L'actualité en France

Le grand succès du Pacte Civil de Solidarité

Les greffiers des tribunaux français n'ont pas chômé au cours du mois de décembre. Dès la parution du texte de loi instituant le PaCS au Journal Officiel (nos infos du 15/11), de nombreux couples ont franchi le pas pour bénéficier d'une année supplémentaire d'avantages fiscaux.

Lors de la présentation de ses voeux à la presse la ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, a livré une première estimation : au 31 décembre, 1.500 contrats avaient été signés, dont 668 à Paris.

Le premier couple à s'unir vient du Nord de la France. Deux jours après la publication, le tribunal d'instance de Lille a délivré le premier acte à Francis et Dominique. Ils forment déjà un "vieux" couple avec dix-neuf années de vie commune. En novembre 1995, ils avaient déjà été parmi les premiers à obtenir un certificat de vie commune de la mairie de Lille. Ils ont fait l'objet de nombreux reportages télévisés et ils ont été interviewés longuement par Mireille Dumas au cours de sa première émission de l'an 2000.

Le Collectif pour le CAS/Pacs suit de très près la signature des premiers contrats. Jan-Paul Pouliquen, son président, prend beaucoup de plaisir à diffuser les plus jolies histoires qui lui parviennent, ou les plus originales. Celle de Patrick et Franck a retenu notre attention. Après plus de douze ans de vie commune, ils se sont liés officiellement par un Pacs enregistré à Osaka. Dans un courrier électronique, ils racontent : « le Consul de France au Japon a désiré signer lui-même notre pacte dès son retour de vacances le 30 [décembre], et ce sera son premier... On y perd une semaine d'attente de son retour, mais ça aura une autre gueule qu'une signature de greffier... sans vouloir dénigrer aucun métier !»

Comme tous les grands événements de la vie, la signature d'un Pacte fait l'objet d'un faire-part dans les journaux. La première parution a eu lieu dans les colonnes du journal "Le Monde". De nombreux couples ont ensuite imité cette initiative, et les annonces fleurissent en ce moment dans la presse nationale. Chacun rivalise d'originalité pour annoncer au monde son union. Nous avons beaucoup aimé celle du couple Martinet-Bruel : ils n'ont pas oublié de remercier au passage les auteurs de la loi, le gouvernement et le président de l'Assemblée Nationale !

 

 

Proposition de loi contre l'homophobie

François Léotard, député du Var, a déposé une proposition de loi de loi pour modifier la loi de juillet 1881 sur la presse, afin de punir tous ceux qui par leurs discours, cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics ; par leurs écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l'écrit, de la parole ou de l'image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics ; par leurs placards ou affiches exposés au regard du public ; et plus généralement par tout moyen de communication audio-visuelle... auraient provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard de personnes à raison de leurs pratiques sexuelles non réprimées par la loi.

Le député constate qu'aujourd'hui, « l'homophobie est présente en France, et de nombreux propos tenus dans le débat au sein de la société française à l'occasion de la discussion sur la proposition de loi sur le pacte civil de solidarité ont été perçus légitimement comme des violences inacceptables par les personnes concernées, et notamment par les personnes homosexuelles».

De nombreuses associations ont manifesté leur intérêt pour ce texte, parmi lesquelles on peut citer le Centre Gai et Lesbien de Paris, la Lesbian & Gay Pride Marseille, Aides Ile de France ou SOS Homophobie. Il sera examiné prochainement par la commission des lois de l'Assemblée Nationale.

 

5.000 personnes pour sauver le CGL de Paris

Le Centre Gai et Lesbien de la capitale souffre d'un déficit chronique de 500.000 Fr et doit prochainement faire face à des échéances qui, si elles ne sont pas honorées, seront fatales à l'institution.

Pour éviter la dissolution de l'association, et donc la disparition de ses activités, l'équipe dirigeante s'est lancée dans une campagne très active de recherche de fonds tous azimuts. Dans le courant du mois d'octobre, elle lançait l'Octobre Rose, suite de manifestations en partenariat avec les commerçants du Marais. Plus récemment, elle a lancé un mailing ciblé, pour recruter 5.000 personnes qui verseraient chacune 100 Fr afin de combler le passif.

Parallèlement, un programme de redressement a été entrepris. Il implique une restructuration salariale, le renouvellement de l'équipe de permanents, la réforme du fonctionnement interne, la négociation d'un moratoire avec l'URSAFF, et plein d'autres économies. « En six mois, nous avons déjà économisé 500.000 F sur le budget à venir et obtenu 200.000 F de rentrées supplémentaires » écrivent les responsables dans l'éditorial de leur site internet « reste notre passif qu'il nous faut impérativement épurer sous peine de disparaître avant d'avoir profité des fruits de toutes ces réformes ».

Une assemblée générale se réunira le 30 janvier pour déterminer si le CGL peut continuer à vivre ou bien s'il doit se résigner à fermer ses portes.

FQRD

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