnes, venant de l'Europe entière sont attendues pur des vacances intelligentes mêlant recherches universitaires, débats, culture, loisirs et fêtes. Renseignements et inscriptions : ueeh@free.fr

 

 

Jean-Benoît RICHARD

FQRD

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