Droit de poursuite
Profitant de la révision de la loi sur la présomption
d'innocence, le député Jean-Pierre Michel a fait
adopter à l'unanimité de l'Assemblée
nationale, le jeudi 10 février, un amendement qui permettra aux
associations de se porter partie civile dans certaines affaires d'homophobie.
L'amendement précise que toute association régulièrement
déclarée depuis au moins cinq ans à la date
des faits, se proposant par ses statuts de combattre les discriminations
fondées sur le sexe, sur les moeurs, peut exercer les
droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne,
d'une part les discriminations (ce qui était déjà acquis
par le code pénal)
et, d'autre part, certains crimes et délits contre les
personnes, commis en raison du sexe, de la situation de famille, des
moeurs de la victime.
Dans son exposé des motifs, Jean-Pierre Michel explique
que « les discriminations fondées sur les moeurs existent
réellement, mais les victimes hésitent à
porter plainte ; il importe donc de permettre aux associations
qui répondent aux conditions générales du
code de procédure pénale de se constituer partie
civile afin que la répression de ces délits puisse
s'exercer ».
Cette proposition vient à point nommé conforter
les tentatives de certaines associations comme Prochoix de créer
une véritable jurisprudence pour que nul ne puisse plus
insulter, blesser, voir assassiner quelqu'un en raison de ses
moeurs sans encourir les foudres de la loi.
Droit de visite
Le juge aux affaires familiales du tribunal de Bressuire (Deux-Sèvres)
a accordé, le 6 janvier, à une lesbienne le droit de
voir les
enfants de son ex-amante, conçus par fécondation
in-vitro du temps où les deux femmes vivaient ensemble.
Dans ses attendus, le juge explique que la plaignante a acquis
« un statut de seconde mère » au motif
qu'elle « s'est largement impliquée dans la vie
quotidienne et l'éducation des deux enfants ».
Cette décision introduit une nouvelle notion nouvelle
et intéressante dans le droit : à côté
du lien génétique, le juge reconnaît un autre
type de lien générateur de droits : le lien affectif.
Droit d'adoption
Le tribunal administratif de Besançon (Doubs) a annulé, le 24
février, deux décisions du président du conseil
général du Jura de refus de l'agrément d'adoption
demandé par une femme de 39 ans, refus motivé par «
l'absence de référence paternelle» et «la
place qu'occupe son amie», même si Mlle B. entretient une
«relation homosexuelle stable».
Le tribunal a considéré que «Mlle B
présente toutes les qualités humaines et éducatives
souhaitées» et sel on le décret du 23 août 1985, le
refus d'agrément ne peut être motivé par la seu le
constatation de l'.AŽâge ou de la situation matrimoniale du
demandeur». Il a enjoint au président du conseil
général d'accorder l'agrément dans un délai
de 15 jours et de verser 4.000FF de dommages et intérêt Žà
la plaignante.
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